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Les Nefs de Pangée, la critique

3
ReviewLe 07 Oct
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8 /10
On a aimé
• La richesse de l'univers
• Les enjeux du récit.
• Le twist qui conduit à reconsidérer tout le livre.
• Le style de l'auteur
On a moins aimé
• Des personnages archétypaux
• Un premier tiers moins rythmé que la suite.

Pour sa rentrée littéraire, les éditions Mnémos proposent un livre monumental fruit de la plume de Christian Chavassieux, Les Nefs de Pangée. Un roman qui nous met au défi de lui trouver un adjectif à sa mesure. L’éditeur invente même un sous-genre propre à cette œuvre, car elle se dérobe à toutes les étiquettes. Il le qualifie de « fantasy opéra ». Si le terme opéra peut convenir avec l’idée de spectacle total qui se révèle au fil des pages, l’appellation fantasy par contre se montre insatisfaisante, même s’il utilise l’un de ses tropes, le voyage initiatique. L’histoire ne s’incline pas sous le patronage de Tolkien ou de Robert Jordan. Christian Chavassieux va trouver son souffle chez Herman Melville, Victor Hugo ou Cécil B. Demille qu’il cite dans ses remerciements. L’énergie de son récit provient de ces grandes figures dont la vitalité irrigue ces lignes et nous offre une œuvre originale.

Pangée est la scène de notre histoire, un continent unique, où toutes les nations qui se côtoient vivent autour d’une seule obsession, la chasse à l’Odalim, un monstre marin légendaire. Le succès ou l’échec de cette chasse servira de présage pour la génération à venir. L’histoire commence sous de mauvais auspices, la neuvième expédition s’est soldée par un échec. Logal, le deuxième fils de la famille la plus puissante du continent va devoir mettre en branle la dixième chasse pour éviter l’embrasement des nations. Pour cela, il va convoquer la plus grande flotte de navire jamais réalisée jusque là. Son frère aîné, Plairil, le préféré de la famille nourrit d’autres ambitions que de satisfaire à une tradition éculée. Il a un projet pour Pangée.

 

Si cette dualité entre la vision des deux frères articule le début du récit, d’autres intrigues vont venir l’étoffer. Pour faire simple, le livre est construit en trois temps majeurs : la préparation de la dixième chasse, la traque à l’Odalim et ses conséquences. Ce découpage est bien évidemment réducteur tant le récit fourmille d’une richesse incommensurable. Le premier temps est certes le plus faible à cause de la lenteur de son intrigue, mais il permet surtout de nous familiariser avec l’univers et ses codes. L’auteur invente tout un vocabulaire exotique pour créer le décalage avec notre réel. Cette langueur n’est pas rebutante tant la puissance de l’histoire transpire déjà. Le récit nécessite cette mise en place pour bien montrer tous les enjeux et offrir ensuite des scènes d’une rare intensité. La chasse à l’Odalim offre un spectacle à la démesure de l’ambition du livre. Les tempêtes que traversent les nefs, par exemple, secouent autant le lecteur que les personnages, par la beauté de la plume de son auteur.

Le récit de Christian Chavassieux nous offre des passages très forts sans nuire à la fluidité de l’histoire qui se lit sans peine. Le principal défaut que l’on peut formuler est malheureusement inhérent à la forme choisie pour son récit : la chronique. Les personnages sont campés à travers des archétypes, il y a le traitre, le héros, l’idéaliste, etc. À l’instar de La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, la fonction fait le personnage et l’évolution à l’intérieur du récit ne se réalise que dans les limites de cette fonction. Les personnages ne sont que les véhicules d’un récit qui les dépasse. Pour autant, il possède suffisamment de corps pour que l’on ressente de l’empathie pour eux.

Cet usage des archétypes crée un sentiment de confort chez le lecteur qui se laisse bercer par le fil du récit comme dans un cocon douillet. L’auteur le sait et joue avec lui pour créer une révélation au deux tiers du livre qui oblige à reconsidérer toute l’histoire que l’on vient de suivre. Le choc éprouvé crée un moment de suspension où les bras ballants il ne nous reste plus qu’à louer toute la virtuosité de son auteur.

Christian Chavassieux manœuvre ses lecteurs avec dextérité sans pour autant tomber dans le syndrome du page turner. Il laisse le temps à son histoire de s’installer, même si l’on peut reprocher à ses personnages de manquer un peu de chair, Les Nefs de Pangée nous offrent une aventure à la hauteur du continent qui lui sert de scène, gigantesque.


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