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En attendant Fury Road : Retour sur la première trilogie de Mad Max

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DossierLe 13 Mai
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Les années 80 ont vu naître la première trilogie de Star Wars, il en est une autre qui nous vient d’Australie qui a marqué la culture populaire. George Miller, son réalisateur, a su construire un univers singulier qui nous revient plus de vingt ans plus tard sans que l’engouement en soit affadi. Revenons l’espace de cet article, à l’origine de la série, le temps où Max Rockatansky n’était pas encore une légende.

Attention, l’article comporte un résumé des trois films.

1. | Mad Max (1979)

Chapitre I | Mad Max (1979)

On croit connaître Mad Max par les images que le film a infusé dans l’inconscient collectif. Un spectacle de feu et de métal tordu où des machines vrombissantes sillonnent l’Outback australien. Les trailers du quatrième film Mad Max : Fury Road illustrent parfaitement cette idée. Pourtant le premier opus ne se plie pas à cette imagerie.

 

Le premier film s’ouvre sur ces quelques mots : « A few years from now. » ("Quelques années dans le futur."). On sait que le monde tel qu’on le connaît a pris fin. Si l’histoire s’inscrit dans le genre post-apocalyptique, le point d’orgue n’est pas mis pour autant sur l’Apocalypse comme on pourrait l’espérer. Savoir comment cette humanité arrive à survivre dans ce monde d’après n’est pas le sujet. Ici, le point d’orgue est mis sur le terme « post ». Les hommes ont survécu et ils continuent leur existence de manière routinière. On les voit se disputer pour une histoire d’amour ou manger ensemble dans un restaurant. Le décalage entre le monde que l’on connaît et celui de cette fiction est ténu. Le contraste sera plus important dans les deux films suivants.

Le personnage principal, Max Rockatansky est un jeune père de famille qui aime sa femme. Rien de bien exceptionnel. Il porte en lui cette normalité à un détail près, il officie comme policier au volant d’un bolide. La voiture et la route cristallisent l’originalité de l’histoire. La première scène est illustrée par une course poursuite entre un repris de justice qui fuit au volant d’une voiture et la « Main Force Patrol. » La mise en scène retranscrit cette impression de folie furieuse sur ces grandes routes droites où vitesse rime avec mort. Deux véhicules des forces de l’ordre finiront dans le décor avant que le personnage joué par Mel Gibson n’apparaisse comme la figure du héros providentiel qui conduit à la mort le fuyard.

Cette notion de héros est soulignée quelques minutes plus tard par un dialogue entre Maccaffe, le chef de la police, et un autre homme.

« – Les gens ne croient plus aux héros maintenant.

– Et vous, Maccaffe, vous voulez réactiver les héros. »

Ce dialogue est la clé de la trilogie.

Tout le long du film, Max se dérobe à son destin, la vie normale le retient. Le film alterne entre ces espaces de normalité représentés par la vie de famille et la violence des motards en quête de vengeance. Le fuyard qui a péri dans l’introduction n’est autre que le frère du chef de ce groupe de bandits. Le meilleur ami de Max va catalyser leur vindicte. À sa mort, Rockatansky prend la décision de quitter la police. Malheureusement pour lui, la fatalité le poursuit lorsque sa femme se fait écraser par les motards. Une fois dépourvu de toutes les choses qui le retenaient à sa normalité, Max va pouvoir enfin se réaliser. Comme un Berserker, la folie vengeresse s’éveille en lui et il chasse un à un les hommes à l’origine de son malheur. La voiture est son arme. Son dernier ennemi mis à mort dans une scène d’anthologie, Max décide de tourner le dos à la civilisation et de se perdre dans le désert.


 

2. | Mad Max 2 : Le défi (1981)

Chapitre II | Mad Max 2 : Le défi (1981)

La traduction malheureuse et convenue du sous-titre de ce film semble s’adresser non à l’histoire, mais à son réalisateur qui devait relever le défi de faire une suite à la hauteur du premier volet. Si le premier opus se focalisait sur la naissance du héros, le deuxième va poser les canons de l’univers. Dès le départ, le film comble un blanc important en expliquant les raisons de l’apocalypse appuyées par des images d’archives tirées de la Seconde Guerre Mondiale ou de diverses répressions d’émeutes. On retrouve dans la description qui est faite de ce monde antérieur les angoisses laissées par la Guerre Froide et par la crise pétrolière qui marqua les années 1980.

L’or noir est l’enjeu du film : il symbolise ce monde qui ne vit que pour nourrir les véhicules. À l’instar du premier Mad Max, une course poursuite ouvre le film et illustre cette vérité. Max se précipite pour récupérer l’essence sur les cadavres mécaniques qui gisent sur l’asphalte, au mépris du danger.

 

La rencontre avec le Capitaine Gyro le conduit jusqu’à une raffinerie encerclée nuit et jour par une cohorte d’hommes. Les assaillants veulent s’accaparer du pétrole que garde la communauté qu’ils harcèlent. L’ancien policier leur vient en aide sans agir par altruisme : il convoite lui aussi leur précieux liquide. Il leur propose de ramener un camion pour leur permettre de fuir les lieux à la condition qu’à son retour il remplisse le réservoir de son Interceptor. Sa mission se révèle un succès et il permet aux assiégés de reprendre espoir. Sa part du contrat honoré, Rockatansky reste indifférent à leur sort et décide de quitter la raffinerie. Sa fuite n’est que de courte durée, car il se retrouve nez à nez avec les assaillants. Il perd son chien et sa voiture héritée du premier film, comme si les lambeaux de Max Rockatansky avaient besoin de disparaître pour qu’apparaisse la légende. Mu par l’idée de vengeance, il décide d’aider la communauté à fuir dans une course-poursuite finale grandiose.

Le film emprunte les codes du western, autant dans les détails (des flèches fichées dans la portière d’un camion évoquent de manière évidente l’attaque d’un convoi par des Indiens) que dans la structure même du récit. L’histoire est plus sèche que dans le premier long-métrage, l’accent est mis sur l’action. La mise en scène, les chorégraphies de courses-poursuites, la photographie magnifient le récit et créent une imagerie qui va perdurer jusqu’à aujourd’hui.

 

3. | Mad Max 3 : Au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

Chapitre III | Mad Max 3 : Au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

Le deuxième film a su magnifier les éléments de l’histoire ; le troisième opus, quant à lui, se perd dans la caricature. Il applique de manière trop scolaire la recette qui a fait sa gloire en y apportant des petits détails supplémentaires qui le dévoient plus qu’ils ne l’enrichissent. Il accepte consciemment dès la première scène de ne pas jouer le jeu de la suite, mais plutôt de la variation d’un même thème.

 

Même si d’un point de vue contextuel, il affirme se situer trois années après le précédent long métrage, l’élément qui marque l’absence de cohérence d’univers : l’acteur qui jouait le Capitaine Gyro revient dans un rôle différent. Max se trouve dépourvu des éléments qui le qualifiaient auparavant. Il ne porte plus son attelle qu’il portait parce qu’une balle lui avait explosé la jambe à la fin du premier film. Il ne possède plus sa voiture Interceptor, sacrifiée pour le bien de la communauté qu’il défendait dans le second. Seul le décor perdure : l’Outback qu’il sillonne dans un véhicule tracté par des chameaux.

Dans les premières minutes de film, le héros se fait agresser puis dérober son attelage. Il va poursuivre ses voleurs jusque dans une ville dédiée au commerce, dirigée par Entité (Aunty Entity) jouée par Tina Turner. Afin de récupérer ses biens, Rockatansky doit lui proposer ses services. Sa mission consiste à affronter un colosse dans une arène qui se nomme le Dôme du Tonnerre. Après avoir emprunté les codes du Western, le réalisateur George Miller s’inspire du péplum pour le combat dans la seule scène mémorable du film. Tous les conflits dans la cité se règlent dans une demi-sphère grillagée. La règle : deux hommes entrent à l’intérieur, un seul peut en sortir vivant, mais Max refuse de l’éliminer, car il découvre que le colosse est en fait un attardé qui est utilisé comme jouet dans le conflit qui oppose son maitre à l’ambition d’Entité. La miséricorde de l’ancien policier est un élément de plus à sa valeur de héros.

 

Cet acte de rébellion contre la loi qui régit la cité ne peut rester impuni. Le sort du héros est laissé au destin représenté par une roue comme dans les jeux télévisés. À partir de ce point, le film glisse vers un autre genre et vise un autre public. Max se retrouve banni dans le désert, attaché à un âne. À demi-mort, il sera recueilli par un groupe d’enfants qui évoquent l’univers de Peter Pan.

Plus le film avance et plus il tourne le dos à son essence. Il cherche bien à retrouver un peu de son ADN avec la grande course-poursuite qui le clôture comme dans les deux précédents volets, mais il ne fait que se singer lui-même et se laisse aller à la caricature. C’est au volant d’un train que Max et les enfants essaient de fuir leurs assaillants. Même si ladite scène nous donne à voir quelques prouesses visuelles, elle reste moins spectaculaire que celle qui clôture Mad Max 2.

Peut-on en conclure pour autant que Mad Max 3 est un mauvais film ? La réponse est non, il offre un spectacle agréable, une variation bon enfant du mythe de Mad Max qui a préféré brader sa nature au profit d’un plus large public.

4. | Bonus pour le bonheur des yeux et des oreilles.

Chapitre IV | Bonus pour le bonheur des yeux et des oreilles.

L’univers de Mad Max a essaimé son influence dans beaucoup de médias, je ne peux m’empêcher de vous en montrer deux. Cette sélection est bien évidemment parcellaire et ne représente qu’une infime partie de l'influence qu’a eue la trilogie sur la culture populaire. 

Hokuto no Ken reprendra toute l'imagerie et l'ambiance. Dans un monde post-apocalyptique qui singe l'œuvre de George Miller, le manga de Buronson et Tetsuo Hara construit lui aussi le mythe du héros.


Le clip California Love de Tupac Shakur lui emprunte ses influences au troisième film.

 

Chapitre I | Mad Max (1979)

On croit connaître Mad Max par les images que le film a infusé dans l’inconscient collectif. Un spectacle de feu et de métal tordu où des machines vrombissantes sillonnent l’Outback australien. Les trailers du quatrième film Mad Max : Fury Road illustrent parfaitement cette idée. Pourtant le premier opus ne se plie pas à cette imagerie.

 

Le premier film s’ouvre sur ces quelques mots : « A few years from now. » ("Quelques années dans le futur."). On sait que le monde tel qu’on le connaît a pris fin. Si l’histoire s’inscrit dans le genre post-apocalyptique, le point d’orgue n’est pas mis pour autant sur l’Apocalypse comme on pourrait l’espérer. Savoir comment cette humanité arrive à survivre dans ce monde d’après n’est pas le sujet. Ici, le point d’orgue est mis sur le terme « post ». Les hommes ont survécu et ils continuent leur existence de manière routinière. On les voit se disputer pour une histoire d’amour ou manger ensemble dans un restaurant. Le décalage entre le monde que l’on connaît et celui de cette fiction est ténu. Le contraste sera plus important dans les deux films suivants.

Le personnage principal, Max Rockatansky est un jeune père de famille qui aime sa femme. Rien de bien exceptionnel. Il porte en lui cette normalité à un détail près, il officie comme policier au volant d’un bolide. La voiture et la route cristallisent l’originalité de l’histoire. La première scène est illustrée par une course poursuite entre un repris de justice qui fuit au volant d’une voiture et la « Main Force Patrol. » La mise en scène retranscrit cette impression de folie furieuse sur ces grandes routes droites où vitesse rime avec mort. Deux véhicules des forces de l’ordre finiront dans le décor avant que le personnage joué par Mel Gibson n’apparaisse comme la figure du héros providentiel qui conduit à la mort le fuyard.

Cette notion de héros est soulignée quelques minutes plus tard par un dialogue entre Maccaffe, le chef de la police, et un autre homme.

« – Les gens ne croient plus aux héros maintenant.

– Et vous, Maccaffe, vous voulez réactiver les héros. »

Ce dialogue est la clé de la trilogie.

Tout le long du film, Max se dérobe à son destin, la vie normale le retient. Le film alterne entre ces espaces de normalité représentés par la vie de famille et la violence des motards en quête de vengeance. Le fuyard qui a péri dans l’introduction n’est autre que le frère du chef de ce groupe de bandits. Le meilleur ami de Max va catalyser leur vindicte. À sa mort, Rockatansky prend la décision de quitter la police. Malheureusement pour lui, la fatalité le poursuit lorsque sa femme se fait écraser par les motards. Une fois dépourvu de toutes les choses qui le retenaient à sa normalité, Max va pouvoir enfin se réaliser. Comme un Berserker, la folie vengeresse s’éveille en lui et il chasse un à un les hommes à l’origine de son malheur. La voiture est son arme. Son dernier ennemi mis à mort dans une scène d’anthologie, Max décide de tourner le dos à la civilisation et de se perdre dans le désert.


 



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