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Rumeur un autre jour #13 : Jurassic Park IV et ses hommes-dinosaures

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ChroniquesLe 01 Mai
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Si un quatrième Jurassic Park est devenu bien réel depuis quelque mois et l'annonce de Jurassic World, la licence aurait pu prendre un tournant radicalement différent au milieu dans années 2000, durant lesquelles le scénario d'une troisième suite était étudié par le studio Universal. Un récit qui méritait un petit hommage dans Rumeur un Autre Jour.

Introduction

Nous sommes en 2005 et Universal souhaite renouveler la licence Jurassic Park après deux suites qui, sans être mauvaises, n'ont pas eu le succès escompté au box-office, sans même parler des critiques mitigées qu'elles ont reçu. Le studio s'accroche pourtant à l'idée d'un quatrième film, et autorise quelques scénaristes à livrer un essai suffisamment complet pour les séduire.

William Monhan, à qui ont doit l'écriture Kingdom of Heaven et des Infiltrés de Scorsese, et John Sayles, le scénariste du film Piranha de 1978, livrent alors un scénario qui est sans doute parmi les plus fous jamais conçus pour le cinéma de divertissement. Un récit assez dingue pour diviser les cadres d'Universal, qui crient alors au génie, ou au scandale. Il faut dire que ce Jurassic Park IV s'éloigne radicalement de ses aînés, notamment en introduisant l'idée d'un croisement génétique entre des hommes et des dinosaures. Un concept qui, à première vue, serait plus à l'aise dans un téléfilm de SyFy que dans un blockbuster grand public.

Genèse

Mais contre toute attente, le scénario va faire son petit bonhomme de chemin dans le processus de pré-production. Une progression qui défie la logique de l'entertainment, et qui attire très vite l'attention des journalistes les plus réputés d'Hollywood, qui finiront par avoir le scénario en main. Aujourd'hui, on ne sait toujours pas jusqu'où le scénario de Monham et Sayles a su séduire (si ce n'est que les producteurs de l'époque firent usage de leur droit de veto), mais une chose est sûre, les reporters ayant pu le lire en parlent encore volontiers dans leurs propres réseaux. C'est notamment le cas de Moriarty du site Bleeding Cool, l'un des pionniers de la culture populaire et cinéphile sur le web. Dans un long article qui date de 2007, le journaliste détaille le scénario de ce Jurassic Park mort-né, et il est plutôt génial :

 

Le film s'ouvre sur une petite fête dans une ville américaine, qui vire au cauchemar lorsque des dinosaures saccagent tout sur leur passage, dévorant ou piétinant les hommes, femmes et enfants présents. On découvre alors des Etats-Unis en proie aux chaos, qui ont du mal à contenir une forme d'invasion de dinosaures, qui ont repris leurs droits sur la nature en se reproduisant à une vitesse alarmante. Une sorte de Z-Day avec des dinos, si vous préférez. Contrairement aux deux suites précédentes, le film prend pour héros un personnage inédit, répondant au nom de Nick Harris. Ce mercenaire se voit contacté par un ancien commandant de l'armée pour créer une milice chargée de traquer et de tuer les dinosaures. Nick accepte, mais a des soupçons sur son futur employeur. 

Ce dernier n'est autre que John Hammond (un caméo de Richard Attenborough était prévu donc), le créateur de Jurassic Park, qui cherche à se racheter aux yeux du monde après avoir donné naissance à ce fléau à base de dinosaures. L'homme, qui est désormais le personnage le plus attaqué en justice de l'histoire, a un plan : créer une nouvelle génération de dinosaures stériles, qui feront s'éteindre le problème de l'intérieur. Seulement, les Nations Unies ont, entre temps, interdit la création de dinosaures. La seule solution est donc de retourner sur l'île de Nublar, l'emplacement du premier Jurassic Park, pour y récupérer le matériel génétique nécessaire au plan.

 

Vous voyez la suite venir à des kilomètres : Nick se rend sur place avec un commando, récupère le matériel et sauve le monde. Sauf que le scénaristes avaient l'intention de vous surprendre : outre des dinosaures (dont de nouvelles espèces), Nick, qui se rend seul sur l'île, fait face à l'armée privée de la Corporation Grendel, une multinationale Suisse qui a acheté le parc et qui souhaite récupérer l'héritage scientifique de Hammond à son compte. Assommé, Nick se réveille dans un château des Alpes, où Adrian Joyce, l'homme de main du Baron Von Drax, président de Grendel, lui présente sa vision. Le bâtiment est en fait un laboratoire dans lequel sont créés des hommes-dinosaures. Cinq prototypes (X1 à X5) sont fonctionnels, et Joyce propose à Nick de prendre leur tête en les entraînant et en les menant aux combat. Il accepte, et baptise ces dinosaures intelligents (capables de tenir des armes à feu, de communiquer et disposant de caractéristiques uniques) Achiles, Hector, Perseus, Spartacus et Orestss.

La suite du scénario est moins connue, mais Nick faisait a priori face à l'invasion de dinosaures avec son escouade d'élite, dans ce que Moriarty décrit comme un Sept Mercenaires remplis d'action et de bestioles à sang froid, qui se termine sur un final plus fou encore que les suites précédentes.

Et finalement, tant mieux ou pas ?

Depuis que je connais ce scénario qui ne verra sans doute jamais le jour, je ne peux m'empêcher de le regretter, ou en tous cas de l'admirer. On sait que l'exploitation de licence est un phénomène inarrêtable, ce que j'ai fini par accepter, mais je me refuse encore à aimer des suites qui ne prolongent pas une mythologie de manière audacieuse. Pour le coup, ce scénario ne manque pas de cran - il est même totalement taré - mais de nombreux témoignages font état de la qualité de son écriture.

 

Et à mon sens, cette dernière aurait pu nous faire avaler toutes les idées loufoques de Monhan et  Sayles. Sur le papier, le film proposait quelque chose de très différent, qui intègre le canon de Jurassic Park dans une sorte de spin-off perdu quelque part entre le film d'horreur et le film de guerre. L'idée d'une escouade d'hommes-dinosaures est assurément accrocheuse d'ailleurs, et disposait d'un potentiel ludique énorme, sans compter l'opportunité de spin-offs ou d'une suite.

Si ce concept faisait surface en 2015, je le défendrai contre vents et marrées. Car après tout, je ne sais pas ce qui est pire : une pâle copie de l'original boostée par un combat final entre des dinosaures en CGI - Jurassic World - ou une suite aussi loufoque que créative - Jurassic Park IV - ? Honnêtement, avec une belle motion capture, un scénario solide et un réalisateur créatif, ce dernier aurait franchement plus de gueule que Jurassic World, n'en déplaise à Colin Trevorrow, qui a quand même réussi à nous faire avaler des raptors domestiqués. La folie n'est pas toujours là où on le croit.

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