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Le Nexus du Docteur Erdmann, la critique

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ReviewLe 26 Jan
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7 /10
On a aimé
• Une histoire intelligente sur la vieillesse
• La capacité de l'auteur à aborder des éléments scientifiques sans perdre son lecteur
• Les personnages sont tous attachants
On a moins aimé
• Certains personnages sont stéréotypés

Pour fêter ses vingt ans, les éditions du Bélial’ ont décidé de lancer une nouvelle collection de livres faisant la part belle à la novella, un format de roman plutôt sous représenté en France. La novella se situe entre le roman dans sa longueur classique et la nouvelle. Cette taille autorise, bien souvent, aux auteurs de garder l’aspect percutant de la nouvelle tout en leur permettant de mieux déployer leurs personnages et leurs intrigues.

Avant de parler du livre en tant que tel, il faut évoquer la qualité de l’objet. Pour cette collection, les éditions du Bélial’ proposent des couvertures avec une identité graphique forte, fruit d’Aurélien Police. On retrouve la patte de l’illustrateur qui offre un bel écrin pour des romans qui ne dépassent pas dix euros.

La novella qui accompagne le début de cette nouvelle aventure éditoriale est celle de Nancy Kress, Le Nexus du docteur Erdmann, couronné aux États-Unis pas le prestigieux prix Hugo en 2009.

Le docteur Erdmann est un physicien retraité de quatre-vingt-dix ans qui partage sa vie entre son petit appartement de la résidence médicalisée et l’université dans laquelle il enseigne. Si l’âge a dégradé son corps, son esprit reste toujours clairvoyant, mais une succession de malaises étranges vont le frapper. Peu à peu, il découvre que les autres résidents de la maison de retraite ont éprouvé la même expérience que lui, au même moment.

Le mystère qui entoure ces malaises sert avant tout à Nancy Kress à dresser le portrait de personnages plus ou moins réussis. Les plus aboutis sont les pensionnaires de la maison de retraite que l’on croise tour à tour au fil du récit. Ils sont tous touchants à leur manière. Il y a ceux qui sont attachés à leur gloire passée comme la danseuse alitée à cause d’une jambe cassée et bien sûr le docteur Erdmann, ancien physicien de premier ordre qui partage ses connaissances avec ses étudiants. On trouve aussi ceux qui habitent encore pleinement le présent comme la commère qui occupe son temps à colporter le moindre ragot ou le vieil homme qui se comporte comme un adolescent énamouré auprès de la danseuse. Chacun de ces personnages est bien campé, l’écrivaine leur insuffle ce supplément de vie à travers sa prose qui les fait sonner juste. À l’opposé du spectre, on découvre des protagonistes dont les fondations sont percluses de clichés, la belle aide-soignante un peu idiote qui tombe toujours amoureuse du mauvais homme ou le policier à l’intuition infaillible. Leur présence ne nuit pas à l’alchimie de l’histoire, car malgré leur caractère convenu, l’auteur leur propose suffisamment de matière pour les rendre intéressants.

Le seul élément de science-fiction se résume au mystère qui entoure les malaises, l’enjeu de la novella est avant tout de parler de la vieillesse. Nancy Kress n’abime pas son propos dans le cliché du naufrage de l’âge. Ses vieillards sont mus par un élan vital et sont projetés au milieu d’une intrigue cosmique qui malheureusement s’avère assez secondaire au bout du compte. En dépit de ces défauts mineurs, le Nexus du docteur Erdmann reste une histoire agréable qui déborde d’humanité.

(Nancy Kress, Le Nexus du docteur Erdmann, Éditions du Bélial’, Collection Une Heure Lumière, janvier 2016, 160 pages, 9,90 €)

Galerie Photo Le Nexus du Docteur Erdmann, la critique

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