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Contes du Soleil Noir : Crash, la critique

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ReviewLe 09 Mai
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8 /10
On a aimé
• Le ton
• Un récit rythmé et enthousiasmant
• Une histoire ancrée dans le réel
• Le mystère
On a moins aimé
• Trop de name dropping tue le name dropping

Malika est une mère célibataire qui vit en région parisienne. Les ménages qu’elle fait lui rapportent à peine de quoi subvenir aux besoins de sa famille. Elle essaie pourtant, envers et contre tout, de briser la spirale de la précarité qui l’étreint son fils et elle, jusqu’à ce qu’un AVC vienne la terrasser. À l’état végétatif, après de longs mois dans le coma, la seule et unique chose qui la stimule est la télévision.

Le fantastique est souvent une histoire d’ambiance. De Maupassant en passant par Chris Carter et son X Files les œuvres réussies savent créer une atmosphère qui enveloppe le lecteur. Crash d’Alex Jestaire, publié Au Diable Vauvert, possède cette magie. Ce court roman arrive parfaitement à susciter ce sentiment d’évoluer dans un espace étrange et captivant.

L’histoire est racontée par Geek, une figure qui n’est pas sans évoquer le narrateur cadavérique des Contes de La Crypte immortalisée tout d’abord en comics puis par la série télévisée. Ils partagent tous deux cette distance et ce ton sarcastique qui donne sa dynamique à l’histoire. Si ce personnage aurait pu paraître bancal, il se nomme « Geek », tout de même, il n’en est rien. En tant qu’hôte, il accompagne, le lecteur dans les méandres d’un univers où nécromancie, cybermagie, envoûtements et pouvoirs psychiques existent pour qui sait les voir. Il balise le récit grâce à ses interventions savoureuses, il est le révélateur du fantastique qui se cache derrière le drame qui frappe l’héroïne.

À l’instar d’un Stephen King, Alex Jestaire se sert de la loupe de l’étrange pour revigorer le réel. Afin d'exacerber l’ancrage dans le quotidien, l’auteur use de name dropping de marques ou de titre de série télévisée. Même si ce procédé s’avère très utile pour étayer le contexte, il finit malheureusement par s’apparenter à du placement produit tant il est présent.

L’écrivain arrive à merveille à retranscrire la précarité du personnage principal sans que cela paraisse caricatural ou misérabiliste. Il place aussi son intrigue dans notre histoire récente et y évoque tour à tour le tsunami à l’origine de la catastrophe nucléaire de Fukushima ou les attaques terroristes qui ont frappé la France entre 2015 et 2016. Il ne se sert pas de ces éléments pour en tirer des vérités, mais il les utilisent avec adresse comme un outil de narration où s’instille l’étrange.

Crash, le premier des cinq volumes qui composeront Les Contes du Soleil Noir, est une excellente surprise. Ce court roman vendu à un prix modique se dévore d’une traite. Avec ce livre, Alex Jestaire arrive à créer une histoire fantastique qui n’est pas sans rappeler les œuvres de Stephen King. Comme le maître de l’horreur, il arrive à mêler le réel et l’étrange avec talent sans que cela paraisse inapproprié, forcé ou factice.

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