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Please Hollywood #27 : Comment rebooter Terminator ?

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DossierLe 06 Sep
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Après avoir trébuché au box-office américain et européen, Terminator Genisys se voit finalement sauvé par des scores honorables en Chine. Le pays, très friand en blockbuster, amène ainsi le film d'Alan Taylor vers les 400 millions de dollars récoltés, pour un budget estimé entre 155 et 170 millions de billets verts. Un score qui va forcément inciter le studio Paramount à envisager une voire plusieurs suites, qui avait déjà été annoncées dans le courant de l'année 2014, et qu'on croyait bien heureusement annulées.

Dans un geste de résistance ultime, nous essaierons ainsi, pour ce nouveau Please Hollywood, d'imaginer un reboot convenable de la licence Terminator, en nous intéressant comme toujours à la réalisation, au scénario, à la direction artistique et au casting.

Image de couverture par Ornicar

1. | Avant Propos

Chapitre I | Avant Propos

Ca n'aura échappé à personne, il est très difficile de prolonger la licence Terminator. Après un premier opus qui n'est finalement qu'une esquisse de l'univers qu'il inventera quelques années plus tard, James Cameron y était pourtant parvenu, en améliorant les concepts scénaristiques et visuels présents dans son premier métrage. L'inarrêtable T-800 avait ainsi laissé sa place à l'indestructible T-1000, par exemple.

 

Ont suivi l'horrible Terminator : Rise of the Machine, qui était un bon gros doigt au bon sens le plus commun, et le dispensable Terminator : Salvation, qui avec ses allures de spin-off (à mon sens réussi) était finalement loin d'être marquant. Deux tentatives, l'une presque parodique, l'autre thématique, de prolongement de la licence qui avait au moins le courage d'assumer leur orientation créative là où Genisys, leur successeur, se permet de piocher dans tout ce qui est à peu près cool dans l'univers Terminator, sans pour autant livrer un film ne serait-ce que correct. 

L'idée est ici de faire fi de ces trois essais, pour concevoir un vrai film Terminator, et pas un simple chapitre calqué sur la mythologie inventée, ou plagiée (selon les points de vue) par James Cameron.

2. | Scénario

Chapitre II | Scénario

Une fois n'est pas coutume, inventons un scénario exigeant pour la licence Terminator. En l'occurrence, celui-ci nous permettrait d'explorer les deux facettes de la saga, avec d'un côté, un futur en proie à une terrifiante guerre, et de l'autre, un passé, ou plutôt un présent qui voit l'avènement de Skynet.

L'intrigue serait ainsi divisée en deux univers distincts, l'un mettant en scène une Sarah Connor un peu perdue, élevant seul son fils, John, âgé d'une quinzaine d'années. Un adolescent solitaire et fasciné par la technologie, qui a bien du mal à comprendre la méfiance de sa mère, ancienne militaire, et à compenser l'absence de son père, qu'il a à peine connu. 

L'autre verrait John Connor, alors âgé d'une trentaine d'années, lutter pour sa place au sein de la résistance, retranchée dans une forteresse de fortune suites aux multiples assauts de Skynet. Malgré ses détracteurs et le désaveu de ses supérieurs, il conduira une poignée de fidèle dans une opération visant à détruire l'intelligence artificielle derrière les hordes de machines. 

3. | Direction Artistique

Chapitre III | Direction Artistique

L'originalité et l'intérêt de ce nouveau reboot Terminator serait ainsi de proposer un montage parallèle. Ce procédé bien connu des cinéphiles fait se répondre deux époques ou deux lieux, qui proposent une similarité de plans ou de symboliques. Un terme et une description bien compliqués qu'on peut simplifier avec quelques exemples, l'un des meilleurs restant celui d'Inception, de Christopher Nolan

Mais dans le cas de notre reboot, le montage fonctionnerait d'avantage comme celui de Cloud Atlas, l'excellent films des Wachowski et de Tom Tykwer. Dans ce métrage, on retrouve en effet une rare fluidité entre des époques et des lieux n'ayant a priori rien à voir entre eux, mais dont la proximité visuelle et scénaristique sert à faire avancer à l'intrigue. Pour faire simple (surtout si vous n'avez pas vu le film) cela signifie, par exemple, que si un objet est perdu dans une époque A, un objet différent sera retrouvé dans une époque B. Ou encore, que si l'époque A se termine sur la fermeture d'une porte, l'époque B débutera avec l'ouverture d'une porte. Des procédés de parallélismes qui donneront tout de suite une certaine saveur au film, tout en appuyant la valeur de temps, centrale dans un film qui voyage entre les époques comme Terminator. 

Cela ne veut pas dire que les deux époques raconteront la même historie pour autant. Bien au contraire. Visuellement déjà, on pourra distinguer les timelines par des lumières et des ambiances très différentes, tant qu'elles se répondent ou se complètent. De la même manière, si John Connor, enfant, sera le chassé dans le présent, il deviendra le chasseur dans le futur, et ainsi de suite. Un bon moyen de créer un film cohérent sur les voyages dans le temps sans avoir l'impression de voir deux moyens-métrages additionnés l'un à l'autre.

4. | Réalisation

Chapitre IV | Réalisation

Pour réaliser un Terminator digne de ce nom, vous avez besoin d'un metteur en scène qui a un certain sens de l'image, qui connaît bien le genre de la science-fiction, et un familier des effets spéciaux voire des gros budgets, en gros. Toutes ces qualités sont concentrées dans Alfonso  Cuarón, le réalisateur mexicain que l'on connaît pour Children of Men, Gravity ou encore Harry Potter and the Prisoner of Azkaban.

 

Une filmographie plus ou moins mainsteam mais bel et bien teintée de science-fiction, qui par ailleurs, est dotée d'une solide prouesse technique en la personne de Gravity. Si le réalisateur parvient à rendre l'espace aussi réel, il pourra en faire autant du futur. 

De plus, Cuarón est renommé pour son utilisation récurrente et maîtrisée du plan séquence, qui vise à filmer une scène d'un seul point de vue, qui suivra l'action. C'est un procédé qui est absolument parfait quand il s'agit de donner une impression de progression, par exemple sur un petit groupe de soldats affrontant des machines dans une cité en ruines. De manière plus générale, le savoir faire technique de Cuarón fait de lui un candidat parfait pour un métrage dont l'autorité suprême serait le montage parallèle.

5. | Casting

Chapitre V | Casting

• Sarah Connor - Jessica Chastain

 

Faut-il aller plus loin dans l'argumentation ? Jessica Chastain est l'une des actrices les plus talentueuses de sa génération. Engagée dans le choix de ces personnages, elle n'aurait sans doute aucun mal à se glisser sous la peau d'une Sarah Connor nouvelle génération, fière et solide, bien loin de la jeune fille capricieuse campée par Emilia Clarke dans Terminator : Genisys.

• John Connor (jeune) - Kodi Smit-McPhee

 

Je l'ai découvert dans The Road, et depuis, Kodi Smit-McPhee ne cesse de me bluffer. Derrière une bouille immédiatement reconnaissable se cache un acteur qui progresse à une vitesse folle, en témoigne sa récurrence dans les franchises (La Planète des Singes, X-Men) et son succès du côté des productions plus indépendantes, comme récemment, Slow West de John Maclean, aux côtés de pointures comme Michael Fassbender et Ben Mendelsohn. Charismatique et doué, le prince des rebelles en devenir, en somme.

• John Connor (adulte) - Joseph Gordon-Levitt

 

Du haut de ses 34 ans, Joseph Gordon-Levitt peut déjà se venter d'une belle carrière devant et même derrière la caméra. Interprète plutôt complet, il serait tout à fait capable de donner vie à un John Connor encore loin de son image de prophète. Dans The Dark Knight Rises, d'ailleurs, il menait fièrement des groupes de résistants et ou de survivants avec un soupçon de faiblesse, histoire d'attirer notre sympathie. Le parfait leader en proie aux doutes, amené à devenir quelque chose qui le dépasse. Avec un tel acteur à notre disposition, on pourrait d'ailleurs faire du personnage de Connor une figure de propagande complexe, idée qui était simplement effleurée dans Terminator : Salvation.

• Terminator (vilain) : Walton Goggins

 

Pour dépoussiérer la licence Terminator, il faut aussi s'éloigner de ses canons. En reprenant Arnold Schwarzenegger, Genisys tentait de surfer sur une certaine nostalgie. Au lieu de cela, l'aspect désuet du Terminator campé par un bodybuilder nous a sauté aux yeux. Laissons à Arnie ce qui lui appartient, et cherchons un nouvel univers pour l'antagoniste du film, qui pourrait être interprété par Walton Goggins. Redécouvert après son passage chez Tarantino dans Django Unchained, l'acteur pourrait mettre toute sa science du jeu inquiétant au service d'un étrange tueur robotique. Il suffit de jeter un coup d'œil au récent American Ultra pour s'en convaincre ! 

• Terminator (allié) : Tilda Swinton

 

Il y aurait cent raison de faire du gentil Terminator une femme. Ne serait-ce que pour casser les codes et effacer cette horreur de T-X venu de Terminator : Rise of the Machines. L'idée a déjà été explorée dans The Sarah Connor Chronicles, et il serait intéressant de la voir se tailler un chemin vers le grand écran et sous la peau d'une actrice aussi talentueuse que Tilda Swinton, tout à fait capable d'offrir le jeu inexpressif si caractéristique du T-800 reprogrammé.

• Skynet : Morgan Freeman 

Morgan Freeman pour un casting vocal, rien de bien original. Sa voix calme est sans aucun doute l'une des meilleurs narratrices d'Hollywood. Mais donnez là à une figure du mal comme Skynet, et vous obtenez un trouble mélange, quelque part entre Bruce Almighty, HAL de 2001 : A Space Odyssey et la sympathie de Siri. Un pied de nez aux différentes voix déjà utilisées par Skynet, souvent féminines ou simplement diaboliques.

Chapitre I | Avant Propos

Ca n'aura échappé à personne, il est très difficile de prolonger la licence Terminator. Après un premier opus qui n'est finalement qu'une esquisse de l'univers qu'il inventera quelques années plus tard, James Cameron y était pourtant parvenu, en améliorant les concepts scénaristiques et visuels présents dans son premier métrage. L'inarrêtable T-800 avait ainsi laissé sa place à l'indestructible T-1000, par exemple.

 

Ont suivi l'horrible Terminator : Rise of the Machine, qui était un bon gros doigt au bon sens le plus commun, et le dispensable Terminator : Salvation, qui avec ses allures de spin-off (à mon sens réussi) était finalement loin d'être marquant. Deux tentatives, l'une presque parodique, l'autre thématique, de prolongement de la licence qui avait au moins le courage d'assumer leur orientation créative là où Genisys, leur successeur, se permet de piocher dans tout ce qui est à peu près cool dans l'univers Terminator, sans pour autant livrer un film ne serait-ce que correct. 

L'idée est ici de faire fi de ces trois essais, pour concevoir un vrai film Terminator, et pas un simple chapitre calqué sur la mythologie inventée, ou plagiée (selon les points de vue) par James Cameron.



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