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Édito #35 : Bienvenue en Pré-Apocalypse !

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evenementsLe 09 Mar
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Dans l'une de ses nombreuses logorrhées solitaires (l'homme répand ses pensées sur internet par tous les moyens à sa disposition), Warren Ellis lâche l'affirmation comme quoi nous vivons dans un monde pré-apocalyptique. L'idée n'est pas nouvelle, mais le concept ainsi formulé, comme souvent avec l'auteur de Transmetropolitan qui a le chic pour la formule ad hoc, va tourner longtemps dans l'esprit pour finalement s'imposer comme une évidence. Un paradigme empirique sur la situation d'un monde que nous analysons encore très mal, notre société actuelle prenant à défaut nos référents intellectuels.

Un autre scénariste venu de la perfide Albion avait déjà joué avec cette idée. Alan Moore avait mis en scène la Doomsday Clock dans Watchmen, cette horloge symbolique dont l'aiguille indique à quel point nous sommes proches de l'Apocalypse. Elle existe vraiment, à l'université de Chicago, et fut même placée à 23H59 (minuit signifiant la fin du monde) lors de la fameuse Crise des missiles de Cuba. Cependant, il y a encore dans cette image un rejet farouche de l'Apocalypse, que l'on met une nouvelle fois à distance. Ellis, en bon misanthrope lucide l'a accepté et conceptualisé.

Admettre que l'on vit dans un monde pré-apocalyptique signifie que l'on admet que l'Apocalypse est en soi inévitable, suite logique aux événements actuels dont seule la question de quand est-ce qu'elle arrivera subsiste. Constat complétement fataliste, que les vendeurs de rêves (a.k.a. les marketeux) taxeraient de pessimiste, mais qui pourtant n'est absolument pas déraisonnable si l'on constate l'état actuel du monde. Toujours si l'on admet que l'Apocalypse ne sera pas aussi spectaculaire qu'une météorite nous tombant sur le coin du visage, ou une gigantesque explosion qui nous emmènerait tous ensemble main dans la main vers la fin, mais qu'elle devrait sans doute plus ressembler à un lent délitement de la société qui va s'étouffer dans ses propres miasmes.

Œuvre de Jason deCaires Taylor

En effet, comment échapper à ce monde du futur où, nous le savons, l'environnement ne sera pas des plus faciles à supporter à notre échelle d'humain ? Les changements climatiques provoqués par le réchauffement de la planète étant désormais inévitables - ou presque, mais il faudrait à un changement drastique dans notre quotidien dès aujourd'hui à échelle globale, tout comme une montée des eaux qui peut réjouir ceux qui voulaient voir leur maison se rapprocher de la plage mais qui pour les Bangladais est tout de même très problématique, nous n'avons même plus besoin de mettre en garde contre le nucléaire, l'effondrement du lien social ou même de l'exsanguination de l'humanité par un 1% d'entre eux, la Nature se chargera toute seule d'appuyer sur le bouton Reset (savoir si on sera là au redémarrage est encore une autre question).

La question de la perte de spiritualité et de la montée des fanatismes religieux pourrait par contre être évoquée, vu que c'est peut-être ce qui pourrait devancer la Nature question retour à l'Âge de Pierre. Quoiqu'il en soit, la fameuse fin du monde, celui que l'on connait aujourd'hui, (rien ne nous dit que les cafards ne bâtiront pas une société flamboyante, faite de tolérance et d'amour, une fois qu'on aura déserté le paysage), est sauf prise de conscience mondiale et instantanée façon Genkidama assez inévitable. Là encore, il n'y a rien de pessimiste dans ce constat mais il change la perspective avec laquelle on peut concevoir l'avenir comme le présent.

Car comme le scénariste de Whitechapel l'a très bien imaginé, et c'est là le plus probable pour nos derniers jours à tous par ici, ce monde pré-apocalyptique peut durer infiniment. La logique du pire. Imaginez un monde qui jour après jour se déliterait, où les clivages sociaux ne feraient que s'élargir, où la norme de l'obsolescence programmée s'étendrait à tous les domaines, où les gens se replieraient sur eux-même à mesure que le village global grandirait encore et toujours (non parce que dans un monde qui marcherait à peu près sur ses pieds, le scandale SwissLeaks aurait fait bien plus de bruit et on en parlerait encore aujourd'hui). Après, plus ça dure, plus on aura le temps de changer les choses, non ?


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