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Power Rangers, la critique

12
ReviewLe 06 Avr
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4 /10
On a aimé
• Un casting attachant
• Quelques jolies vannes
• Une réal parfois généreuse...
On a moins aimé
• ... Mais souvent brouillonne
• Le film ne trouve jamais son ton
• Les dialogues bien ringuards

Tels des gamins cruels, on se moquait de l'adaptation de Power Rangers depuis les premières images en mouvement du film de Dean Israelite, révélé par Projet Almanac, une production Michael Bay qui ne pouvait que pré-destiner le metteur en scène à la réalisation d'un blockbuster à base de gros robots. Mais les moqueries, les descentes de coude et le trolling n'ont pas réussi à mettre le projet Power Rangers au tapis, d'après ses premiers résultats au box-office. Plus étonnant encore, le film, outre-atlantique en tous cas, est accompagné de critiques plutôt positives. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a du mal à les comprendre.

Mais une fois n'est pas coutume, commençons par ce qui fonctionne dans ce Power Rangers : son casting principal. Emmené par Dacre Montgomery dans la peau de Jason, le Ranger Rouge, le groupe composé de Naomi Scott (Kimberly), RJ Cyler (Billy), Ludi Lin (Zack) et Becky G. (Trini) s'avère contre toute attente très convaincant. Pris à part, nos jeunes interprètes sont loin d'être les plus talentueux du marché mais ils parviennent à rendre nombre des répliques ringardes du scénario assez savoureuses, et c'est déjà beaucoup. Mais à l'image de leurs alter-ego, c'est surtout leur travail collectif qui fait leur force, malgré des passages un rien ridicules, comme une scène de feu de camp des plus kitsch, qui sent bon les années 1990.

Mais malgré cette vision un peu datée de la vie étudiante, que ne renierait pas le plus usé des High School Movies, on sent que le film a l'envie de moderniser le message de la série Power Rangers. Même si fondamentalement, l'idée reste la même - "qui que tu sois, tu peux devenir un super-héros" comme nous le répète sans cesse le film - Dean Israelite et son casting prolongent assez subtilement le sous-texte en ajoutant à ce qu'on appelle avec amusement le "pouvoir de l'amitié" une vraie dimension sociologique. Notamment lorsque le petit robot compagnon des Rangers, Alpha 5 (Bill Hader), ne cesse de faire référence aux couleurs de nos héros, qui désignent aussi bien leurs armures que leurs peaux. Dès l'ouverture d'ailleurs, la diversité est montrée comme le carburant des Power Rangers. Et la métaphore se poursuit bien évidemment avec le casting de jeunes aux origines variées et même dans une scène révélant - sans trop forcer, pour une fois - l'homosexualité de l'un d'eux.

Si on peut douter de leur traitement, tant la réalisation s’affaisse au fil de la pellicule, les bons sentiments sont là, et en ce sens, cette adaptation de Power Rangers se montre donc très fidèle à l'original. Hélas, la fidélité du métrage de Dean Israelite s'arrête à peu près ici, pour la simple et bonne raison que le film ne choisit jamais un ton précis. Et c'est là son plus gros défaut, puisque la couverture que tire successivement à soi le réalisateur, les producteurs et le scénariste se déchire très rapidement. Lors de l'entrée en scène de l'antagoniste, Rita Repulsa (incarnée par une Elizabeth Banks en roue libre), pour être exact.

Après une première partie partageant l'ambition affichée par Dean Israelite, qui se pensait capable de réinventer Power Rangers dans un monde plus crédible (à la manière d'un Christopher Nolan sur Batman) le film change en effet de direction. Il finit même par en prendre plusieurs, tout à fait contraires. Et qu'il soit né de conflits créatifs ou de reshoots (l'un implique souvent l'autre) le constat reste le même : le film est incapable de choisir entre l'hommage nostalgique, la parodie très appuyée ou la modernisation sérieuse, comme s'il pensait pouvoir jouer sur les trois tableaux, en même temps. Power Rangers programme donc lentement mais surement son implosion.

Elle survient dans un troisième acte qui risque bien de servir, à ses détriments, de cas d'école : après nous avoir assommé avec plus d'une heure de justification permanente - c'est tout juste si la symbolique derrière les couleurs n'est pas expliquée - le film abandonne toute cohérence et donne dans un drôle de mélange qui rappelle tantôt la méthode Marvel Studios et sa dédramatisation, tantôt Transformers et son apocalypse numérique. Seulement, Lionsgate n'a ni le savoir-faire du premier ni les moyens du second. Et ça se voit, beaucoup. Comme lorsque les Zords s'assemblent hors-champ pour donner naissance au Megazord, qui aurait eu droit à son money shot interminable chez Michael Bay. Ironiquement, le film se permet d'ailleurs de taquiner la licence Transformers dans une petite vanne pour nerd calquée sur celles des Avengers de Joss Whedon, qui sonne cruellement fausse.

A n'en pas douter, derrière ce Power Rangers se cache un producteur ou un marketeux qui a parfaitement compris et digéré les codes du super-héros et de la méthode Marvel Studios, qu'il entendait appliquer aux jouets si précieux d'Haim Saban. Seul problème, son prestataire, Dean Israelite, est de son côté persuadé qu'il peut rendre le matériau de base crédible, sans avoir recours aux gimmicks de la concurrence - difficile d'imaginer deux approches aussi opposées. Sans surprise, leur rencontre donne naissance à un film bâtard, parfait reflet du Hollywood de 2017 : on veut tout expliquer, on parle en références et on oublie de raconter une histoire. Alors quand en plus, on arrive même pas à caser le riff de guitare originel sur de belles images, on rend l'argent, Lionsgate. 



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