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Édito #43 : 2015, l'année de tous les retours

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evenementsLe 27 Avr
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Le cinéma de licences s'arrêtera-t-il un jour ? Probablement pas. L'histoire du septième art donne toujours raison, ou presque, à Hollywood et son envie de faire durer ce qui marche. Mais on aurait tort de considérer la plus célèbre des collines de Los Angeles comme la seule responsable : la plupart du temps, nous sommes aussi excités qu'elle à l'idée de retrouver nos héros favoris dans les salles. A ce titre, 2015 était annoncée comme l'année de tous les records, et ce dès l'annonce des premiers blockbusters amenés à faire leur retour. Depuis, et comme toujours, la barre a été déplacée un peu plus haut (on vous renvoie à 2019 ou 2020) mais l'année 2015 n'en est pas moins passionnante à analyser du point de vue des licences, car nombre d'entre-elles feront un comeback fracassant cette année. Il était donc temps de dresser un portrait des stratégies employés par les studios.

Le best-of : Jurassic World et Terminator Genisys

Pour le coup, le titre porte assez bien son nom. D'une part parce qu'il signale l'intention créative derrière les métrages concernés, et d'autre part parce qu'il fait écho au bon gros menu bourratif de votre fast-food préféré. Assurément, nous avons ici affaire avec la plus simple des stratégies, qui a l'avantage d'être rapide à mettre en place, et pour le moins sans danger, à l'échelle des prises de risques d'Hollywood.

Cette année, deux films semblent appartenir à cette catégorie de films : Jurassic World de Colin Trevorrow et Terminator Genisys d'Alan Taylor. Evidemment, je ne peux pas juger de la qualité intrinsèque de ces deux productions, qui ne sont pas encore sorties en salles. Mais si on s'intéresse de près à leur promotion, on voit que les deux métrages partagent plusieurs caractéristiques, dont l'attachement aux films précédents, l'humour, et une tendance à transformer les éléments connus de leur mythologie en twists scénaristiques : la fusion des vélociraptors et d'un tyrannosaure dans l'un, la transformation de John Connor dans l'autre. On retrouve également dans les trailers des deux films une quantité astronomiques de références visuelles ou dialoguées aux meilleurs passages des précédents opus. Comme si le film devait, dès sa promotion, rendre hommage à ses aînés. Or, la plupart du temps, ces références nous plongent dans un malaise total.

Que Jurassic World et Genisys soient ou non des bons films, cela reste à prouver. Mais pour le moment, on sent une forme d'hésitation dans leur communication. A mon sens, elle résulte de la tension entre le nom utilisé - que ce soit Terminator ou Jurassic Park - et les résultats attendus. Si Jurassic World était un simple film d'action à base de dinosaures, et Terminator un simple divertissement à base de nano-robots, sans doute serions-nous moins critiques. En attendant, les deux films camouflent leur bonnes idées dans une bouillie de références et d'action, comme pour gagner une légitimité qu'il savent perdue d'avance, et rien ne saurait moins nous attirer dans les salles obscures.

 

Faire du neuf avec du vieux : The Force Awakens

Vous le savez sans doute, l'approche de Disney sur Star Wars se résume à utiliser des concepts non retenus par les premiers films pour en faire quelque chose de nouveau. Si bien qu'on pourrait presque voir dans cette nouvelle trilogie une forme d'univers parallèle aux épisodes sortis entre 1977 et 1983. Idées avortées de George Lucas (comme une femme en tant que personnage principal, ce que semble être Rey) et concept arts inutilisés de Ralph McQuarrie (X-Wings aux ailes complémentaires, robots sur bille géante...) : tout y passe, en espérant que les nouvelles idées articulent assez bien cet héritage un temps laissé dans les cartons pour donner un bon film.

 

Jusque dans son choix de réalisateur, J.J Abrams, Disney s'avère tout à fait fidèle à sa ligne de conduite. En engageant celui qui est considéré comme le néo-classique par excellence, le digne héritier de Spielberg et ses pairs, Disney offre à Star Wars un chef d'orchestre qui saura, assurément, faire du neuf avec du vieux. Encore une fois, nous n'avons pas vu le film concerné, mais à travers les images qui nous sont parvenues, on peut considérer The Force Awakens comme la parfaite conjugaison d'un univers "à l'ancienne" et d'une réalisation moderne, qu'on espère voir dans chaque plan et chaque idée du film le plus attendu de 2015.

La troisième voie : Mad Max Fury Road

Pour terminer, il nous fallait revenir sur le retour le plus improbable, mais également le plus impressionnant : celui Mad Max. Quatrième opus d'une franchise où tous les films ont été dirigés par l'australien George Miller, mais qui cette fois change d'acteur principal en remplaçant Mel Gibson par Tom Hardy. Un film pour le moins sorti de nulle part tant il fut étouffé dans un developpement hell qui avait toute les chances de l'achever. Un métrage qui revient hurler le nom de Max Rockatansky trente ans après sa dernière apparition au cinéma.

 

Pourtant, avec Fury Road, il n'est pas question de suite, de reboot ou de remake, même si certains considèrent déjà le film comme un Mad Max 2 sous stéroïdes. L'unique approche, quand on lit les déclarations de George Miller et quand on regarde les trailers montés par Warner Bros, est de mettre au monde un film semblable à nul autre. On pourrait alors considérer le nom Mad Max comme un détail, pour deux bonnes raisons. La première : le nom ne parle pas à une large audience. En tous cas moins que celui de Termintor, Jurassic Park ou Star Wars. La seconde : si les premiers Mad Max ont donné un univers visuel au genre du post-apo', ce même univers appartient désormais à toute une galaxie d'œuvres, qui ne se limitent pas au cinéma. Les réactions au trailer de Fury Road mentionnant la franchise de jeux-vidéo Borderlands sont d'ailleurs le parfait exemple pour ces deux idées.

Ne reste alors que l'envie de faire un film qui se distinguera de ses pairs, ce que Fury Road a fait d'entrée de jeu en dévoilant une première bande-annonce qui vola la vedette aux adaptations de super-héros en pleine San Diego Comic Con 2014. D'un point de vue purement promotionnel, le pari est donc déjà gagné pour Warner Bros qui a su créer une énorme attente sur le film, à l'heure où les retours de licences sont aux choix assassinés ou portés aux nues. Alors certes, la licence Mad Max a l'avantage d'être déjà anthologique, ce qui simplifie les intentions créatives et le marketing entourant le film, mais l'exploit est bien réel. Reste à espérer que cette approche plutôt unique joue en faveur de Mad Max.

 

Et si tel était le cas, Hollywood trouverait là une nouvelle stratégie à explorer dans ses prochaines exploitations de licences. Il faut parfois se détacher de toute continuité pour livrer de meilleurs histoires, comme le prouve par exemple le petit monde des comic books. Pour pousser la comparaison un peu plus loin, on pourrait même évoquer les déclarations de l'éditeur DC, qui s'engage désormais à s'affranchir des concepts de continuité, de lien et d'héritage pour offrir à son public ce qui l'intéresse avant tout : de bonnes histoires. Et on rêve d'un monde où Hollywood ferrait de l'exploitation de licences une machinerie similaire.


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