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RoboCop, la critique

9
ReviewLe 04 Fev
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7 /10
On a aimé
• Un casting solide
• La réalisation soignée
• Le second degré et la maturité affirmées
On a moins aimé
• Le design de l'armure
• Le classicisme de l'histoire
• Bat"Robocop"Man

Rarement un film n’aura autant attiré l’appréhension de ses spectateurs. Des spectateurs soucieux de voir un des héros de leur jeunesse être à son tour bafoué par une société de production qui cherche à engranger des recettes pour mettre en route un nouveau remake, plus ancien encore que le précédent. Par dessus tout, le film de Verhoeven sorti en 1987 est considéré comme un intouchable du cinéma et de ses amants à lunettes. De par son aspect satyrique de la société dépravée et matérialiste, RoboCop a un statut (et une statue) à part. Quand bien même, 2014 signe le retour du policier en fer blanc, son gros fusil et son sens aigu de la justice. On s’assoie, on respire et on ravale sa haine, chose appréhendée à moitié passée, et vous vous allez voir : ça va bien se passer.


Téhéran, 2028. L’armée américaine fait étalage de sa toute puissance devant la caméra de la journaliste envoyée par Pat Novak (Samuel L. Jackson), mania égocentrique des médias. Pour ramener une paix que personne sur place ne remettait en cause, les États Unis d’Amérique se dotent des dernières innovations dans la robotique armée de la société OmniCorp dirigée par Raymond Sellars (Julien Lepers Michael Keaton). Mais la machine, si efficace et froide soit-elle, ne reste qu’une machine dénuée de sentiment ou de jugement, c’est ce qui fait grincer les dents du sénat qui ne soutiendra pas les actions d’automates sans conscience.

Dans le même temps, à Detroit, le policier Alex Murphy (Joel Kinnaman) fait preuve de sa conviction en la justice en menant à l’encontre de sa hiérarchie, une opération coup de poing contre la figure du grand banditisme de la ville, Antoine Vallon (Patrick Garrow). Son partenaire Jack (Michael K. Williams) est touché et Murphy se retrouve désavoué par son camp, en proie aux soucis familiaux classiques d’un père américain moyen et chassé par ceux qu’il a voulu mettre à terre. Dans un état critique suite à un attentat le visant directement, son salut repose sur le projet d’OmniCorp d’insérer un humain dans la machine. Le Docteur Dennett Norton (Gary Oldman), après l’autorisation de Clara (Abbie Cornish), l’épouse éplorée, crée à partir du corps décharné de Murphy, un policier robot, à la conscience humaine et au corps et capacités artificielles. Exhibé à la foule comme le nouveau héros protecteur, manipulé par ses créateurs, RoboCop prouvera qu’il n’est pas qu’une machine.



L’appréhension, ou pour ma part l’indifférence, qui noue le ventre du spectateur s’envole alors dès les premières minutes du film. L’ambiance est instantanément posée par le phrasé blackspoitation de Samuel L. Jackson, la réalisation de José Padilha a une vraie signature et un style fluide, le background futuriste est cohérent; bref, les premières minutes commencent bien. Le brésilien qui s’est fait connaitre pour son travail admirable sur Troupe d’Élite, garde la tête froide devant la tâche qui l’attendait et livre une mise en scène correcte, ni hommage mais encore moins clichée. Certes la caractérisation et les relations internes sont classiques, le partenaire black, le père trop au travail, le fils dépressif, le mania de la finance, le docteur gentil mais qui veut garder son travail... Mais le film se permet d’être plus fin que tout ça. Preuve en est, les opposants de Téhéran qui en quelques plans véhiculent un message compréhensible et sensé de par leur situation, sans jamais lâché un "Allah Akbar !" qui aurait foutu en l’air leur impact et leur crédibilité, fort. Outre sa maturité, c’est par son second degré que le RoboCop nouveau démontre qu’il n’est pas qu’un produit marketing. Ce n’est pas rare que les situations et dialogues laisseront rire une salle qui se détend au premier coup de pétard.  

 

Que lui reprocher alors ? Rien, si l’on prend l’angle du respect de l’œuvre originelle qui soit dit en passant et sans mauvais jeu de mot, est rouillée extérieurement mais pas une seule seconde sur son message. Presque tout ce qui faisait le sel du film de Verhoeven est à nouveau présent, la satyre de la société matérialiste, la supériorité exacerbée des Etats-Unis, tout y est et peut être même plus encore. José Padilha s'affranchit nettement de Verhoeven, voyant son film comme un grand frère mais pas forcément comme un modèle à suivre à la lettre. Le casting est comme on dit dans le BTP, béton, Gary Oldman en docteur miracle fait clairement pensé au Docteur Temna d’Osamu Tezuka dans Astro Boy, père protecteur de sa création. Joel Kinnaman remplit son rôle, de même pour Keaton, Connish, Earle Haley en fou de la gâchette, tout fonctionne bien. On mentionnera même les effets sonores ultra convaincants et proches de ce que l’on connait sur la trilogie Bourne par exemple; puis en fouillant IMDB l’on s’aperçoit que Karen Baker Landers (Blade Runner, Skyfall) s’en est chargé et l'on comprend pourquoi.
Non vraiment, il est difficile de lui reprocher grand chose.

Sauf qu’en fait si, et ça fait mal. Le design de l’armure. Et alors là c’est aussi appréciable et agréable à l’œil que les cheveux gras de Zaz. Ça tombe mal sur les épaules, n’a aucun sens et apparaît mal taillé, sent le patchouli et gâche le reste du spectacle. Pourtant le design des machines, des ordinateurs, des téléphones, des sonnettes d’entrées et des boucles de ceintures sont tous bien trouvés et ont une vraie identité, bah pas l’armure. Cette armure c’est un peu comme si Hideo Kojima se foirait dans son design de Metal Gear, c’est faussement aérodynamique et moderne et n’a aucun charisme. C’est loupé sur toute la ligne et plombe le swagg inhérent à un RoboCop qui ne méritait pas ça.
Tant qu’on est sur les mauvais points, l’abus des effets circulaires de la caméra entre deux protagonistes pour accentuer leurs sentiments troublés et un RoboCop qui se prend parfois un peu trop pour Batman sur sa moto et filmé par Nolan. Mais c’est vraiment chipoté et j’en rajoute pour le plaisir de la ligne.

 

Au final peu de chose sont à reprocher à RoboCop. Surtout pas sa réalisation ou son casting ultra solide, encore moins sa maturité affichée et son second degré savamment dosé. Si le spectateur s’arrête net devant la salle de cinéma et l’affiche du film, il loupera ce qui s’avère être une agréable surprise. Pas prétentieux pour un sou et très certainement conscient de ne pas avoir réinventé la roue, RoboCop n’avait peut être pas besoin de revenir mais l’on ne va pas bouder le plaisir de le retrouver dans un coffret cadeau si bien emballé. Comme quoi.  


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