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Anasterry, la critique

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ReviewLe 28 Sep
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7 /10
On a aimé
• Un univers riche
• Une histoire qui utilise la fantasy pour interroger notre monde
• Des personnages attachants
On a moins aimé
• Les atermoiements du héros

Trois auteurs de fantasy de bande-dessinée avaient lancé l’année dernière un label indépendant afin de publier leur premier roman de fantasy. Tout d’abord disponible sur la plateforme Amazon en numérique et en impression à la demande, leurs aventures se poursuivent, aujourd’hui, dans le circuit traditionnel grâce aux éditions ActuSF dans la toute nouvelle collection Bad Wolf. Le livre Anasterry, signé par Isabelle Bauthian, en ouvre le bal de la plus belle des manières.

Renaldo, le cadet du baron de Montès, est envoyé dans le royaume voisin afin de faire perdurer les accords commerciaux qui unissent ces deux domaines. Soufflés par la magnificence de la cité d’Anasterry aux atours si parfaits, le héros et son compagnon, Thelban, se lancent le défi de trouver une faille dans ce lieu idéal. Toute la population se plie à leur pari. Toutes les portes leur sont grandes ouvertes, dans cette ville tournée vers la connaissance qui promeut la justice sociale et l’éducation. À travers ce jeu de gamins, les deux garçons vont finir par dévoiler les aspérités qui se cachent sous le vernis de cette société en apparence irréprochable.

Il y a un monstre à Anasterry.

La confrontation avec la cité utopique d’Anasterry éreinte la perception du monde de Renaldo. Protagoniste mu par des idéaux désuets et réactionnaires, il doit réapprendre à penser et à vivre, avec ces nouveaux éléments. Malheureusement pour lui, ces changements ne se font pas sans heurts. Son immaturité, si elle sert la trame du récit, nous fait paraître le personnage par moments désagréable. En dépit de son évolution qui le rend réaliste et crédible, Renaldo est un héros unidimensionnel. Il joue avant tout le rôle de moteur pour faire avancer l’intrigue ou illustrer les sujets que l’autrice veut aborder. Au final, il ne s’éloigne jamais très loin des stéréotypes qui ont commandé à sa création. Par opposition, Thélban, son compagnon, est beaucoup plus charismatique et les mystères qui l’entourent épicent le roman. Même s’il reste en retrait du récit, il finit par voler la lumière au héros.

L’autrice utilise avec brio le filtre de la fantasy afin de traiter des thèmes forts qui traversent notre société actuelle comme la différence, la liberté, le rapport entre les sexes. Le fait que le récit se déroule au niveau des personnages permet d'ailleurs à Isabelle Bauthian d’échapper au travers d’un texte donneur de leçons.

Le livre souffre cependant d’un problème de rythme dans le dernier tiers qui s’enlise un peu dans les atermoiements amoureux du héros. En dépit de ce léger défaut, l’aventure se révèle très agréable à lire. Elle est portée par des personnages riches et complexes, par une intrigue passionnante et surtout par un monde fascinant qui ne fait que se profiler dans ce premier tome. En effet, même si ce roman est une histoire auto-contenue, Anasterry ouvre un cycle de titre à venir. L’écrivaine installe des éléments de son univers qui éveillent la curiosité et qui donnent envie d’en découvrir plus.

Sous des dehors d’un récit de fantasy classique, Anasterry aborde les thèmes sociétaux avec justesse. Même si le comportement du protagoniste central peut parfois irriter, ce désagrément s’oublie tant il s’avère bien secondé par une galerie de personnages qui apportent un véritable souffle au livre. Anasterry est un roman lumineux grâce à ses héros entiers et à sa ville utopique, qui s’éloigne de la pesanteur que l’on trouve habituellement dans la dark fantasy.

(Isabelle Bauthian, Anasterry,  Collection Bad Wolf, Éditions ActuSF, Août 2016, 496 pages, 19 €) 

Galerie Photo Anasterry, la critique

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