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Jurassic World, la critique

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ReviewLe 11 Jui
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7 /10
On a aimé
• Les hommages au premier film
• L'humour parfois bien senti
• De bonnes idées...
On a moins aimé
• ... et de moins bonnes
• Des acteurs peu impliqués
• Le dénouement*

Bienvenue, à Jurassic Park, euh World, bienvenue à Jurassic World !

Vingt-deux ans après Jurassic Park, et quatorze ans après Jurassic Park 3, le monde imaginé par Michael Crichton et développé à l’écran par Steven Spielberg est de retour. Le parc est ouvert, et la catastrophe va s’en suivre. Et c’est cette fois Colin Trevorrow qui va nous offrir un film en forme d'hommage à ses origines, mais oscillant entre les bonnes idées, la parodie, les messages contradictoires et les combats insensés.

Il n’est pas facile de se lancer dans Jurassic World quand on est fan du film original. Ayant usé la VHS du film depuis mes sept ans (VHS qui fut ensuite remplacée par des supports plus modernes), Jurassic Park est le film pour lequel je compte le plus de visionnages. Imaginez donc ma réaction quand la bande-annonce m’a montré Chris Pratt conduire une moto en toute sérénité aux côtés de ses quatre potes vélociraptors : hérésie ! D’autant que, si Jurassic Park reste un chef-d’œuvre du genre à mes yeux, auquel je pardonnerai ses quelques incohérences si conséquentes soient-elles, aussi bien Spielberg lui-même que Joe Johnston se sont cassé les dents sur les suites. Jurassic Park 3 compte en effet comme principale qualité d’être moins mauvais que Le Monde Perdu, qui était lui-même le pire film de Steven Spielberg jusqu’au dernier Indiana Jones. Alors qu’attendre d’un film qui a mis plus de dix ans à se développer, en passant par des idées d’hybrides humains-dinosaures ? De bons, et de biens moins bons moments.


Commençons par poser les bases : Jurassic World n’est pas totalement une suite à la franchise. Colin Trevorrow opte pour le parti pris du soft reboot occultant les deux premières suites, ce qui lui permet de faire vivre le rêves de John Hammond. Car n’oublions pas que Le Monde Perdu se terminait sur ce même Hammond abandonnant l’idée d’un parc pour laisser place à une réserve naturelle protégée et surveillée sur Isla Nublar (île du premier film) / Isla Sorna (île sœur, lieu d’action des deux suites). Non, ici, John Hammond a continué de rêver à son parc après l’échec du premier, et a passé le relai à sa mort à Simon Masrani (Irrfan Khan) dont l’entreprise a récupéré les droits sur le parc et ses animaux, avec pour consigne de « dépenser sans compter ». Pour couronner le soft reboot, le background du film (développé via des sites viraux) place la mort de John Hammond en 1997, année de sortie du Monde Perdu, pour bien montrer que cette ancienne continuité est effacée.

Et donc bienvenue à Jurassic World ! Dix-huit ans après le rachat du concept par Masrani corporation, le parc est enfin ouvert et compte près de vingt-mille visiteurs par jour sur Isla Nublar (retour aux sources). Les deux frères Zach (Nick Robinson) et Gray (Ty Simpkins) partent alors en voyage sur l’île retrouver leur tante Claire (Bryce Dallas Howard), directrice administrative du parc. Mais alors que le parc s’apprête à dévoiler leur nouvelle « attraction » développée secrètement, celle-ci s’échappe, et Claire doit faire appel à Owen (Chris Pratt), ex-militaire reconverti dans l’élevage de raptors, pour aller secourir ses neveux.

Il faut reconnaitre que dès les débuts du film, l’ADN de Jurassic Park est bel et bien présent. On retrouve cet émerveillement du monde face aux dinosaures, à travers les yeux d’enfant de Gray, et progressivement de son grand frère passablement désagréable la première moitié du film. Le fait de réellement découvrir ce parc sur grand écran fait vibrer l’âme de rêveur qui sommeille en nous, et Colin Trevorrow prend un peu de temps à nous montrer le panel d’attractions qui s’offre aux visiteurs. Mention spéciale à la visite en capsule gyroscopique avec présentateur VIP, qui permet de se balader à son gré dans l’une des sections les plus impressionnantes du parc, puisque mélangeant allégrement les espèces.

Mais à cette découverte se mêle une autre intrigue, destinée à nous amener à la fin de ce premier arc qui verra le rêve se transformer en cauchemar. C’est par là que le film tombe dans un premier temps dans la parodie de son concept, poussant à l’extrême le message de la société qui peine à être impressionnée, et des corporations qui feront toujours plus gros, plus fort, plus cool (le mot est prononcé au moins une fois dans un dialogue qui insiste sur le ridicule de la chose), et ce au détriment de la raison pure. On peine d’ailleurs à comprendre les motivations de Masrani, qui semble divisé entre les idées rêveuses de John Hammond et le besoin plus pragmatique de toujours faire plus malgré le risque. Il devient alors une parodie de Hammond sans en tirer les leçons.


Ce parti pris de pousser parfois le ridicule à l’extrême se retrouve à plusieurs reprises dans le film, et se symbolise principalement par le personnage d’Hoskins (Vincent D’Onofrio), militaire militariste qui se dit qu’utiliser des dinosaures en armes serait une bonne idée. Le film reprend alors cette idée centrale de la franchise qui est que la nature ne peut être contrôlée, malgré les efforts répétés et infructueux de l’homme. Mais il ne parvient pas à conserver son message sur le long terme, et va même jusqu’à le bafouer à plusieurs reprises dans son troisième acte, qui nous offre les plus belles sottises du film (dont un lance-roquette), et un dénouement qui aura manqué d’en étouffer plus d’un.

C’est bien dommage quand on se rend compte que le film avait un réel potentiel sur ses deux premiers tiers, réussissant l’hommage à la fois au film de Spielberg (dans certains plans délibérément réutilisés à l’identique et/ou réadaptés, dans son utilisation des enfants, et certains scènes qui feront sourire bêtement les fans) et au roman de Crichton (dans l’utilisation du Dr Henry Wu notamment). Des scènes qui parviennent à nous faire oublier les deux suites plus qu’approximatives. C’est ironiquement en compliquant une intrigue plutôt simple et bien ficelée (la relation avec les raptors d’Owen et Barry, le personnage d’Omar Sy, est même plutôt bien gérée au début) que le film se perd, passant dans la schizophrénie la plus totale en mélangeant le fan-film et l’anti-Jurassic Park, et en cherchant à ouvrir des portes pour une suite qu’on sait déjà dans la tête des pontes d’Universal.

Mais passée l’amertume de certains défauts de scénario évidents, des acteurs qui ne semblent pas totalement impliqués (on a sérieusement connu Chris Pratt et Vincent D’Onofrio bien meilleurs), et d’un dénouement digne de Transformers 4, on a surtout envie de retenir la magie de revoir ces dinosaures à l’écran (même si, sans mauvaise foi aucune, l’animatronique du premier et ces CGI étaient meilleurs que le presque-tout numérique d’aujourd’hui), ces chatouilles au cœur lorsque Michael Giacchino se réapproprie les thèmes mythiques de John Williams, les beaux messages parviennent à passer au début (sur le respect des animaux, de la nature, sur la famille et les liens fraternel) et surtout l’humour parfois très méta qu’a le film sur ses propres défauts. Un humour soutenu par un casting qui enchaîne les seconds rôles de qualité qui ont chacun leur petit moment, avec une mention spéciale pour le meilleur personnage du film : Lowery, interprété par Jake Johnson de New Girl.

Avant de conclure, permettons-nous d’ailleurs de rendre honneur à quelques éléments clés du film, qui méritent qu’on en parle : les super-pouvoirs de Claire, à savoir échapper à des dinosaures en insistant pour rester en talons aiguilles contre toute logique. Les seconds rôles très importants : Mercedes, Coca Cola, Mercedes, Beats, Starbucks, Samsung et tous ceux qu’on pourrait oublier. L’homme au lance-roquette, pour nous avoir émerveillés. Un autre pour qui la bière passe avant la survie et les figurants qui meurent plusieurs fois. Et enfin les deux premiers morts du film : vous resterez dans nos cœurs, et accessoirement dans l’estomac de l’Indominus Rex.

Sans être le retour en enfance qu’on attendait, Jurassic World n’en est pas un mauvais film. Il tente simplement de conjuguer maladroitement l’esprit des origines de la saga avec les impératifs de blockbuster de 2015. Une association à contre-emploi qui aura au moins le mérite d’ajouter de « l’effet wahou » et de rendre encore plus méta un film qui l’est déjà pas mal. On ne t’en veut pas Colin, tu n’auras pas parfaitement réussi, mais tu auras le mérite d’avoir essayé, de nous avoir faire rire, et de nous avoir (un peu) émerveillés. Un film à voir et revoir, simplement sans trop se prendre la tête.

* Vous aurez remarqué une petite astérisque concernant le dénouement du film. Pour rappel, cette critique représente mon avis et pas l'avis global de toute la rédaction, dont certains ont trouvé le dénouement très cool, et d'autres absolument horrible. De mon point de vue, mon avis représente l'avis médian de la rédaction sur le film.


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