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Warhammer 40.000 : la tentation du reboot ?

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ChroniquesLe 24 Fev
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Ce n'est plus un secret pour quiconque passe régulièrement sur ce site, je suis un grand fan de l'univers de science-fiction britannique, gothique et si particulier de Games Workshop, le bien nommé Warhammer 40.000. Jeu de figurines devenu licence à part entière, le complexe Dark Millenium est récemment secoué par des événements éditoriaux et des stratégies marketing assez intrigants, qui pourraient bien cacher un reboot. Une petite enquête me semblait donc de bon ton.

Je suis donc monté dans le premier cargo spatial venu pour plonger dans le Warp en espérant trouver des réponses aux questions posées par les décisions stratégiques de l'entreprise Games Workshop d'une part, et les évolutions narratives du jeu de figurines et de son univers, de l'autre.

Mais au juste, que se passe-t-il chez Games Workshop ? Vous le savez sans doute si vous êtes encore connectés, de près ou de loin, à ses figurines et univers qui ont bercé votre adolescence, mais l'entreprise britannique a revu toute sa stratégie après des années de tourmente. Hésitant sans cesse entre l'ouverture la plus large à des débutants ou de nouveaux publics (à l'aide de produits dérivés comme Dawn of War par exemple) et la spécialisation la plus nichée, l'entreprise avait perdu de vue sa promesse et ses valeurs.


Depuis quelques temps déjà, elle reprend néanmoins des couleurs, en se concentrant sur le cœur de son activité : l'édition de jeux de figurines - des dizaines de spin-offs de Warhammer ou Warhammer 40.000 sont donc sortis dans les magasins, ces derniers temps - et la fabrication de miniatures toujours plus variées et détaillées - ce qui conduit des armées ou des personnages fan favorites à revenir sur le devant de la scène. Deux moteurs puissants pour Games Workshop, qui semble enfin faire avancer toutes ses troupes dans une même direction.

Car les décisions marketing ou stratégiques de l'entreprise se ressentent aussi du côté de ses univers, dans leur diégèse. Il y a plus d'un an de cela maintenant, Games Workshop testait ainsi un reboot de son univers le plus ancien, Warhammer (devenu Warhammer : Age of Sigmar), univers de Fantasy que l'entreprise a voulu singulariser en inventant de nouveaux concepts, de nouvelles factions et même de nouveaux noms et autres termes techniques. L'idée était de proposer un jeu facile d'accès et des nouveaux moyens de consommation - les règles étaient par exemple incluses dans la boîte de figurines et pas uniquement compilées dans des livres d'armées - mais le public s'est montré assez hostile à la simplification radicale mise en place par Games Workshop.

Mais après plusieurs mois de test et de labeur, l'entreprise semble s'aligner sur les demandes des joueurs avec un retour des règles sur un modèle plus classique, et des prix peut-être mieux dosés après un voir un temps compté sur l'effet "nouveauté" pour renflouer ses caisses. Désormais, l'univers de Warhammer semble plus stable, plus particulier et d'un point de vue extérieur, plus intriguant.


Seulement, l'univers Fantasy de Games Workshop a toujours souffert, contrairement à son petit frère, de son apparence très commune. En grossissant le trait, on pourrait ainsi dire que Warhammer, d'un point de vue esthétique et narrratif, ne pouvait qu'évoluer pour le mieux. Ce qui n'est pas le cas de Warhammer 40.000, un univers de SF reconnaissable entre mille et une propriété intellectuelle à forte notoriété malgré une certaine inactivité, ces derniers temps, et la concurrence agressive de géants de l'entertainement comme Blizzard. D'ailleurs, vous pouvez lire mon dossier sur le sujet pour plonger dans l'histoire de cette rivalité.

Alors pourquoi Warhammer 40.000 se préparerait-il à un reboot ? Après tout, il est connu de tous les fans de science-fiction, des nerds en tous genres et même ceux qui n'ont jamais plongé dans "l'univers où il n'y a que la guerre" apprécient généralement son esthétique très singulière, faite de vaisseaux-cathédrales, d'un empire crasseux et de soldats à l'apparence bio-mécanique. 

Assurément, si Warhammer 40.000 se dirige vers un reboot, celui-ci n'aurait pas la même fonction qu'avait celui de son aîné, un univers plus vétuste. En effet, l'univers de 40K (comme on le surnomme affectueusement) a encore de l'énergie à revendre, et peut compter sur une esthétique incomparable. Seulement, il a du mal à dépasser ses archétypes et s'est enfermé dans une sorte d'immobilisme. On le disait tout à l'heure, Warhammer 40.000 est ainsi l'univers "où il n'y a que la guerre" - une catch phrase accrocheuse mais qui symbolise son caractère figé. Ce n'est pas un monde où les lignes bougent. Du moins, ces dix voire vingt dernières années, les contours de cet univers sont restés les mêmes.


Mais plus maintenant, nous dit Games Workshop. En mettant sur pied un événement éditorial semblable à ceux du monde des comic books intitulé "Gathering Storm" (qu'on pourrait traduire par "la tempête du rassemblement") l'entreprise reprend son univers là où il avait bougé pour la dernière fois : la Treizième Croisade Noire. Un nom qui désigne aussi bien l'une des nombreuses guerres dans l'univers de Warhammer 40.000 qu'un événement réel, dans notre monde, puisque cette fameuse croisade était surtout une campagne estivale qui avait été proposée aux joueurs du monde entier en 2003, afin de sceller le sort de l'Impérium de l'Humanité.

Cet événement s'étant soldé par une victoire des vilains adorateurs du Chaos, de puissantes entités démoniaques, Games Workshop n'avait sans doute pas osé intégrer les résultats à son univers. Et en conséquence, les joueurs du monde entier ont retenu leur souffle pendant 13 ans durant, alors que la timeline de Warhammer 40.000 nous expliquait que le sort de l'humanité était encore incertain, car disputé sur la planète Cadia. Ce monde est justement le point de départ de Gathering Storm, lancé l'année dernière, comme si l'entreprise voulait soudain redémarrer un univers mis sur pause pendant près de quinze ans.

Et pour relancer la machine, Games Workshop sort la grosse artillerie. L'archi-vilain de cet univers, Abaddon le Fléau, met de côté ses différends pour rallier les autres méchants à lui. Tandis que le peuple des Eldars, des sortes d'Elfes qui ne faisaient qu'observer le conflit, décident eux aussi d'enterrer la hache de guerre avec leurs cousins dépravés, les Eldars Noirs, pour se réunir sous la bannière d'un Dieu de la Mort. Plus spectaculaire encore, Roboute Guilliman (qui sert de couverture à ce papier), héros de l'humanité pris dans une stase depuis des millénaires, va revenir d'entre les morts à la Captain America, afin de mener la dernière charge du genre humain.


Toutes les conditions semblent donc réunies pour nous offrir un Warhammer 40.000 nouveau, plus dynamique, et qui ose changer d'importants archétypes de son univers, comme le fait que l'Imperium de l'humanité soit dirigé par être vivant et plus le lointain souvenir d'un Empereur devenu légume, ou la réunion entre les deux factions Eldars. L'histoire s'écrit et s'est assurément l'occasion pour Games Workshop de sortir un maximum de figurines et de proposer aux joueurs de nouvelles intrigues et même des factions inédites, comme les Ynanari, réunion de Eldars et de leurs cousins débauchés.

Mais ce n'est pas la seule évolution qu'on constate. Dans ses rangs et sur les tables de jeux, Games Workshop essaie de promouvoir la diversité, peut-être pour répondre à l'utilisation détournée de l'imagerie de Warhammer 40.000 du côté de l'Alt-Right et du GamerGate. Une contre-attaque discrète mais qui pourrait pousser cet univers déjà complexe à inventer de nouveaux personnages et de nouvelles factions passionnantes. Alors certes, les partisans du "c'était mieux avant" risquent de râler très fort, et la stratégie de Games Workshop aura comme toujours des failles. Mais après plus de dix ans d'attente et de questions, cette percée est un petit pas pour l'Impérium de l'Humanité, mais un grand pas pour les fans de cet univers, qui pour le dire très simplement, se sentent un peu plus vivants.

Personnellement en tous cas, je suis impatient d'en savoir plus et je suis intrigué par les évolutions promises par l'entreprise, surtout qu'elles sont pour le moment amenées avec goût. Qui sait, en continuant sur sa lancée, Games Workshop pourrait faire de Wahammer 40.000 plus qu'un simple OVNI de la culture populaire ou lui offrir de nouveaux fans. Et de leur côté, les vétérans comme moi devraient être ravis de ne plus stocker leurs figurines sur une étagère en souvenir du bon temps, mais en prévision des évolutions futures : pour une fois du côté du quarante-et-unième millénaire, le meilleur est peut-être à venir.


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