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Chappie, la critique

11
ReviewLe 05 Mar
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6 /10
On a aimé
•Intelligent, drôle et touchant
•Des effets spéciaux au top
•Sharlto Copley en robot
On a moins aimé
•La coupe mulet d'Hugh Jackman
•Des facilités d'écriture
•Un montage nerveux
•La fin, problématique

Il y a quelques mois de cela, Neill Blomkamp écoutait tranquillement Die Antwoord (ses compatriotes sud-africains) en travaillant sur les concepts entourant les robots d'Elysium. Il va alors imaginer une histoire complètement folle dans laquelle un droïde policier, doté de la faculté de la penser, est éduqué par un groupe de bandits dans les quartiers abandonnés de Johannesburg. Une histoire, inspirée d'un court-métrage du réalisateur, que nous découvrons enfin en salles, près de six ans après le chef-d'œuvre District 9 et trois années après le décevant Elysium. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce Chappie combine toutes les qualités de son aîné et les défauts de son cadet.

Dès les premières images, le réalisateur entend rassurer son public en empruntant à District 9 son ouverture façon faux documentaire, qui sera sans doute reconnue comme la signature de Blomkamp dans quelques années. Passée cette introduction très rapide qui nous permet d'en apprendre plus sur Tetravaal, entreprise (baptisée du nom du court-métrage qui inspire Chappie) responsable de la création des Scouts, des droïdes policiers pacifiant les rues de Jo'Burg, on découvre un trio de camps sur lequel se basera l'intrigue. Dans la droite lignée du premier Robocop, Blomkamp et sa scénariste Terri Tatchell, nous dévoilent ainsi les coulisses de Tetravaal, une compagnie cotée en bourse où s'affrontent les projets concurrents de Deon Wilson (Dev Patel), créateurs de Scouts et Vincent Moore (Hugh Jackman), qui tente d'imposer son drone de combat, l'Orignal.

 

Partant de cette rivalité pour établir l'intrigue, Blomkamp va faire avancer son film à vive allure, optant pour des personnages archétypaux (ou simplement satiriques) et un montage complètement nerveux afin de gagner du temps. La première bonne demi-heure de Chappie peut donc surprendre, faisant l'effet d'un sous District 9 ultra-condensé mais déjà plein de bonnes idées, comme celle de d'introduire les membres du groupe Die Antwoord, troisième camp présent dans le film, dans le rôle des futurs parents adoptifs de Chappie. On reconnaîtra d'ailleurs un certain talent à Yo-Landi et Ninja, plutôt convaincants dans leurs propres rôles, qui ajoutent à la confusion entre fiction et réalité - l'intrigue se déroulant en 2016.

 

Qu'à cela ne tienne, la "naissance" de Chappie va ralentir le temps et offrir au film un tronc particulièrement solide. La frénésie de l'introduction et la rapidité de son exposition laissent alors la place à des dialogues passionnants et des scènes d'une rare poésie. Comme District 9, Chappie va en effet proposer toute une palette de scènes touchantes, portée par leur protagoniste. En effet, cet attachant droïde va grandir devant nos yeux tout simplement ébahis par le jeu de Sharlto Copley, combiné aux technologies de pointe en terme de motion-capture. Star incontestée du troisième métrage de son ami, Copley donne littéralement vie à Chappie grâce à sa voix unique et ses mimiques. Le résultat est proprement époustouflant, et transcendé par l'animation du robot, suffisamment doté en éléments amovibles pour qu'on puisse comprendre ses émotions, et donc s'identifier à lui.

 

Car le robot pensant est une indéniable métaphore sur la vie humaine, ses différentes étapes (l'enfance et sa naïveté, l'adolescence et ses conflits, l'âge adulte et ses choix) ses joies et ses drames. Mais Blomkamp ne s'arrêtant jamais à un seul niveau d'analyse, on vivra également les aventures de Chappie comme autant de petits essais sur la paternité, la religion ou encore le libre-arbitre. Le tout étant peint sur un fond de critique sociale (après tout, on parle d'un robot éduqué par des gangsters), on obtient un tableau très dense en termes de contenu et de métaphores en tous genre. Non pas que Chappie soit indigeste, au contraire, il est aussi pertinent que District 9 sur le plan de l'interprétation, et propose d'ailleurs plus de pistes que son aîné en évitant la métaphore directe avec l'Apartheid, qui sévissait il y a encore quelques années de cela dans les rues de Johannesburg.

 

Malheureusement, cette excellence dans l'émotion et la réflexion, Chappie ne parviendra pas à la garder jusqu'au générique de fin. Sans tomber la tête la première dans un final bancal comme celui d'Elysium, Neill Blomkamp termine son film par un quatrième acte qui était parfaitement dispensable. Pire, il vient piétiner tout le message progressivement bâti par le métrage : dans sa passion pour l'être humain augmenté (transformé en alien dans District 9, doté d'un exo-squelette dans Elysium) Neill Blomkamp assume deux fois trop les idées qui lui trottaient dans la tête. A moins qu'il ne s'agisse d'une nouvelle ingérence des producteurs dans le résultat final, qui est par ailleurs assez méchamment morcelé par son final cut

Conjugaison imparfaite de ce que District 9 a fait de mieux et ce de ce qu'Elysium peut faire de pire, Chappie est un métrage qui frôle doucement le génie, mais qui se prive d'une gloire éternelle dans ses toutes dernières minutes. A croire que Neill Blomkamp s'est encore une fois perdu dans ses concepts, si riches qu'ils permettent à Chappie des dizaines de lectures possibles. Un manque de finesse tardif qui coût très cher au métrage, mais le film de Blomkamp n'en reste pas moins touchant, authentique, plutôt intelligent dans son approche de l'intelligence artificielle, et servi par une très belle bande-son de Hans Zimmer aux élans 8 bits et Cyberpunk.


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