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Retour sur trois jours de Star Wars Celebration

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ChroniquesLe 19 Jui
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Il y a quelques années, l'adolescent que j'étais, celui qui grignotait la moindre info' cachée dans un Lucasfilm magazine et en découpait les images les plus belles pour en faire des posters, fantasmait sur la Star Wars Celebration. 

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Depuis 1999, le rendez-vous annuel des fans de Star Wars me met les étoiles plein les yeux, mais j'ai dû attendre l'édition 2016 de l'événement - la troisième depuis le rachat de Lucasfilm par Disney - pour sauter le grand bain, dans lequel j'ai pu croiser des milliers de passionnés, assister à des dizaines de panels et toucher du doigt les futures sorties de ce formidable univers. Retour, le plus complet possible, sur trois jours de folie, dans tous les sens du terme.

Organisation en bêton, showfloor en sable

J'étais sur place dès le 14 juillet dernier, fête nationale hélas endeuillée cette année. On notera d'ailleurs que de Gwendoline Christie (qui servait de modérateur au panel Rogue One) aux fans ayant pu m'adresser la parole lors de longues files d'attente, toute la Celebration s'est montrée solidaire avec les français. Une sollicitude qui, associée à la qualité de l'organisation, fait à peu près toute la différence dans un salon accueillant au tant de monde que cette version européenne de la Star Wars Celebration. Si on notera toujours quelques couacs pour récupérer du merchandising officiel ou une photo avec un acteur aussi occupé que Mark Hamill, dans l'ensemble, le staff - pas du tout avare en sourire - fournissait un travail remarquable, l'événement était de toute façon fondé sur une logistique très solide.

Une forme de professionnalisme qui jure finalement avec les activités et stands proposés sur le showfloor. Assez petit (bien plus qu'une Japan Expo, à titre d'exemple), l'espace réservé à la convention est constitué de deux longs hangars rectangulaires, séparé par un food court aux allures de centre commercial. Pratique pour se restaurer et prendre une pause, mais pas forcément immersif. L'immersion, il faut d'ailleurs un peu la chercher. Le week-end dernier, les décors, qu'ils soient officiels ou ramenés par les associations de fans, étaient peu nombreux, et seuls les stands "partenaires" (comme ceux de Lego ou d'EA) ont suffisamment de gueule pour vous plonger dans l'univers Star Wars en un seul coup d'œil. Les deux gros points chauds de la convention était donc l'exposition des props et costumes de Rogue One d'un côté, et la scène du Star Wars Show (pour l'occasion en live) de l'autre. Et à ces exceptions près, accompagnés par des stands parfois plutôt bien foutus comme celui du comic shop londonien Forbidden Planet, la Celebration reposait sur l'omniprésence de stands marchands tenus par des collectionneurs ou des magasins spécialisés. N'y allons pas par quatre chemins : si la Celebration est un événement officiel, son apparence et son aspect mercantile la rapproche plus souvent d'un event associatif ou amateur fabuleusement organisé, au mieux, ou d'un supermarché Star Wars, au pire.

J'suis Panel d'hier

En l'absence d'un show floor totalement immersif et divertissant, qui pouvait heureusement compter sur quelques jolies activités, comme l'essai de l'expérience en VR Trials on Tatooine, et la présence assez colossal de cosplayers, il faut se tourner vers les panels (des conférences variées) pour sa dose d'actualité et d'anecdotes Star Wars. Si la plupart sont libre d'accès et gérés par des passionnés, les plus officiel - et les plus demandés, donc - vous demandent de venir le plus tôt possible pour espérer poser un pied dans la salle, ou dans les scènes qui rediffuseront le spectacle. Résultat, il est possible d'attendre dès 20 heures pour récupérer un bracelet le lendemain, à 6 heures. Un précieux sésame, limité en deux exemplaires par personne et par jour, ce qui vous permettra, en toute logique, de profiter de deux jolies conférences. En revanche, puisque les bracelets ne sont pas numérotés, ils ne vous garantissent pas une place précise lors du panel : typiquement, les amoureux du premier rang passeront donc leur nuit et leur journée à patienter. 

Mais pour un fan aussi filou qu'un Jawa tel que moi, la meilleure option restait encore de se lever au milieu de la nuit, de récupérer le bracelet à l'aube, et de repartir dormir avant l'ouverture des portes au public. Ce qui m'a permis d'assister aux gros panels de ces trois journées : Rogue One, Rebels, EA et The Future Filmakers of Star Wars, consacrés aux films Star Wars VIII et Han Solo. Puisque la plupart d'entre-eux étaient rediffusés, je ne vous les résumerai pas ici (mais je vous renvoie à notre podcast spécial sur le sujet) dans leur intégralité, mais vous partagerait plutôt mon ressenti sur les différentes annonces, ou leur absence, convoquées lors de ces conférences à l'ambiance électrique.

Le paradoxe Rogue One

Premier spin-off. Première journée. Premier panel majeur de cette Celebration. Tout nous préparait à une heure de folie vendredi après-midi. Et si je n'ai assurément pas boudé mon plaisir devant les annonces faites par Gareth Edwards et son casting (au complet), je dois l'avouer Rogue One a donné à cette édition de la Star Wars Celebration son goût doux-amer, aux notes de paradoxe. En effet, l'événement et ses différentes conférences n'auront eu cesse, en trois jours, de nous rappeler que 2016 serait l'année de Rogue One - et qu'il convenait donc de ne pas cannibaliser le film d'Edwards avec un trop plein d'actu' sur Star Wars VIII ou le spin-off Han Solo - tout en révélant finalement très peu sur le blockbuster numéro uno de l'hiver. Aussi, si l'ambiance était au rendez-vous dans ce joli panel Rogue One, l'absence d'un véritable trailer et de vraies révélations - Entertainment Weekly avait annoncé 90% des informations confirmées sur place il y a quelques semaines - a laissé les fans perplexes. Surtout ceux qui, comme nous, se jettent sur la moindre miette d'information pour en tirer des conclusion du film de Gareth Edwards, paradoxal a plus d'un titre, d'ailleurs : on pense notamment à la politique du secret de Lucasfilm sur Rogue One, dont nous connaissons, de facto, la fin. Malgré tout, quelques petits détails (comme l'idée derrière la planète Jedah, lieu de culte de La Force) et des images puissantes (dignes des plus grands épisodes de Band of Brothers) ont su nous faire repartir avec le sourire.

Game of Thrawn

L'inquiétude du premier jour fut d'ailleurs vite oubliée par un panel consacré à la série animée Star Wars Rebels, l'outsider de cette Celebration, et qui a pourtant régné en maître sur le cœur des fans et sur les réseaux sociaux. Vous le savez déjà, l'annonce majeure de ce samedi fut le retour du Grand Amiral Thrawn, réintégré au canon officiel de Star Wars. Un opération de communication qui a conforté notre position sur le respect de Disney à l'égard de l'ancien univers étendu, et qui s'est vite imposée comme un LA révélation de cette Star Wars Celebration lorsque Timothy Zhan, auteur adulé par toute une génération de fan, nous a présenté son prochain roman en vidéo. Sobrement intitulé Thrawn, celui-ci réintroduit le stratège à la peau bleu dans la continuité de la saga, dans une autre époque certes, mais à en croire leur réaction explosive, les fans pardonneront ce décalage temporel. Associé à l'apparition de Bendu (créature mystique reprenant le nom des Jedi-Bendu, prototypes de Jedi dans le premier script de Star Wars), la présence d'un Cargo YT-2400 (Dash Rendar et son Outrider n'est jamais loin) ou de Wedge Antilles, sans oublier le retour de Dark Maul ou de la mythologie Mandalorienne, le retour du Grand Amiral désigne définitivement Rebels comme un "All-Star Star Wars" qui au sein de ce panel, dégageait une énergie et un charme fou, que les deux épisodes inédits présentés n'ont fait que confirmer. A n'en pas douter, la saison 3 de Rebels sera un vrai temps fort pour la saga, en 2016.

EA déserte le Battlefront

On enchaînait ensuite avec un panel EA qui ne s'annonçait pas aussi prometteur, mais qui a su faire monter la sauce en invitant la scénariste et développeuse Amy Henning (Uncharted) sur scène. La salle était à peine remplie, comme si les fans s'étaient passés le mot : les annonces seront maigres, surtout après un E3 ou EA s'était aussi montré avare en informations. Et pourtant, j'avais comme l'impression qu'un certain John Boyega, gamer parmi tant d'autres, allait être l'hôte de ce panel, histoire de le gonfler en importance, et de nous offrir un petit aperçu des stars de celle qu'on appelle déjà la postlogie. Ce genre d'happenings ayant été très limités durant le week-end (Gareth Edwards a du rencontrer ses fans dans une petite heure, au grand maximum), il n'était pas étonnant de retrouver Warwick Davis en tant que modérateur, qui a usé de toute sa bonhommie pour faire passer la pilule : aucune vraie annonce, si ce n'est que le dernier de DLC de Battlefront sera consacré à Rogue One (on s'en doutait depuis six mois) et que The Old Republic s'offrira une nouvelle (et sans doute ultime) extension : Knights of The Fallen Empire. Un peu léger, et encore une fois, quitte à ce que cette édition soit celle de Rogue One, pourquoi ne pas nous offrir un aperçu du DLC de Battlefront consacré à la planète Scarif ? Malgré la fatigue en ce samedi soir, ce genre de questions commençaient sérieusement à se multiplier dans ma tête.


Le futur, c'est pas tout de suite

J'avais donc placé mes derniers espoirs dans le panel Future Filmakers of Star Wars, dans lequel j'allais rencontrer Pablo Hidalgo (l'un des membres éminents du Story Group de Lucasfilm), Rian Johnson (réalisateur de Star Wars VIII) et Chris Miller et Phil Lord (le duo qui se chargera du spin-off Han Solo). Une sacrée brochette, qui aurait pu être accompagnée de belles annonces. En discutant avec des fans (eux aussi vêtus de l'uniforme des pilotes de la Résistance) quelques heures avant le panel, je me rends compte que les attentes pour cette conférence sont énorme : on évoque le titre de Star Wars VIII, de premières images exclusives, un Alden Erenreich en tenue de Han Solo, et bien d'autres réjouissances qui paraissent tout d'un coup tangible, lorsqu'on apprend que le panel ne sera pas diffusé en live. La hype monte d'un cran, puis de deux, les invités, et notamment ce bon Boyega, enfin sur place, ayant un vrai don pour faire monter la pression. Seulement, l'heure tourne et rien ne se passe. Le cinéphile que je suis se console bien sûr avec les références de Rian Johnson (mais aussi ses larmes de joies et ses photos dans les coulisses de l'épisode VIII), l'humour de Phil Lord et la camaraderie entre John Boyega et Alden Erenreich mais on est loin de la grande fête annoncée ou du moins attendue. Même ce qu'on appelle alors la "cérémonie" de clôture s'avère décevante, elle qui se compose d'une simple vidéo récap' (touchante, toutefois) et d'un logo pour les 40 années de la saga. Dommage.

L'ambiance d'une cantina

Vous l'aurez compris, les déceptions étaient nombreuses. Pas forcément terribles, mais toujours exacerbées par, un, l'attente des fans et leurs sacrifices (récupérer un bracelet et s'offrir une belle place dans la salle vous demande une patience digne d'un chevalier jedi), et deux, la comparaison avec l'édition précédente, qui se tenait aux Etats-Unis. Or, les différences entre Anaheim en 2015 et Londres cette année sont drastiques. Parfois si imposantes qu'on en vient à se demander si Lucasfilm compte réellement communiquer en Europe. Certes, les rumeurs de Rogue One et son statut de premier spin-off de la saga Star Wars ne pouvait rien arranger aux choses. Mais on a ressenti, au cours de ces trois jours, une vraie frustration progressive. Elle était d'abord très personnelle (pour être honnête avec vous, je me suis vraiment demandé s'il ne s'agissait tout simplement pas du caprice d'un enfant gâté), mais elle s'est vite étendue à tous les fans avec qui j'ai pu discuter. Pas un passionné et pas un journaliste ne se disait pas surpris ou perdu par la politique de Lucasfilm au cours de ces trois jours, qui ont mélangé annonces timides et une politique du secret flottante. Le résultat : ce qu'on pourrait appeler des "excluses", des révélations juste assez savoureuses pour nous faire patienter, mais trop légères pour nous exciter.

Malgré toutes ces frustrations, impossible de bouder son plaisir, quand on est un (grand) fan de Star Wars. Avec un peu d'huile de coude et une bonne dose de motivation mêlée à de la patience, on a la chance de croiser les futurs acteurs (dans tous les sens du termes) de la saga, de toucher du doigt ces derniers costumes en date, d'expérimenter des produits (la plupart des fabricants avaient joué le jeu) ou des opportunités uniques (comme le superbe ILM x Lab et sa Réalité Virtuelle) et surtout communier avec des milliers de fans, qui, il faut bien le dire, étaient bouillants après un vendredi en forme de tour de chauffe. Une expérience enivrante, malgré ses faux pas et des décisions parfois difficiles à suivre. A ce titre, on espère vivement que cette première célébration n'était qu'une expérimentation pour un Lucasfilm angoissé par l'idée de communiquer en Europe, notamment sur un film comme Rogue One. Les plus pessimistes verront dans les décisions du studio (de la date à l'absence d'annonces) et les moyens déployés (bien inférieurs à ceux d'Anaheim l'année dernière) un mauvais signe pour l'avenir, dans lequel on finirait par enchaîner des Celebration américaines énormes (rappel, l'édition 2017 se tiendra à Orlando pendant 4 jours) et des Celebration européennes en forme de summercamp, juste pour nous faire patienter. En guise de pistes d'amélioration, on se souviendra du célèbre adage de Yoda : do or do not, there is no try ! Si les Celebration européenne doivent être celles des spin-off, autant jouer la carte à fond, lever le voile sur le film Star Wars du moment, ses produits dérivés et ses personnages. A suivre, peut-être à la cité du cinéma, en 2018 ?

Voir ou Revoir les Panels :

Rogue One

Star Wars Rebels


• EA et Star Wars

Star Wars Episode VIII

Han Solo : A Star Wars Story

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