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Darth Maul #1, la critique

3
ReviewLe 03 Fev
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5 /10
On a aimé
• Quelques planches réussies
• L'ouverture, épique
• Les promesses de fin de numéro
• Une histoire bonus plutôt cool
On a moins aimé
• Ross s'essouffle vite
• Encore un autre Darth Maul
• Les enjeux sont un peu brouillons

Il est l'un des rares personnages de la prélogie Star Wars à faire l'unanimité. Si bien qu'on l'avait retrouvé des années plus tard dans la série animée The Clone Wars. Annulée en cours de diffusion, celle-ci avait prévu de régler son sort dans d'ultimes épisodes finalement parus sous la forme d'un comic book, Son of Dathomir, paru chez Dark Horse (ou Delcourt en France) : Darth Maul, puisque c'est lui dont nous parlons aujourd'hui, semblait enfin avoir trouvé une conclusion à son arc des plus chaotiques. Mais Lucasfilm s'est depuis permis d'en rajouter une couche en faisant revenir le personnage dans Star Wars Rebels, et cette semaine dans un nouveau comic book Marvel, qui rajoute encore un peu plus de poids sur les pauvres épaules du tatoué.

Mais contrairement à ses dernières apparitions, Darth Maul est ici un Sith en cours d'apprentissage, puisque la série de Cullen Bunn et Luke Ross se déroule avant les événements de La Menace Fantôme, ce qui fait de cette mini-série le troisième titre consacré à la prélogie après Kanan : The Last Padawan et Obi-Wan & Anakin. Seulement, au contraire de ces deux dernières, Darth Maul peine à séduire dans ce premier numéro, qui commençait pourtant très bien. Nous voilà plongés dans une jungle exotique comme l'univers de Star Wars à l'habitude d'en proposer. Des mercenaires, puis des Rathatars, et notre vilain tatoué rentre enfin en scène.


Une introduction assez épique, qui rend hommage à toute la dimension physique du personnage immortalisé par la mise en scène de Lucas, mais surtout par les cascades de son interprète Ray Park et la musique de John Williams. Pas de doute, Maul est de retour, dans toute sa martiale majesté. Seul bémol, on se rend vite compte que cette démonstration de force, assez bien saisie par Luke Ross, n'est que ponctuelle. Là où le titre aurait pu nous proposer la traque pure et simple d'une proie par le terrifiant Sith, il tente en effet d'explorer son passé et sa relation avec son maître, Darth Sidious. Or, l'écriture de Cullen Bunn a tout le mal du monde à nous convaincre dans ces deux domaines.

Il faut dire que Maul a toujours été un personnage avant tout physique. Sa psychologie, ses désirs et ses motivations sont sans cesse relayés au second plan, ce qui quelque part, autorise chaque auteur à nous proposer des versions très variées du vilain. Sauf que l'angle d'attaque choisi est presque toujours le même, comme si les scénaristes n'avait pas conscience de cette chance. Et si l'itération développée par Dave Filoni et ses scénaristes dans Clone Wars et Rebels n'était déjà guère convaincante, celle de Bunn l'est encore moins. Un monologue intérieur permanent nous en apprend en effet presque trop sur le personnage, qui perd d'emblée l'aura mystérieuse qui l'entourait dans La Menace Fantôme. Et dès que notre Maul réfléchit ou s'exprime, il fait d'ailleurs preuve d'une bassesse d'esprit qui n'aide pas le lecteur à se projeter dans les enjeux de l'histoire et la vie de son personnage principal.


Ces enjeux eux aussi sont assez mal définis, malheureusement. Sur les traces de la Fédération du Commerce pour le compte de Sidious, Maul semble suivre son propre agenda - à savoir, triompher d'un Jedi au corps à corps - mais on ne croit que très rarement à son ambition. Il faudra donc attendre la toute fin du numéro pour enfin être placés sur des rails plus solides, fournis par une mission plus directe et beaucoup mieux définie par le scénariste. Mais aussi alléchant soit-il, le cliffhanger ne vaut pas le chemin parcouru, et la lecture pourrait bien décourager même le plus ardent des fans de Star Wars.

D'autant que les dessins manquent de constance. D'abord convaincant, Luke Ross passe doucement d'un trait dynamique et d'une composition originale à des cases toujours moins détaillées, des poses loufoques et un gaufrier beaucoup trop classique pour contenir un personnage comme Maul. Mais une fois encore, la fin du numéro nous promet des environnements un tantinet plus intéressants et des scènes plus spectaculaires - on sait également que des chasseurs de primes comme Cad Bane feront leur retour d'ici le numéro #3 - aussi espère-t-on que le dessinateur saura s'éclater avec des lieux plus variés et des situations plus musclées, pas toujours bien illustrées par ce premier numéro.


Franchement dispensable, ce premier numéro de Darth Maul a du mal à imposer une énième vision d'un personnage qui disons-le clairement, est avant tout un design, ou une présence physique, tout au plus. Les choix de Cullen Bunn ont du mal à convaincre, et ont tendance à rendre le vilain plus bête qu'il ne l'est vraiment. Du côté des dessins, Ross s’essouffle très vite, sans doute par manque de temps ou d'intérêt. Moralité, on espère que l'intrigue promise par le cliffhanger corrigera le tir, quitte à nous proposer une série plus directe et convenue, mais au moins chouette à suivre. Car en l'état, la mini-série est à l'image de son personnage, fade. Au regard du trailer de mi-saison de Rebels, on comprend pourquoi Lucasfilm a tenu à offrir à Darth Maul un dernier tour de piste, mais force est de constater que celui-ci n'est pour le moment guère spectaculaire. Restera une jolie histoire de droïdes bonus par Chris Eliopoulos et Jordie Bellaire, qui fait son petit effet.


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Star Wars Marvel Comics Darth Maul Dark Maul Cullen Bunn Luke Ross
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