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Rumeur un Autre Jour #23 : le John Carter de Paramount

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ChroniquesLe 10 Jui
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Les écrits d'Edgar Rice Burroughs sont assurément l'un des plus gros legs de l'histoire de la science-fiction. Une œuvre centrale pour le genre, qui pourtant, a connu bien des déboires du côté de ses adaptations sur grand écran, en témoigne l'échec de Disney en mars 2012. Mais avant que l'entreprise aux grosses oreilles ne se casse sur les dents sur ce classique de la SF, John Carter était un projet pris dans une complexe gestation du côté du studio Paramount.

Introduction

Depuis les années 1930, les romans d'Edgar Rice Burroughs se sont vus dragués par Hollywood. En 1931, c'est le réalisateur des Looney Tunes, Bob Clampett, qui approche l'auteur pour lui parler d'un long-métrage animé. Un terrain d'entente sera trouvé, mais le projet finalement abandonné à la suite d'essais non concluants. Le bébé arrivera alors dans les mains de Disney, avec une première idée venue du cerveau de Ray Harryhausen, un animateur spécialiste du stop-motion et légende des props à Hollywood. Nous sommes alors dans les années 1950, mais il faudra attendre trente ans pour que le projet refasse surface chez Disney.

 

À l'époque, l'immense compagnie qui possède aujourd'hui Marvel et Star Wars envisage une adaptation cinématographie de John Carter comme le concurrent direct de la saga de Lucas, Burrougs ayant largement inspiré George Lucas. Une ironie de l'histoire qui aurait pu être réalisée par le légendaire John McTiernan, qui a tout simplement inventé le film d'action avec Die Hard ou Predator, et mettre en scène Tom Cruise, alors moins connu, dans le rôle principal. Mais le projet s'écroula comme un château de carte quand McTiernan quitta la pré-production, terrifié par l'idée de ne pouvoir rendre hommage aux écrits de Burrough faute d'effets spéciaux avancés. Malgré quelques déboires, les droits de John Carter reviennent donc à la famille de l'auteur, avant d'être remis sur le marché.

Genèse 

Paramount remporte alors le sésame face à Columbia Pictures, grâce à l'impulsion du producteur James Jacks, qui en lisant l'autobiographie de Harry Knowles, le légendaire créateur du site Ain't it Cool News (et bon ami du crew Tarantino), s'était rendu compte du potentiel de John Carter, que le proto-blogueur tenait en haute estime. Il va alors pousser le studio à embaucher Harry Knowles en tant que consultant (un premier indice quant à l'importance des fans à Hollywood), Robert Rodriguez en réalisateur et Mark Protosevich en scénariste - pour l'anecdote, on lui doit les premières histoires de Jurassic Park IV, traitées dans un autre Rumeur un Autre Jour

Le tournage est alors prévu pour 2005, juste après celui de Sin City, sachant que Robert Rodriguez compte utiliser les technologies développées pour l'adaptation des écrits de Miller pour John Carter. Mais le réalisateur mexicain se retrouve pris dans une drôle d'histoire : en ayant crédité Frank Miller en tant que co-réalisateur de son Sin City, il se voit exclu de la Directors Guild of America. Le geste d'amitié lui coûtera d'ailleurs très cher, puisque malgré ses idées - dont celle d'embaucher Frank Frazetta, l'illustrateur des romans John Carter - Paramount ne peut pas conserver Rodriguez au poste de réalisateur sans s'attirer les foudres de la puissantes guilde.

Rodriguez est alors remplacé par Kerry Conran, autre spécialiste des fonds-verts puisqu'on lui doit Captain Sky et le Monde de Demain, qui fait avancer le projet en lui trouvant un décor : le désert australien de Mad Max. Mais il quitte le navire pour des raisons inconnues. C'est au tour de Jon Favreau de récupérer le flambeau, et le réalisateur et son scénariste, Mark Fergus, conçoivent alors tout un projet d'adaptation ultra-fidèle. En effet, les premiers scripts faisaient état d'un John Carter modernisé, qui aurait été un soldat américain des années 2000, et non un officier confédéré en pleine Guerre Civile. Selon le futur réalisateur d'Iron Man, ce choix n'avait aucun sens et posait certains problèmes : comment un soldat moderne saurait se battre à l'épée, par exemple. Résultat, il envisage un film très proche de son inspiration, dans lequel les Barsoomiens auraient notamment culminé à près de 4 mètres de haut là où les versions précédentes les envisageaient à taille humaine.

Et finalement, tant mieux ou pas ?

Après des années de développement, Parmaount finira par dépoussiérer Star Trek plutôt que John Carter, qui reviendra à l'un de ses premiers amours, chez Disney. Un peu triste pour les écrits de Burroughs, qui de toute évidence méritent une belle adaptation. Mais même sur le papier, nous ne sommes pas passés à côté de grand chose. Les seules versions du métrage qui me rendent curieux sont celles de McTiernan, génie de la mise en scène de l'action et donc pré-destiné à ce genre d'exercice, et celle de Robert Rodriguez, qui outre ses délires fantasques, peut faire preuve d'une intelligence visuelle unique.

On pourra toujours rêver d'un John Carter à la Sin City, mais de toute évidence, cet univers n'est pas fait pour le trop plein d'effets numériques, on l'a bien vu avec le film d'Andrew Stanton, dans lequel Taylor Kitsch avait bien du mal à poser son regard sur les objets ou les personnages avec lesquels il interagissait. Assurément, John Carter reviendra tôt ou tard à Hollywood, en espérant que Star Wars ne le retienne pas trop longtemps écarté de Los Angeles, et que le prochain réalisateur à s'intéresser à ces romans amène un vrai projet autour de cet œuvre culte.


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