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Dossier : imaginons Star Wars VIII

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DossierLe 14 Fev
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Pour notre nouvel opus de Please Hollywood, et le premier de cette année 2016, nous nous exercerons sur une épreuve ludique : celle d'imaginer ce que sera le huitième épisode de Star Wars, bien avant l'apparition de toutes informations officielles. La nouvelle date de sortie du film, dorénavant prévu pour décembre 2017, nous permettra d'ailleurs de ne pas trop être influencés par les différentes rumeurs circulant quant au projet de Rian Johnson.

Mais comme on peut s'y attendre, je considère bien sûr les événements de The Force Awakens comme acquis, pour les développer dans une direction qui me semble être pertinente après un opus certes réussi, mais carrément nostalgique. Attention aux spoilers pour ceux qui n'auraient pas encore vu le film de J.J.Abrams, donc.

1. | Avant-Propos

Chapitre I | Avant-Propos

Le remakequel est une recette que ratent beaucoup de cuisiniers / réalisateurs. Il faut dire que celle-ci est périlleuse. Une goutte de nostalgie de trop, un manque d'originalité trop criant, et le studio oublie son rêve le plus fou : celui de satisfaire des générations de fans déjà acquises tout en attirant de nouveaux spectateurs dans les salles.

Ça n'engage que moi mais je crois que l'année dernière, Jurassic World nous a proposé la version fast-food de cette recette, Terminator : Genisys, quand The Force Awakens a proposé la formule d'un bon petit resto qu'on se réjouit d'avoir découvert, ou que l'on se félicite de reconnaître. 

Maintenant, on ne mange pas toujours la même chose, et les spectateurs les plus exigeants sont déjà sur leur faim. Il serait de bon ton, pour Star Wars, d'embrayer. De pimenter la recette, maintenant que la légitimité de la saga (dans son ère Disney) est installée, et que les nouveaux personnages sont en place. À ce titre, Rian Johnson récupère un bébé complexe, nostalgique, doux et drôle, mais comme tous les autres, pour le mener vers l'adolescence voire jusqu'à l'âge adulte, il lui faudra jongler avec un univers plus gris. C'est ce que semblait annoncer le texte défilant de The Force Awakens, et c'est désormais chose acquise avec la destruction de la capitale de la Nouvelle République, le système Hosnian, comme celle de la base Starkiller. La galaxie est en proie au chaos, aussi bien politiquement que métaphysiquement - puisque les côté clair et obscur de la Force vivent plus que jamais dans les cœurs de Rey et Kylo Ren - et nous entrons donc dans un Star Wars fait d'ambitions et de révélations.

Image de couverture

2. | Scénario

Chapitre II | Scénario

Puisque tout Star Wars commence par un texte défilant, pas de raison pour nous de faire autrement, même si je développerai mes idées dans le détail un peu plus bas. À noter que J.J.Abrams a expliqué, il y a quelques semaines, que le temps qui sépare les films Star Wars entre eux est également le temps qui s'écoule dans l'univers imaginé par George Lucas. Ce huitième opus se déroule donc deux ans après les événements de The Force Awakens.

Texte déroulant

Il y a bien longtemps, dans une galaxie
lointaine, très lointaine....

Episode VIII

The Last Command

La galaxie est en proie au chaos. Après la destruction de la base STARKILLER, les troupes du PREMIER ORDRE ont jailli de la bordure extérieure, dans l'espoir de dérober des systèmes aux restes de la REPUBLIQUE.

Face à cette débâcle, la générale LEIA ORGANA doit répondre des actes de la RESISTANCE devant les derniers représentants de la république, menée par l'AMIRAL RENDAR.

Le jeune KYLO REN, investi de nouveaux pouvoirs, profite de la confusion pour lâcher ses chevaliers sur les traces de l'ordre Jedi avorté de LUKE SKYWALKER, qui depuis peu, doit former une nouvelle apprentie....

L'intrigue détaillée 

En discutant dans des soirées arrosées ou lors de débats endiablés, j'ai pu me rendre compte que tous les spectateurs, qu'ils aient apprécié ou non le film de J.J.Abrams, se sont posés quelques questions sur l'aspect géo-politique de cette nouvelle trilogie. Et si d'un côté, je comprends le choix du réalisateur, qui s'est éloigné le plus possible de ces questions - généralement associées à la prélogie - de l'autre, il faut reconnaître que s'il n'est pas explicité, ce contexte s'avère très bancal. Il jouait essentiellement sur nos souvenirs ou ce qu'on peut imaginer d'un univers comme Star Wars - quand on ne le connaît pas - ce qui suffit sans doute pour une introduction, mais pas pour une suite. Après tout, la géo-politique des choses était légèrement abordée dans la trilogie originale, et l'Empire Contre-Attaque nous révélait par exemple la hiérarchie impériale ou les besoins pour l'Alliance Rebelle de trouver une base dans un système neutre.

Il faudrait donc, sans tomber dans les travers de la prélogie, que ce huitième Star Wars nous détaille un peu plus l'état de sa galaxie. Et pour se faire, rien de tel que d'impliquer un protagoniste. Un personnage s'attire en effet bien plus facilement la sympathie et l'intérêt du spectateur. Plus qu'une idée (l'armée de la République, par exemple) ou une notion (la motion de censure dans La Menace Fantôme) en tous cas. À ce titre, je ferais avancer une partie du film avec le personnage de Leia (Carrie Fisher), qui se voit convoquée par les restes de la fameuse flotte de la Nouvelle République, pour répondre des actes de la Résistance lors des mois ou des années séparant The Force Awakens de ce nouveau Star Wars. On l'apprend dans des produits dérivés du film de J.J.Abrams, la générale menait après tout une armée privée, et la destruction du système Hosnian suscitera quelques inquiétudes. De même que le lien filial entre Leia et un certain Ben Solo, que j'imagine être révélé au grand jour.

Pendant ce temps, aux frontières de feu la République, gouvernée tant bien que mal par ses survivants, c'est la guerre. Des sympathisants impériaux se réveillent ou apparaissent, des régimes sont en proie à des conflits civils, et les forces du général Hux grignotent tranquillement des territoires. A ce titre, le premier acte du film reposera, comme dans le cas de l'Empire Contre-Attaque, sur une large bataille. Ici, je verrais bien Poe Dameron (Oscar Isaac) et Finn (John Boyega), devenu un précieux officier de la Résistance (grâce à ses connaissances sur le First Order) organiser les défenses d'une planète face aux néo-impériaux. On retrouverait alors Phasma (Gwendoline Christie), enfin badass dans une sorte de guerre de tranchée qui ferait écho à la bataille de Hoth

Du côté de nos amis Force sensitive, on partirait sur un double training montage. L'idée serait de commencer par l'entraînement de Rey (Daisy Ridley) par Luke (Mark Hamill), avec en miroir, celui de Kylo Ren (Adam Driver). Une technique de montage inhabituelle pour Star Wars, mais qui pourrait trouver sa place grâce aux soins de Rian Johnson (cf la partie réalisation). Et progressivement, nous glisserions du côté obscur avec un focus sur l'entraînement de Kylo Ren par Snoke (Andy Serkis). Je crois que nous avons déjà compris comment les Jedi se forment aux arts de la Force, et qu'il serait donc plus intriguant de découvrir les voies du côté obscur. Sachant que Snoke agiterait une carotte devant le nez de ce bon Ben Solo : la vengeance.  Et pour le travailler au corps, l'adepte du côté obscur le nargue même en envoyant ses propres Knights of Ren sur la piste de Luke et de ses anciens apprentis.

L'intrigue convergerait de la manière suivante : la traque des Ren et l'entraînement sur le terrain de Rey par Luke les conduiraient à se rencontrer une première fois. Mais pas nécessairement près du groupe de Leia, qui pourrait évoluer un temps  toute seule pour mieux rejoindre le groupe, peut-être par l'intermédiaire d'une proche de Luke. Une ancienne élève, une vieille connaissance ? Les propositions sont ouvertes - l'une des grandes réussites de The Force Awakens est de ne pas nous donner toutes les réponses dès le départ. Et j'imagine assez bien Johnson ramener une nouvelle part de mystère alors que se dévoilent ceux introduits par J.J.Abrams.

Dernier ajout pour la route : il serait sans doute intéressant d'observer Chewbacca dans une quête de vengeance. Il y a, assurément, une scène forte en émotions à réaliser avec la rivalité brutale entre les deux personnages, qui ont du se côtoyer pendant bien des années avant cela... Et il serait dommage de laisser Chewie sur le banc de touche de l'éternel sidekick, par ailleurs.

3. | Direction Artistique / Mise en scène

Chapitre III | Direction Artistique / Mise en scène

Si j'apprécie honnêtement le film de J.J.Abrams et le style du réalisateur, The Force Awakens a campé sur la nostalgie : techniquement, ses environnements étaient nouveaux, mais aussi terriblement familiers. Et il convient de balayer ce constat d'un revers de la main, pour laisser la place à quelque chose de plus frais. Comme je l'expliquais dans un édito sur les films "qui parlent d'eux-mêmes", les Remakequels ne peuvent pas éternellement regarder en arrière. Et au contraire, après un dernier coup d'œil au dessus de l'épaule, leurs suites doivent embrayer sur une véritable originalité.

En l'occurrence, l'Empire Contre-Attaque proposait des environnements peut-être un peu plus originaux que ceux d'Un Nouvel Espoir. Et on en attend au moins autant de ce huitième épisode de Star Wars. Personnellement, je serais ravi de voir Sullust faire son entrée dans les décors filmiques de la saga (même si la production se dirigerait plutôt vers la Croatie et la ville fortifiée de Dubrovnik, aux dernières nouvelles). La planète, industrialisée, pourrait être convoitée par les Néo-Impériaux, et Poe, Finn et Nien Nunb la défendrait dans le premier acte du film, par exemple. Ses étendues volcaniques, inspirées par l'Islande, seraient légèrement plus originales qu'une nouvelle planète glacée, désertique ou forestière. Qui plus est, voir la planète faire son apparition dans un film après avoir régalé les joueurs de Battlefront aurait quelque chose de grisant. Le bon goût de la création d'un vaste univers en 2016, qui sait.

Mais l'originalité ne passera pas uniquement par un défilé de nouvelles planètes, vaisseaux, espèces et véhicules. The Force Awakens avait le mérite de bousculer quelques standard de la direction artistique de Star Wars, notamment avec des mouvements de caméras plus souples ou techniques - la rotation autour du cockpit du TIE, par exemple - et il faut vraiment que ce huitième épisode poursuive dans cette voie. Si ces choix artistiques ne sont pas visibles de tous les spectateurs, ils participent à mon sens au dépoussiérage général, pour nous donner de vraies expériences de visionnage, qui dépassent le simple cadre de Star Wars et de notre amour pour la saga. Aussi aimerais-je voir un Rian Johnson très en forme, lui qui nous régalait déjà dans ses superbes épisodes de Breaking Bad.

Tenter de montrer, dans un montage parallèle, l'entraînement de Rey et de Kylo (dans la veine de la vidéo ci-dessous) serait par exemple un bon moyen de bousculer les codes de la narration à la Star Wars, sans nuire à l'histoire et aux personnages, bien au contraire. Enfin, puisque je considère volontiers Star Wars comme un Western, j'attends de Johnson une réalisation considérablement inspirée des films fascinés par l'ouest américain. Son Looper et ses deux derniers épisodes de Breaking Bad faisaient déjà honneur au genre, et la saga se prête assurément à un métissage qui irait dans ce sens.

 

4. | Casting

Chapitre IV | Casting

• Benicio del Toro - Amiral Rendar

Ne vous faîtes pas avoir par le nom. Je n'ai nullement l'intention de faire revenir la famille Rendar sur le devant de la scène dans un élan de fanboyisme pur. Simplement, n'ayant pas trouvé de nom pour le personnage, j'ai pris le premier qui me venait à l'esprit. Revenons à nos moutons : j'ai choisi Del Toro pour incarner cet Amiral, que j'imagine comme une réminiscence d'un autre officier de la flotte, Thrawn.


Après tout, Lucasfilm ne se prive pas de piller dans l'ancien univers étendu pour en réinterpréter les meilleurs éléments. Et quoi de mieux que l'archétype du militaire ambitieux pour donner une menace un peu moins manichéenne à ce huitième épisode ? Avec le charisme froid qu'il déployait dans Sicario, je n'ai aucun doute sur les capacités de Del Toro à incarner ce personnage ambigu, dans la veine d'un Lando. Par ailleurs, rappelons que l'acteur mexicain a déjà expliqué qu'il ne jouait pas un vilain dans le film de Rian Johnson.

• Doona Bae - Ancienne Padawan ?

Les dernières rumeurs sur le casting de Star Wars VIII font état d'une actrice asiatique. Et en l'occurrence, j'ai toujours été très impressionné par le jeu de Doona Bae, actrice coréenne connue pour ses rôles dans The Host ou Cloud Atlas. Pour les besoins de ce huitième opus, elle incarnerait un personnage faisant les ponts entre les différents groupes des personnages que nous a laissé J.J.Abrams à la fin de The Force Awakens.

C'est un peu gros, mais on pourrait ainsi imaginer qu'elle aie suivi l'entraînement de Luke afin de connecter les différentes sphères de l'histoire entre-elles. De toute évidence, l'un des nouveaux personnages de cet opus remplira son rôle, et j'imagine assez mal Del Toro endosser cette part du contrat. D'où l'ajout d'un autre protagoniste. Mais gageons que Johnson trouvera une explication plus subtile pour son scénario. 

• Iko Uwais, Yaya Ruhian et Cecep Arif - Knights of Ren

A mon sens, les Kinghts of Ren ont été sous-estimé dans The Force Awakens. Mais faire de leur traque d'anciens Jedi un élément narratif les mettra forcément sur le devant de la scène. S'ils sont déjà apparus dans l'épisode précédent pour incarner les hommes du Kanjiklub, j'imagine assez bien les trois acteurs de The Raid dissimuler leurs visages sous les tenues des Ren. Selon moi, il l'ont déjà fait pour les besoins de l'hallucination de Rey, et j'ai très envie de les voir poursuivre dans cette direction, pour l'apport technique et martial qu'ils offrir apporter à la saga Star Wars. Pour vous en convaincre, visionnez plutôt la vidéo ci-dessous :

Chapitre I | Avant-Propos

Le remakequel est une recette que ratent beaucoup de cuisiniers / réalisateurs. Il faut dire que celle-ci est périlleuse. Une goutte de nostalgie de trop, un manque d'originalité trop criant, et le studio oublie son rêve le plus fou : celui de satisfaire des générations de fans déjà acquises tout en attirant de nouveaux spectateurs dans les salles.

Ça n'engage que moi mais je crois que l'année dernière, Jurassic World nous a proposé la version fast-food de cette recette, Terminator : Genisys, quand The Force Awakens a proposé la formule d'un bon petit resto qu'on se réjouit d'avoir découvert, ou que l'on se félicite de reconnaître. 

Maintenant, on ne mange pas toujours la même chose, et les spectateurs les plus exigeants sont déjà sur leur faim. Il serait de bon ton, pour Star Wars, d'embrayer. De pimenter la recette, maintenant que la légitimité de la saga (dans son ère Disney) est installée, et que les nouveaux personnages sont en place. À ce titre, Rian Johnson récupère un bébé complexe, nostalgique, doux et drôle, mais comme tous les autres, pour le mener vers l'adolescence voire jusqu'à l'âge adulte, il lui faudra jongler avec un univers plus gris. C'est ce que semblait annoncer le texte défilant de The Force Awakens, et c'est désormais chose acquise avec la destruction de la capitale de la Nouvelle République, le système Hosnian, comme celle de la base Starkiller. La galaxie est en proie au chaos, aussi bien politiquement que métaphysiquement - puisque les côté clair et obscur de la Force vivent plus que jamais dans les cœurs de Rey et Kylo Ren - et nous entrons donc dans un Star Wars fait d'ambitions et de révélations.

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