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Water Knife, la critique

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ReviewLe 27 Oct
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9 /10
On a aimé
• Le propos : un monde où l'eau est devenue plus importante que l'or.
• Les personnages passionnants
• Une intrigue redoutable
On a moins aimé
• Espérer une adaptation au cinéma pour que ce livre et cet auteur soient reconnus de tous.

Paolo Bacigalupi avait frappé fort avec son premier livre, La Fille Automate, lauréat d’une pluie de récompenses dont le prix Hugo, Campbell, Nebula, Locus ou le Grand Prix de l’imaginaire. Il nous revient, cette année, avec un tout nouveau roman, Water Knife, qui confirme que le flot d’éloges n’est pas prêt de se tarir.

Angel Velasquez est un Water Knife, un mercenaire employé par Catherine Case, la responsable de la Direction de l’eau du Sud du Nevada pour s’occuper de la sale besogne. Elle lui demande d’enquêter à Phoenix, au sujet d’une rumeur sur le droit de l’eau qui daterait de l’origine de l’Amérique. Lucy Monroe, une journaliste chevronnée et idéaliste découvre le cadavre d’une de ses connaissances, les yeux énucléés, en plein milieu de la rue. Maria Villarosa, une jeune émigrée texane, tente de survivre dans cette ville où règne la loi du plus fort, en espérant un jour pouvoir s’enfuir vers des régions au climat moins hostile. Le destin de ces trois personnages se croisera à Phoenix, une cité en perdition, devenue une véritable fournaise recouverte par une chape de poussière et de sable permanent. Ce lieu cristallise la guerre que se livrent le Nevada, l’Arizona et la Californie, pour s’approprier l’eau dans une Amérique plus que jamais désunie.

Paolo Bacigalupi précipite ces protagonistes dans un thriller à l’allure de rodéo émotionnel fait de tension constante et de retournements de situation. Les personnages sont des concentrés d’humanité contenus en quelques mots avec ce petit quelque chose en plus qui anime les véritables héros de fiction où l’empathie du lecteur peut s’accrocher sans retenue. Voilà pour la forme ! Mais le fond n’est pas en reste. Paolo Bacigalupi offre une réflexion sur les conséquences du réchauffement climatique. L’intelligence de l’écrivain est de centraliser l’action dans un seul et même pays afin de montrer les divisions qui traversent ce territoire et aborder ainsi l’altérité en utilisant le voisin et non l’étranger. Cette dystopie écologique plonge aussi ses racines au plus profond de l’histoire de l’Amérique. Elle interroge autant le rapport de l’homme avec son milieu que l’origine de cette nation ou les disparités sociales.

Paolo Bacigalupi s’empare des conséquences à venir du réchauffement climatique pour en tirer un Thriller d’anticipation mené sans aucun temps mort. Sans céder au didactisme pour exposer ses thèses, l’auteur nous donne à voir un futur crédible et effrayant. Water Knife est l’un des romans incontournables de 2016.

À l’occasion de la sortie du livre, Paolo Bacigalupi sera présent au festival des Utopiales de Nantes qui se dérouleront du 29 octobre au 3 novembre 2016.

(Paolo Bacigalupi, Water Knife, Traduit par Sara Doke, Éditions Au Diable Vauvert, Octobre 2016, 496 pages, 23 €)

Galerie Photo Water Knife, la critique

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