Home News Critiques Dossiers Evenements Chroniques Bandes annonces Podcasts TV
ConnexionInscription
Actualités > Retour

Tomorrowland (A la Poursuite de Demain), la critique

4
ReviewLe 20 Mai
partager cet article
7 /10
On a aimé
• Une réalisation ludique
• La fraîcheur du propos
• Une narration originale
• Raffey Cassidy, la révélation ?
On a moins aimé
• Trop cartoony, par moments
• Des idées survolées

Pour son deuxième métrage en prises de vue réelles, Brad Bird, génie de l'animation à qui ont doit Le Géant de Fer, Les Indestructibles ou Ratatouille, adapte une partie des attractions des parcs Disney dans un blockbuster naïf, dans tous les sens du terme. Une vision du monde, et de la réalisation, qui dans un hasard heureux, fait écho à la sortie récente du colossal Mad Max : Fury Road.

Mais vous vous en doutez, point d'apocalypse du côté de la firme aux grandes oreilles. Surtout quand on retrouve Brad Bird, qui avait déjà laissé sa griffe d'animateur sur le quatrième Mission : Impossible, aux commandes. A ce titre, il n'est pas étonnant de voir en Tomorrowland un film, qui en tous points, colle à cet adage bien connu des cinéphiles : "il a les défauts de ses qualités"

Créativité débridée 

Vous le savez, les petits gars issus de l'animation, comme Brad Bird, ou le duo Phil Lord et Chris Miller, pour ne citer qu'eux, représentent une forme de second souffle pour Hollywood, qui a trouvé dans la créativité de ces bonhommes l'occasion de dépoussiérer des franchises ou des méthodes de tournage. Pour reprendre l'exemple de Bird, il avait su, via plusieurs séquences archi-ludiques, insuffler une forme de légèreté à Mission Impossible : Protocole Fantôme à l'heure où la licence commençait sérieusement à battre de l'aile. Ici, et sur un matériau quasi-original pour le coup, il applique la même recette, avec une réalisation dans la veine du Nouvel Hollywood, mais qui devient complètement folle à l'occasion de scènes, qui elles, relèvent plus de la créativité débordante d'un bon Pixar.

 

Aussi retrouve-t-on dans Tomorrowland au moins deux belles séquences ludiques et pleines d'inventivité. La science-fiction servant de contexte à ce nouveau film, rien de plus simple pour Brad Bird, qui s'amuse à l'aide de jouets bien connus comme les jet-packs, les lasers et autres robots en tous genres, qui s'enchaînent dans des passages somme toute très cartoony, mais ici dans le meilleur sens du terme. Seulement, cette forme d'inventivité, de légèreté, finit également par toucher le scénario et les acteurs, ce qui rend le métrage bien plus flottant. 

Une naïveté qui déteint

Pour commencer sur l'intrigue, on sent quelques passages à vide, comme si le réalisateur perdait l'inspiration, derrière la caméra comme devant ses pages de scénario, entre deux séquences dingues. Mais qu'à cela ne tienne, on ne compte plus les blockbusters qui s'allongent sans raison. En revanche, on déplore ceux qui, comme Tomorrowland, survolent leurs bonnes idées. Et en l'occurrence, le constat est un peu amer, car si Bird parvient à transformer de simples attractions en un univers accrocheur, il va passer à côté de certains concepts, sacrifiés pour les besoins narratifs du scénario. 

Concernant les acteurs maintenant, tous n'arrivent pas à tirer leur épingle dans cette direction artistique très proche de l'animation. On exclue tout de suite George Clooney, somme toute solide, mais qui obtient sans doute le rôle plus linéaire. En revanche, le duo d'actrices, Britt Robertson et Raffey Cassidy, se chargent de deux personnages, qui sur le papier sont intéressants, mais qui deviennent passionnants à l'écran, grâce au talent de leurs interprètes. Et une fois encore, la jeunesse sort de la course en tête : Britt Robertson et Raffey Cassidy s'approprient complètement l'approche naïve et humoristique du réalisateur, pour notre plus grand plaisir. En deux heures et dix minutes, les actrices s'attirent une sympathie énorme, qui nous fait vite oublier quelques raccourcis scénaristiques évidents. En revanche, on ne peut pas en dire autant de Hugh Laurie, dont l'interprétation hésitante est malmenée par le décalage entre la prise de vue réelle et le traitement très léger de Tomorrowland.

 

Double tranchant

Car l'intention derrière le film de Brad Bird n'est pas sans danger : les trouvailles sont légions - du simple easter-egg pour flatter le fandom aux blagues méta' sur la culture populaire - mais à double tranchant. Pour revenir sur le scénario, on profitera d'une narration assez originale, qui ose le face-caméra et développe des flashbacks de manière inventive (en lançant des vidéos au plein-cœur d'une scène par exemple) mais qui avance en dent de scie vers ses enjeux et ses éléments de résolutions, aussi convenus que vite expédiés. De toute évidence, on savait où nous allions, Tomorrowland, mais ici, le voyage n'est pas forcément plus intéressant que la destination, et parsemé de passages flottants à base de champ/contre-champ dans l'habitacle d'une voiture.

Heureusement, lorsqu'il arrive sur des séquences qui le passionnent, comme le décollage de fusée dans des monuments historiques ou le vol en jet-pack, Brad Bird fait preuve d'une vraie énergie, dans sa réalisation comme dans son story-telling, dopé par les blagues bien senties des personnages, dans la veine du dernier Mission : Impossible. Au passage, le réalisateur n'oublie pas traiter l'envers de son décor, en inventant par exemple une histoire d'amour au beau milieu de la vallée de l'étrange, dont on reconnaîtra la radicale originalité. 

En revanche, on s'attendait à ce que Brad Bird aille bien plus loin dans son message, attaqué à bras le corps dès les premières minutes lorsque le personnage de Casey nous fait part de son optimisme. Un mot qui fait office de philosophie de vie dans Tomorrowland, mais qui est également un écho à la charte inventée par Walt Disney. Et pour le coup, sans tomber dans le cliché absolu, le réalisateur va s'y tenir, et même en livrant quelques monologues à destination des adultes, son message restera en surface, finalement plus proche de la note d'intention que de la morale. Un peu dommage pour un réalisateur issu de l'animation, qui est encore l'une des dernières forteresses des valeurs illustrées par l'image. Mais qu'à cela ne tienne, avec des yeux d'enfant, qui nous sont rendus au fil du métrage, on finit par accepter les irrévérences du scénario et du message, pour en retenir l'essentiel : l'Apocalypse est une réalité, mais elle ne doit pas nous empêcher de créer, et de rêver.

Dans sa réalisation, sa construction comme son message, Tomorrowland oscille entre film d'animation et blockbuster philosophique pour adultes. On dit qu'en visant deux cibles, on finit par manquer les deux, ce qui n'est pas vraiment le cas de Brad Bird, qui offre à ce proverbe une nouvelle conclusion : un métrage entre ces deux influences peut nous émerveiller, nous faire rire, nous ramener en enfance pour réfléchir plus simplement. Résultat, Tomorrowland ne manque pas de charme mais gagnerait à être plus constant dans sa narration comme dans son propos.


Publicité

Podcast 72
Le 15 Mar
7

Wookie Leaks #30 : Star Wars Rebels

Chose promise, chose due ! En moins de quinze jours, deux épisodes de Wookie Leaks, notre podcast spécialement dédié à Star Wars ! Et après un opus...


Articles liés

auteurs & mots-clés
George Clooney Britt Robertson Disney Brad Bird Tomorrowland
4 commentaires Vous devez être connecté pour participer
connexion
Valider
inscription rapide C'est parti !
inscription standard C'est parti !
Publicité