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L'Imaginarium #1 : Bandits, Bandits de Terry Gilliam

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ChroniquesLe 01 Avr
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Nous ouvrons aujourd'hui une nouvelle rubrique consacrée à ces œuvres qui nous ont ouvert l'esprit, qui ont repoussé les frontières de notre imagination pour ouvrir de tous nouveaux horizons. Films, romans, jeux vidéos, peintures, qu'importe du moment que ces œuvres et leurs univers imaginaires aient laissé en nous une empreinte indélébile en ouvrant les portes de notre perception. Cette rubrique alternera régulièrement avec son équivalent sur Comicsblog.fr et 9emeArt.fr.

Pour initier le mouvement, quoi de mieux qu'un film de Terry Gilliam ? Le plus britannique des Américains (ou l'inverse) qui n'aura cessé de partager son obsession pour les réalités alternatives, remettant toujours en cause ce que l'on considère trop rapidement comme acquis, était le point de départ idéal pour voyager vers d'autres mondes.

"God isn't interested in technology. He cares nothing for the microchip or the silicon revolution. Look how he spends his time, forty-three species of parrots ! Nipples for men !"

En 1981, Terry Gilliam veut se donner un peu d'air frais, il vient de réaliser un nouveau film avec les Monty Python mais a envie d'indépendance. Surtout, il a des choses à dire qu'il ne peut pas exprimer avec l'humour absurde total qu'il a développé avec ses camarades. Le problème, c'est que même si ses camarades et lui ont beaucoup de succès, il n'a pas assez pour réaliser un film avec les ambitions qu'il affiche. C'est alors qu'il va recevoir l'aide de George Harrison, guitariste des Beatles et fan des Monty Python depuis la première heure, qui va financer à la hauteur de cinq millions de dollars le deuxième film solo de Gilliam : Bandits, Bandits (en VO : Time Bandits).

Solo, mais pas tant que ça puisqu'il coécrit le scénario avec Michael Palin, autre membre de la troupe des Monty Python. Ensemble, ils ont envie de raconter un conte, moderne mais dont la structure ancrée dans les siècles leur permettra de délivrer ce message qu'ils ont au fond d'eux. Car s'ils ne cessent de répéter qu'il faut voir l'absurdité de chaque situation, ils n'en restent pas moins conscients de la réalité qu'ils habitent. Surtout, les influences de Gilliam le font forcément pencher du côté de la science-fiction et de la fantasy. D'ailleurs, plutôt que d'avoir à choisir entre les deux genres, il va simplement piocher ce qu'il veut dans les deux pour les mélanger ensemble en un OVNI cinématographique aussi génial que fauché.

"Never talk to me like that again! No one created me! I am Evil. Evil existed long before good. I made myself. I cannot be unmade. I am all powerful !"

L'histoire suit Kevin, un jeune garçon au regard éclairé (autant pour le mythe de la sagesse qui vient avec les années) qui se désole de voir sa famille s'enfermer dans un vie consumériste. Il s'échappe de cette réalité en rêvant d'un ailleurs. Qu'elle n'est pas alors sa surprise lorsqu'il découvre que son armoire abrite un portail transdimensionnel. Un soir, un groupe de nains le traverse. Ils viennent de voler à l'Être Suprême la Carte des Portes Temporelles, qui permet tout simplement de se déplacer à l'envie dans l'espace-temps. Les nains, incarnations punks, eux veulent s'en servir pour faire de la piraterie inter-dimensionnelle. Kevin va donc embarquer dans une aventure folle où il croisera Robin des Bois, Agamemnon ou encore le Titanic. Seul problème, l'Être Suprême veut récupérer sa carte, mais il n'est pas seul sur le coup, car le Mal la veut pour qu'enfin on reconnaissance sa place. C'est que ce dernier en a marre qu'on dise qu'il a été créé alors qu'il était là depuis le début.

Au rang des anecdotes marrantes, ils ont écrit le personnage d'Agamemnon en pensant à Sean Connery. L'acteur écossais tombe au hasard des agents sur le script, et accepte pour la blague de jouer le rôle pour rien du tout. Obligeant de tricher constamment pour boucler leur budget, ils empruntent des décors à des potes, profitent de leur côte d'amour dans le milieu pour emprunter du matériel et trouvent mille et une astuces de réalisation. George Harrison, qui suit le projet de très près, va composer le score et même enregistrer une chanson inédite, Dream Away, la première depuis celle en hommage à John Lennon qui s'est fait assassiné un an auparavant. Bandits, Bandits va faire un carton une fois en salle en réunissant près de 40 millions de dollars de par le monde, multipliant par huit sa mise de départ. Cela permettra à Terry Gilliam de se lancer dans une prolifique carrière, qui sera en revanche parsemée de bourbier de production dont le plus célèbre reste Lost in la Mancha.

Dans Bandits, Bandits, Terry Gilliam se sert avec brio de l'humour et de l'imaginaire pour inviter à prendre conscience de l'absurdité de notre monde contemporain. Comme dans toute sa filmographie, on retrouve ici un message profondément humaniste qui préfère contrer le cynisme par la dérision. Un film qui fait voyager l'imagination et l'esprit.




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Terry Gilliam Bandits, Bandits Imaginarium Chronique cinéma
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