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Édito #32 : Games Workshop, l'effort de guerre

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evenementsLe 09 Fev
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Total War : Warhammer. Puis Warhammer 40.000 : Regicide. Et maintenant Warhammer : End Times - Vermintide. Des titres à rallonge, certes, mais des titres quand même. Voilà quelques semaines que les univers du fabricant de jeux de plateaux Games Workshop s'offrent une vraie présence médiatique, à grands coups d'annonces et de teasers, pendant que les figurines de l'entreprise anglaise se réfugient dans leurs lore avec les sorties The End Times pour Warhmmer ou les Arlequins Eldar pour 40.000. Faut-il y voir une renaissance des univers crées par Games Workshop ? Rien n'est moins sûr : le retour de Warhammer et son petit frère fait de SF gothique sur le devant de la scène s'accompagne de questions peu rassurantes.

La fin des temps

Ces deux ou trois dernières années, les mondes bâtis par Games Workshop, petite société anglaise devenue leader du jeu de figurines, ont connu plus d'évolutions que jamais dans leur vie économique et médiatique. C'est du moins l'impression qui se dégage des boutiques de celui qu'on surnomme facilement le Gros Woleur, quand on a plus de dix ans de bouteille dans ce milieu. On le sait, l'entreprise avait fait le choix de l'accessibilité en simplifiant ses jeux et ses produits au milieu des années 2000, pour le regretter des années plus tard. Voilà bientôt trois ans que l'entreprise essaie, tant bien que mal, de revenir sur les bases qui ont fait sa force. Ou du moins, de concilier ouverture à un plus large public et petit bonus pour les fans hardcore. Un bel exemple de cette lutte acharnée de l'entreprise : l'avant-dernière version du magazine White Dwarf, qui dépassait les 7 euros, mais qui proposait plus de pages, de photos et de contenu. Un modèle qui n'a pas eu le temps de faire ses preuves, puisqu'il a été remplacé par une double publication à l'image de de la santé mentale de l'entreprise, schizophrène. Dorénavant, il faut partager son attention (et son porte-monnaie) entre le White Dwarf, devenu un feuillet de pub sur les nouveautés, et Warhammer Visions, un magazine d'une qualité douteuse : si le papier et le contenu sont exemplaires, le texte est imprimé en multilingue, rendant la lecture particulièrement déplaisante.

 

Outre ses déboires en terme de presse, Games Workshop s'est lancé dans une publication intensive pour Warhammer et Warhammer 40.000. Ce dernier est maintenant assailli de suppléments en tous genres, pas toujours riches en contenu et parfois vendus plus de 40 euros en version numérique. Du côté du Vieux Monde, c'est la piste du crossover qui a été retenue, avec des sorties scénarisées qui sont a priori un succès : avec The End Times, Games Workshop a enfin réussi à événementialiser un jeu qui semblait bien loin derrière son petit frère en terme de cote. Warhammer 40.000 s'assure toutefois une popularité toujours solide, surtout lorsque l'éditeur de figurines décide de faire plaisir aux fans en lançant une nouvelle gamme consacrée aux Arlequins Eldars, sorte de danseurs guerriers de l'univers 40k. Mais ces succès se sont faits au prix d'une réorganisation drastique des sorties, qui sont maintenant annoncées d'une semaines à l'autre, pour inciter le client à revenir chaque samedi dans sa boutique favorite. Autrement dit, suivre les sorties Games Workshop n'a jamais été aussi complexe, tant le rythme est soutenu et les changement nombreux.

Le retour des adaptations

Derrière ses mutations, qui en cachent bien d'autres, comme la disparition des illustrations dans les livres d'armée, on découvre une attention médiatique plus importante autour des univers de Games Workshop. Depuis le début des années 2000, l'effort de guerre de la compagnie anglaise est en effet soutenu par des adaptations vidéo-ludiques à succès, comme le désormais célèbre Dawn of War. Seulement, là où les licences étaient détenues par THQ, qui les utilisait avec parcimonie, elles sont maintenant détenues par Sega, quand elles ne sont pas simplement offertes à des studios inconnus comme Behaviour Interactive, en charge d'un MMOTPS intitulé Eternal Crusade.

 

D'un côté, on a perdu des titres triple A pour des univers qui les méritent amplement. Mais de l'autre, on découvre une galaxie de petits studios prêts à faire leurs marques sur des mondes qui les passionnent. On ne saurait dire si on a perdu ou gagné au change, mais une chose est sûre, nous allons au devant d'une nouvelle génération de produits vidéo-ludiques inspirés du Vieux Monde et de celui où "Il n'y a que la guerre" qui devront faire leurs preuves immédiatement, au risque de mourir oubliés dans l'indifférence générale. Mais avec un peu de chance, on trouvera chez ces studios l'envie et l'originalité qui manquaient à certains titres, prévus pour être des grosses machines (Space Marine, c'est toi que je regarde) mais qui n'en avaient pas la carrure. A défaut, l'humilité de ces nouveaux jeux, combinés à la passion qui émane de ces studios (il suffit de lire les newsletters de Behaviour pour s'en convaincre) pourraient donc bien mener des titres comme Vermintide ou Regicide au succès.

Le Warp s'agite 

L'agitation sur la scène fait écho à une agitation dans les coulisses. Vous l'aurez sans doute compris en lisant mes mots, Games Workshop est dans une ère de changements, qui pour le moment, manque de consistance et d'un vrai plan de bataille. Un comble pour la compagnie qui vend le jeu de figurines le plus populaire du monde. L'entreprise est en perte de vitesse depuis quelques mois déjà, et la nomination d'un nouveau PDG et d'un nouveau conseil de direction annonce de profonds changements pour Games Workshop, qui résiste, tant bien que mal, en inondant ses consommateurs de suppléments, de kits et de nouveautés. Ces dernières ne sont d'ailleurs pas toujours bien accueillies en magasin, où les vendeurs n'ont de toute façon plus la place de stocker les sorties hebdomadaires...

 

Il se murmure, depuis quelques temps déjà, que la marque elle-même pourrait être touchée par cette vague de changements à en faire pâlir le dieu Tzeentch. Le nom "Games Workshop", qu'on retrouve sur la devanture de tous les magasins de l'entreprise depuis plus de trente ans, disparaîtrait progressivement au profit d'un simple "Warhammer" bien plus puissant en termes de notoriété et d'impact. Plusieurs magasins affichent déjà cette nouvelle identité, et un article académique lui est même consacré. A croire que l'entreprise se décide enfin à faire le ménage dans ses différentes marques (que sont par exemple Citadel ou Forge World) pour plus de visibilité.

Ces changements auraient sans doute fait fuir n'importe quel consommateur de produits culturels classiques. Mais pas ceux de Games Workshop. Pas ceux d'une entreprise qui a su concilier l'addictive pratique des travaux manuels et la richesse des univers de fiction pour un résultat unique au monde, plus de trente ans après la naissance de Warhammer. Mais pour suivre l'entreprise anglaise dans son effrénée course contre la montre, il faudra toutefois fournir un effort tout ce qui a de plus guerrier, en espérant que le Vieux Monde et la S-F Gothique de Warhammer 40.000 continuent d'inspirer des milliers de modélistes qui cultivent, en montant des armées, en peignant des figurines ou jouant derrière leur écran, une pratique hélas en voie de disparition.


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