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Tschaï, la critique

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ReviewLe 02 Jui
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9 /10
On a aimé
• Un héros charismatique
• Une narration dynamique
• Un univers fouillé
• Du "sense of wonder" à l'état pur
On a moins aimé
• Certains archaïsmes idéologiques

En quatre livres, le cycle de Tschaï de Jack Vance est devenu une des références absolues du genre. Ce classique cristallise et magnifie tout un héritage de la science-fiction d’aventure qui va de John Carter d’Edgar Rice Burroughs à Flash Gordon et ensemence toutes les productions artistiques qui l’ont suivi. Malgré les quelques archaïsmes dont il souffre, il reste un incontournable que les éditions J’ai Lu republient dans un omnibus accompagné d’une couverture inédite et d’une préface de Caza, illustrateur dont le nom est en France associé à ce titre, pour avoir su à merveille poser une image sur cet univers.

Un vaisseau spatial s’écrase sur Tschaï. Adam Reith, l’unique survivant de ce vol, cherchera à regagner la Terre, par tous les moyens. Au cours de ses pérégrinations, il sera confronté à une planète sous la coupe de quatre races extraterrestres : les Chaschs, les Wankhs, les Dirdirs et les Pnumes.

Cette œuvre repose sur l’intrigue classique de L’Odyssée : un personnage veut à tout prix retourner chez lui. Derrière cette apparente simplicité, on découvre que l’aventure, plutôt que de se délayer dans une errance insipide, possède un moteur puissant grâce au charisme d’Adam Reith, le héros, dont le magnétisme le rapproche des figures comme Ulysse, Corto Maltese ou Han Solo. Pourtant, il ne se réduit pas à sa volonté indéboulonnable qui confine à l’obsession de revenir sur Terre. D’autres composants de sa personnalité font de lui un être fascinant, notamment son détachement face à l’adversité. Il a toujours la bonne attitude, la bonne réponse, en toute occasion. Sa détermination sans failles le pousse constamment de l’avant et entraine avec lui une myriade de personnages dans son sillage.

De la première à la dernière ligne, ce livre propose une aventure haletante. Les quatre races extraterrestres, les paysages incroyables, tous ces éléments concourent à plonger le lecteur dans un univers riche, vivant et exotique. À travers une mise en place rapide et efficace, l’action s’enchaîne avec fluidité, sans ressentir le moindre temps mort. Loin de se contenter d’offrir un moment de dépaysement au milieu d’une terre hostile, on trouve aussi une réflexion sur l’homme, par touche, légère. Chaque rencontre que fait Reith est un moyen d’interroger les liens sociaux qui maintiennent les êtres entre eux. L’auteur ne s’attarde jamais sur ses sujets, il laisse l’histoire primer avant tout. Le seul écueil dont souffre ce roman provient de sa manière dont transpire des considérations au relents machistes et bien pensant propre aux idéaux qui avaient court dans l’Amérique des années 60, époque de sa rédaction.

Le cycle de Tschaï mérite son statut d’œuvre culte de la science-fiction et de maître étalon du Planet Opera. La richesse de l’univers élaboré par Jack Vance accompagné par un style fluide ne laisse pas de place à l’ennui. Ces quatre livres réunis sous une même couverture restent le porte-étendard du « sense of wonder ».

(Jack Vance, Tschaï, Traduit par Michel Deutsch et révisé par Sébastien Guillot, Éditions J’ai Lu, Collection Nouveaux Millénaires, mars 2016, 795 pages, 25 €)

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