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Les Maîtres de la Fantasy #4 : Ray Harryhausen

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ChroniquesLe 07 Jan
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En mai dernier, c'était l'un des plus grands contributeurs de l'ombre d'Hollywood qui disparaissait, laissant derrière lui un héritage fait de maquettes, de bouts de ficelles et surtout d'une ingéniosité qui a créé une brèche éternelle pour tous ceux qui ont voulu faire mettre sur grand écran des images que l'on aurait jusque là cru être cantonnées aux tréfonds inatteignables de l'imagination. Un homme, Ray Harryhausen, qui recherchait avant tout à relever les défis du 7ème Art et qui aura peuplé nos mémoires de monstres de papiers mâchés.

Les débuts de Ray Harryhausen sont marqués par un homme tout autant qu'un film, le premier ayant rendu possible le second. En effet, lorsque le jeune Ray découvre au cinéma King Kong, dont les trucages sont l'œuvre du maître de l'animation de l'époque, Willis O'Brien, sa vocation est née et son destin quasiment scellé avec celui de ces créatures gigantesques et absurdes. Dès lors, il va se passionner pour la reconstitution de dinosaures en pâte à modeler. Il aura la chance de pouvoir montrer ses modèles à O'Brien qui va le conforter dans cette voie, descellant déjà le talent du jeune homme.

Ce dernier va dès lors se lancer dans des études de cinéma et de sculpture. Il y rencontrera ni plus ni moins que Ray Bradbury, qui n'a alors écrit ni Les Chroniques Martiennes ni Fahrenheit 451, et se liera d'amitié avec lui (qu'il aurait été grisant d'assister à la rencontre de ces deux géants en devenir). Après cela, alors qu'il commence tout juste à devenir assistant dans le milieu de la télé, la Seconde Guerre Mondiale survient et il est incorporé pour les quelques années à venir. À son retour du service, le milieu du cinéma a changé et il doit repartir à zéro. Il réalise alors des épisodes de Mother Goose Stories, une série qui s'inspire des fameux Contes de la Mère l'Oye de Charles Perrault. Il est d'ailleurs aidé par ses parents, dont il aura toujours eu le soutien puisque eux aussi étaient dans les milieux artistiques d'Hollywood.


Cela va lui remettre le pied à l'étrier et Willis O'Brien, celui qui lui avait inspiré sa vocation va se rappeler de ce jeune prometteur et lui proposer d'être un de ses assistants sur Monsieur Joe, son premier film. Comme la réalité a parfois de plus grosses ficelles scénaristiques que la fiction, ce film traite d'un gorille géant, forcément. Le destin paye toujours son dû et Harryhausen ramasse la mise en étalant tout le talent dont il fait preuve. D'ailleurs, il surpasse aussitôt son maître par son innovation, car des années de bricolage de son côté lui ont permis de développer de nouvelles techniques. D'ailleurs, ce film marque aussi le déclin d'O'Brien, comme un passage de flambeau.

En 1953, il va signer son premier film en tant que responsable de l'intégration d'animation image par image, un film qui par la suite va devenir culte : Monstre des Temps Perdus d'Eugène Lourié (un Français). Ce film américain est inspiré par une nouvelle de Ray Bradbury, comme le monde est petit, et préfigure le genre des reptiles géants réveillés par une bombe atomique, bien avant Godzilla. C'est finalement le premier Kaiju, et il n'est nullement Japonais, et doit tout au génie de Ray Harryhausen qui va créer une créature saisissante de réalisme. Ce film va lui permettre de rencontrer Charles H. Schneer, qui sera son collaborateur sur un quart de siècle et avec qui il signera ses plus grands succès.

Schneer est un producteur qui a dans l'idée d'amener un nouveau genre de film fantastique qui utilisera la propension au gigantisme de Harryhausen. Leur première collaboration sera Le Monstre Vient de la Mer, qui veut capitaliser sur le succès du film d'Eugène Lourié, et reprend le même principe du film de monstre qui attaque une ville côtière. Leur second film voit Harryhausen s'essayer à un nouveau genre. En effet, dans Les Soucoupes Volantes Attaquent, il s'essaye au film d'invasion extra-terrestre qui est en vogue dans ces années 50. Il montre que son talent ne se limite pas à animer des monstres géants, puisqu'il va y créer des effets visuels pour rendre criant de réalisme des lasers et autres champs de force. Star Wars lui paiera un tribut éternel, devant beaucoup aux trouvailles qu'il va mettre en scène dans ce film de Fred Sears.


Il quitte alors Hollywood pour Londres et entame ce qui sera ses plus grands succès avec le premier volet de sa Trilogie Sinbad. Dans Le Septième Voyage de Sinbad. En effet, il y montre toute sa technique de dynamation qui consiste à mélanger prises de vue réelles avec des miniatures pour donner un effet de gigantisme, aidé par un système de filtres qui donne l'impression que les acteurs sont en train de lutter contre des Cyclopes ou des squelettes terrifiants, criants de vérité, alors qu'il ne s'agit que de maquette minutieusement réalisées. Encore une fois, Star Wars lui doit tout. Notons aussi que cette trilogie sera l'occasion d'entendre de superbes compositions de Bernard Hermann, le compositeur fétiche d'Alfred Hitchcock.

Ils vont continuer ainsi sur de nombreux films dont un Jason et les Argonautes de haute volée, mais la fin des années 60 et l'arrivée de nouveaux effets visuels va être fatale à la collaboration Harryhausen/Schneer qui n'arrivera plus à retrouver le succès de leurs débuts. En 1981 cependant, il va en forme d'épitaphe laissé un dernier film culte : Le Choc des Titans. Déjà daté alors que les effets numériques commencent à faire leur apparition, il va s'imposer par sa grandiloquence, la folie présente dans chaque plan, la démesure affichée. Il va en quelque sorte lâcher tout ce qu'il a pour sa dernière grosse production. Ce qui rend encore plus amère devant son remake qui n'a visiblement rien compris à son illustre ancêtre et au message qu'il laissait. Car dans les effets spéciaux, seule l'innovation reste. Pourtant, l'héritage laissé par Harryhausen suinte de toutes les productions où un monstre gigantesque pointe le bout de ses écailles. D'ailleurs, ce domaine est souvent affaire de transmission, tout comme il a appris de Willis O'Brien pour le supplanter, il sera le maître à penser de Phil Tippett qui lui livrera un hommage vibrant au travers de Jurassic Park, film dont le maître ès animation était d'ailleurs consultant honorifique. L'héritage à dimension de sauriens géants, pas mal.


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