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Star Trek Beyond, la critique

16
ReviewLe 16 Aou
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7 /10
On a aimé
• Une vraie gueule de blockbuster
• Un joli propos (et en phase avec l'esprit Star Trek)
• La réalisation très inventive
On a moins aimé
• Beaucoup de redite avec les opus précédents
• Le casting à moitié aux fraises
• Un troisième acte bancal

Trois après le Star Trek Into Darkness d'un J.J.Abrams qui était déjà promis à une galaxie lointaine, très lointaine, l'univers imaginé par Gene Roddenberry revient sur nos écrans avec Beyond (ou Sans Limites dans nos contrées). Un épisode qu'on attendait plus, et qui rappelons-le, frôlait la catastrophe industrielle programmée il y a quelques mois encore, lorsque J.J.Abrams aurait pu être remplacé par Roberto Orci, producteur et scénariste des opus Paramount de la licence. Mais malgré les années écoulées et les craintes répétées, le nouveau film de Justin 'Fast & Furious' Lin s'impose comme le blockbuster de l'été, voire l'un des plus réussis de l'année.

• Écoutez aussi : notre podcast sur Star Trek Beyond !

Il doit notamment sa force à un esprit enfin aligné sur celui du Star Trek originel. Poursuivant forcément la modernisation visuelle et thématique entamée par les épisodes de J.J.Abrams, Justin Lin est en effet beaucoup plus à l'aise avec l'âme de la licence que ne l'était son aîné, fanboy (et il ne s'en cachait pas) de Star Wars de la première heure. Et si en apparence, Beyond est encore un Star Trek grimé en un blockbuster plus proche de l'univers d'un certain George Lucas, de ses environnements et de sa justice western, le film de Justin Lin peut compter sur un scénario (co-écrit par Simon Pegg et Doug Jung) en phase avec l'essence de Star Trek, et qui regorge de petits détails (dont un vocabulaire étendu) qui donnent une vraie vivacité à un univers dorénavant vieux d'un demi-siècle.

Joyeux anniversaire

En ce sens, le film réussit là où d'autres blockbusters avaient échoué. On pense notamment à Skyfall, qui camouflait son piètre scénario derrière un déluge de références désarticulées à l'univers d'un James Bond quinquagénaire. Évitant les travers du film de Sam Mendes, Justin Lin ouvre son métrage sur des bases très familières et maintient un niveau constant de références, d'easter-eggs et de clins d'œil qui s'insèrent finalement très bien dans la structure, simple et efficace, de l'intrigue. Mieux, Beyond, marqué par les disparitions de Leonard Nimoy (l'année dernière) et d'Anton Yelchin (il y a quelques semaines) s'offre des moments assez touchants de sobriété, ce qui, encore une fois, s'articule assez bien avec ce que nous aimons dans "l'esprit Star Trek".

Mais bien évidemment, les références, même aussi bien maîtrisées, ne font pas un film. L'alchimie entre son scénario, sa réalisation et ses acteurs est indispensable, et pour la première fois depuis son reboot cinématographique en 2009, Star Trek semble revenir à un certain équilibre. Hélas, celui-ci, mêlé à l'aspect "anniversaire" de Beyond, ne se fait pas sans redites et répétitions. La grande malédiction du film de Justin Lin est justement de passer après ceux d'Abrams, qui ne faisaient qu'effleurer des situations et des environnements que Star Trek Beyond va réellement s'approprier et faire fonctionner. Tout comme au sein d'autres franchises, comme celle des X-Men, il est sera donc possible de pointer une bonne dizaines de similitudes entre les deux premiers épisodes et ce troisième opus, dont la position implique généralement un dépassement total.

Réalisation stellaire

Ce dépassement interviendra surtout du côté de la réalisation. Les arcs narratifs des différents personnages, les enjeux du film et ses nouveautés s'avérant finalement assez limités, ou du moins convenus. S'il faut noter une certaine originalité dans la construction du film, qui ose enfin rompre l'union sacrée entre Spock, Kirk, et Uhura, nous proposant ainsi de nouveaux duos, qui offrent au film de Lin une petite bouffée d'air frais. Mais qu'on se le dise, la vraie vague de fraîcheur provient de la réalisation hyper inventive du bonhomme, et on prend un plaisir fou à surfer dessus. Presque conscient de la redite inhérente à son film, qui pour ne citer qu'un exemple, amoche une nouvelle fois l'U.S.S.Enterprise, le réalisateur applique l'adage "bigger, badder" de la manière la plus saine qui soit, et répond à Abrams dans des scènes familières mais toujours plus spectaculaires. Et à l'exception de quelques scènes un peu sombres (et encore plus en 3D, lors de notre visionnage du film) sa mise en scène s'avère aussi réjouissante que ludique.

Le travail sur le mouvement, d'un pont à l'autre ou d'un engin spatial à son adversaire, par exemple, initié par J.J.Abrams est ainsi poursuivi et sublimé par un sens du spectacle qui nous rassure définitivement sur les capacités de Justin Lin. Que se soit dans la fureur d'un abordage spatial ou le calme d'une station flottant aux confins de la galaxie, le réalisateur nous offre des plans à couper le souffle, qui jouent parfaitement avec les ressources à leur disposition, et notamment des caméras virtuelles qui n'oublient pas de faire preuve d'une certaine géométrie. Et quelques mois après un The Force Awakens qui a déserté l'espace, les nombreuses trouvailles et le soin de Lin sont d'ailleurs d'autant plus appréciables. Pour le coup, le réalisateur donne aussi bien dans la quantité - les mouvements de caméra spectaculaires sont nombreux - que dans la qualité, puisque cette fois, les séquences d'action valent aussi pour leurs enjeux dramatiques, assez bien appuyés par le score de Michael Giacchino, aux sonorités classiques mais intenses.

On prend les mêmes...

La mécanique visuelle est si bien huilée qu'on en viendrait presque à oublier le casting, caché derrière l'immensité de l'espace et l'envoûtant spectacle orchestré par Lin. On retrouve pourtant une équipe à laquelle nous sommes désormais habitués. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Les interprétations de Chris Pine, Zachary Quinto, Zoe Saldana, Simon Pegg, John Cho et Anton Yelchin ne réservent que peu de surprises, même si, comme nous le disions, les paires de personnages formées par Lin et ses scénaristes offrent un temps d'écran assez appréciable pour chacun des membres de l'Entreprise. Quelques petites évolutions sont même à noter du côté d'un Chris Pine qui se rapproche toujours plus de Williams Shatner (peut-être malgré lui ?) et chez les nouveaux arrivants, à savoir, un Idris Elba qui joue toujours aussi bien avec sa voix et une Sofia Boutella très à l'aise mais dont le personnage s'efface malheureusement au fur et à mesure du film. 

Il faut dire que Star Trek Beyond, même s'il a tout le charme d'un blockbuster à l'ancienne, jusqu'à l'élaboration d'une morale assez bien illustrée, n'échappe pas aux maux typiques des tentpoles de 2016, avec un vilain et des enjeux qui s'effacent dans un troisième acte assez générique. Si celui-ci se passe heureusement de la fameuse "armée sans visage" de vilains, il tire encore sur de trop grosses ficelles pour nous scotcher définitivement au siège. Heureusement, une nouvelle fois, la réalisation de Justin Lin fait des petits miracles, en apportant suffisamment de fraîcheur, voire de fougue (le temps d'un passage boosté par le Sabotage des Beastie Boys) pour nous maintenir éveillés. 

S'il est douloureux de se dire que Star Trek Beyond emporte la palme du blockbuster de l'été par défaut, en restant tout simplement fidèle aux grands principes qui ont fait les belles heures du cinéma hollywoodien, le film de Justin Lin ne manque pas de charme. Il faut dire qu'il parvient, pour la première fois depuis 2009, à concilier modernité, dans sa réalisation très inventive, notamment, et classicisme, à travers le propos développé et les nombreux hommages à la saga. Peut-être le seul indispensable de l'été, et en tous cas une sincère réussite, qui en met plein la vue en attendant l'arrivée d'un Discovery qu'on découvrira l'année prochaine sur Netflix.


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