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La Planète des Singes : L'Affrontement, la critique

15
ReviewLe 17 Jui
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8 /10
On a aimé
• Un blockbuster intelligent
• De très beaux plans
• Une séquence de fin magnifique
On a moins aimé
• Prend trop le spectateur par la main
• Jason Clarke pas au niveau

La Fox fondant visiblement de gros espoirs sur La Planète des Singes : L'Affrontement, ils ont mis de gros moyens dans leur projo' presse. Avec un hangar redécoré en haut lieu post-apocalyptique (tout y est, même la voiture en feu), ils tiennent visiblement à faire forte impression. Pas de soucis, le film va s'en charger tout seul, et est déjà bien lancé pour s'annoncer comme un des gros hits de l'été.

Le précédent opus de cette préquelle avait suffisamment bien marché pour que la production donne son feu vert à une trilogie. Pourtant, ils ont fait table rase du passé et c'est Matt Reeves qui a pris la casquette de réalisateur pour ce nouveau volet pendant que James Franco disparaissait du casting. Si bien que c'est presque un tout nouveau film que l'on a devant les yeux. Un film qui a par ailleurs beaucoup de choses à dire et qui ne va donc pas traîner en chemin en nous expliquant tout ce qui s'est passé dans le gap temporel qui sépare les deux films dès le générique. D'autant plus lorsque de formidables courts-métrage s'en chargent à merveille. Après, il ne nous reste qu'à rentrer dans le vif du sujet avec une introduction des principaux protagonistes : les singes !

Ici, ce sont vraiment eux qui sont au cœur du film, les humains servant presque de faire-valoir. Surtout que la performance de Jason Clarke va vite être insuffisante. Paradoxalement, il est totalement effacé par le charisme d'un César, campé en motion-capture par LE spécialiste du genre, Andy Serkis. D'ailleurs, on peut comprendre maintenant pourquoi la critique américaine s'est mise à réclamer qu'on lui remette un Oscar. C'est sans doute exagéré, mais le résultat reste bluffant de vie et de précision dans la retranscription des émotions, tellement que sans que le récit nous y amène, nous prenons fait et cause pour nos cousins primates.

 

Bien évidemment, ce film se construit autour de l'antagonisme entre des humains en pleine phase de déclin, luttant pour leur survie, et des singes qui commencent à s'initier aux arcanes de la diplomatie et de la politique. Là où la bande-annonce nous avait un peu effrayé par un côté bas du front qui était pourtant absent du premier opus, on se rend très vite compte qu'une fois encore celle-ci nous avait trompé. À aucun moment le film ne va tomber dans la facilité, évitant farouchement tout manichéisme, il se construit en nuances, chaque personnage ayant été travaillé pour lui offrir une motivation qui explique les enjeux de chacun.

Cette énième déclinaison du roman de Pierre Boulle se veut intelligente, pas question ici de monter un affrontement de toute pièce, prétexte à des combats sans fin. Il brasse de nombreux grands thèmes, de la politique à la peur de l'autre en passant par l'idée de transmission parmi d'autres, on nous propose enfin de réfléchir dans une salle obscure. Ils vont juste appuyer un peu trop dessus d'ailleurs, le récit étant très didactique, expliquant tous ses tenants et aboutissants, il prend son spectateur par la main pour exposer point par point les arguments de sa thèse, si bien que l'on a l'impression parfois d'être devant une dissert' de philo gentillette. Surtout pour nous délivrer une morale qui ne révolutionnera pas la pensée humaine, mais qui a le mérite d'être énoncée : il y a des salauds partout, et la peur est un sentiment plus fédérateur que l'envie d'aller vers l'autre.

Si ce long-métrage surprend par une profondeur qui se fait rare dans ce type de production, il n'en reste pas moins un blockbuster en bonne et due forme. Et là, c'est la partie de Matt Reeves. Le réalisateur de Cloverfield ne se laisse pas démonter par l'ampleur du projet et livre un film magnifique où l'image est léchée, avec des plans vraiment magnifiques. On sent que le réal' a une science de l'image, avec un soin tout particulier apporté à la construction de celles-ci, ne tombant pas dans la facilité de placer l'action au centre de tout, il propose plusieurs plans déconstruits mais pourtant clairs. On sent un traitement de l'image intelligent, qui va toujours dans le sens du scénario, matière première de ce second opus.

Pour ce qui est des scènes d'actions pures et dures, qui sont nombreuses tout au long d'une histoire qui se fera violente et cruelle parfois, on ressent toute la maîtrise de Reeves et de son équipe. Particulièrement dans une scène finale d'anthologie qui montre bien comment toute la fluidité que l'on avait remarqué tout au long du film peut magnifier un final dantesque. Pourtant, ce genre de séquences a souvent l'air d'être posée là comme un cheveu sur la soupe, un prétexte à money-shot pour que les producteurs se gargarisent. Ici ce n'est absolument pas le cas, étant le final d'une montée tragique qui en arrive à son point de rupture. D'ailleurs, un soin tout particulier a été apporté à la cohérence du film, avec une attention pour les petits détails qui force le respect.

La Planète des Singes : L'Affrontement est la réponse à ceux qui affirme que l'on ne peut avoir un film à grand spectacle qui soit en même temps pourvu d'une réflexion intéressante. Alors certes, cette dernière prend le temps de s'exposer point par point, mais ne prend pas le spectateur pour un idiot. Ce qui fait du bien. Surtout quand on nous délivre en plus des images et des scènes qui forcent le respect dans un rythme soutenu et cohérent. Une vraie réussite qui nous fait désespérément attendre le dernier volet de cette trilogie.


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