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Le Royaume Rêvé, la critique

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ReviewLe 20 Oct
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9 /10
On a aimé
• Des personnages bien campés
• Une narration maîtrisée
On a moins aimé
• Des éléments de l'intrigue qui ne trouveront de réponse que dans les tomes suivants

Depuis quelques années déjà, trois éditeurs se sont donné pour objectif d’injecter un peu de fantasy dans la rentrée littéraire. Après avoir chroniqué sur Syfantasy, Les Terres de l’Est parues aux Moutons Électriques puis Anasterry aux éditions ActuSF, il était temps de s’attaquer au roman proposé par Mnémos, Le Royaume Rêvé d’Adrien Tomas qui nous plonge dans un remarquable récit de fantasy épique.

Ce livre est l’antépisode (alias : prequel) de La Geste du Sixième Royaume qui remporta en 2012 le prix des Imaginales du meilleur roman de fantasy. Pour autant, nul besoin de l’avoir lu pour pénétrer dans Le Royaume rêvé qui ouvre une toute nouvelle trilogie.

Dans les marches du Gel, des royaumes voisins ne cessent de se livrer à une guerre intestine qui affaiblit toute la région. La princesse Ithaen du clan Svelsen qui attend d’être en âge d’accéder au trône après la mort de ses parents vit entourée des princes esclaves des royaumes frontaliers soumis au vainqueur du dernier conflit en date. Tous ensemble, ils vont devoir affronter des mandragores, sorte de Golems, fruits de la sorcellerie des Elfes, qui ravagent le territoire.

La fantasy est un genre protéiforme qui ne cesse de réinventer son vocabulaire autant pour se trouver une nouvelle langue que pour céder à la tentation de lui offrir une élocution moins honteuse par rapport à la littérature blanche. Le Royaume Rêvé d’Adrien Tomas prend le parti de revenir à l’origine de ce courant littéraire et de se rapprocher d’œuvres séminales comme Le Seigneur des Anneaux ou le jeu de rôle, Donjons et Dragons. L’auteur y convoque ainsi beaucoup de ses tropes  : magie, nains, elfes, créatures monstrueuses, système féodal, sans que cela ne tombe dans le folklorique. Il en assume cet héritage avec brio, pour offrir une histoire excellemment bien construite.

À l’instar de Game of Thrones, chaque chapitre se focalise sur un personnage en particulier qui forme autant d’éléments d’un tableau pointilliste dont l’intrigue en dévoile peu à peu les contours. L’action se déroule sur différents plans en fonction de chaque protagoniste avant de converger en un même point. Les trois cents pages du livre se dévorent avec facilité. Pourtant au moment de le refermer, on ne peut se départir de l’impression de n’avoir qu’effleuré la surface de l’histoire de cette trilogie dont Adrien Tomas maitrise à merveille toutes les intrications. Cette frustration est d’autant plus marquée que tout au long du récit, l’auteur a développé certains éléments de la trame qui reste en suspens au terme de la lecture et qui donne envie de connaître la suite dès maintenant.

Cette rentrée littéraire peut se targuer d’avoir proposé d’excellents romans de fantasy dont Le Royaume Rêvé est le parfait exemple. Ce livre renoue, avec adresse, avec les codes classiques du genre. Adrien Tomas construit une histoire à l’intrigue solide avec des personnages puissants qui animent l’aventure et lui insufflent une énergie qui ne se dément pas au fil des pages.

(Adrien Tomas, Le Royaume Rêvé, Le Chant des Épines, Mnémos, Août 2016, 304 pages, 19 €)  

Galerie Photo Le Royaume Rêvé, la critique

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