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Twin Peaks S03E01-02, la critique sans spoiler

8
ReviewLe 23 Mai
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9 /10
On a aimé
• David Lynch 101
• Une mythologie et un mystère étendus
• Le contrôle des auteurs
On a moins aimé
• Peu de focus sur Twin Peaks et ses habitants dans ce pilote

Si les séries TV nous ont récemment habitués aux sauts temporels et aux revivals en tous genres, aucune n’aura si bien joué le jeu que Twin Peaks. Souvent considérée comme la mère du changement dans le paysage audiovisuel américain, la série de David Lynch et Mark Frost revenait ce dimanche pour une troisième saison, vingt-six ans après la seconde, et vingt-cinq ans après les dernières aventures de l’Agent Cooper et des habitants de Twin Peaks. Un retour qui fut aussi secret que maîtrisé.


Dire que l’attente aura été longue serait un euphémisme. Née pendant les prémisses d’Internet, la série avait, peu avant X-Files et bien avant Lost, enflammé les théoriciens de l’époque grâce à ses mystères et à sa mythologie finement conçus par le duo d’auteurs. Le tout avant l’annulation abrupte de la série d’ABC devant la chute d’audience de la seconde saison, et la sortie d’un film préquelle répondant à certaines questions mais en posant beaucoup d’autres. Loin d’être las de théoriser, les fans de la série avaient tout de même perdu espoir après de longues années de voir leur univers préféré revenir à l’écran.

Mais c’était sans compter sur la légende qu’a laissé la série derrière elle, et une fameuse phrase prononcée par Laura Palmer (Sheryl Lee) dans le dernier épisode de la série : « On se reverra dans vingt-cinq ans, Agent Cooper ». Une promesse finalement presque tenue. Dès 2014, avec la sortie de bonus inédits du film, l’annonce d’un livre par Mark Frost puis enfin l’annonce d’une série, le mythe était relancé.

Nul besoin de vous préciser que les presque deux heures d’épisodes qui nous ont été offertes en introduction rebondissent sur cette fameuse phrase de Laura Palmer à l’Agent Cooper (Kyle MacLachlan), coincé dans la Loge Noire alors que son double maléfique a déserté dans la réalité. Nul besoin non plus de vous préciser que vous n’êtes pas devant une série classique, et que David Lynch et Mark Frost n’ont pas envie de répondre tout de suite à vos questions. Ainsi débutent de nouveaux mystères venant compléter et élargir significativement la mythologie de Twin Peaks, et bien au-delà de la petite ville de l’Etat de Washington.

Naviguant entre anciens et nouveaux personnages mais privilégiant ces derniers, ce qu’on peut considérer comme le pilote de cette seconde série tient d’emblée ses promesses en ne faisant pas la même erreur que beaucoup : il crée de nouvelles choses plutôt que de se reposer sur ses lauriers et sur des gimmicks éculés. Et il prend son temps.

Si nous reparlerons très bientôt des épisodes trois et quatre, mis à disposition des abonnés Showtime dans la foulée des deux premiers, on notera déjà que ces derniers servent de lettre d’intention de David Lynch en premier lieu, comme une vitrine ouverte sur son esprit, et faisant des rappels dans tous les sens à sa filmographie et à ses codes, empruntés aussi bien au fantastique qu’à l’horreur, avec un supplément de surréalisme encore dosé avec parcimonie dans ces deux premières heures (là où la troisième explosera les compteurs).

Mais Mark Frost n’est pas en reste, notamment avec l’expansion de la mythologie qui justifie, et référence parfois, son récent livre L’Histoire Secrète de Twin Peaks. Un livre propulsé au rang de vrai élément transmédia de l’œuvre globale, à la différence de la plupart des œuvres du genre, souvent oubliées au besoin.

Grâce à tout cela, les fans du duo Lynch / Frost, et de leur esprit, seront largement comblés. Mais ce sera peut-être au détriment de fans d’un autre genre, ceux de Twin Peaks au-delà de son duo d’auteur. N’oublions pas que d’un côté, la moitié de la série originale n’a pas été gérée par ses auteurs initiaux, et que d’un autre côté son action était limitée, globalement, à la ville de Twin Peaks. Ici, cette dernière est peu présente, et on se concentre d’un côté sur Cooper, et de l’autre sur la nouvelle action qui se développe, au détriment de l’ancien cast et du côté soap de la série. Un oubli qui n’en est pas vraiment un, puisqu’on voit en partie les anciens personnages et que nous sommes destinés à nous reconcentrer bien plus profondément sur leur bourgade, mais après quelques épisodes nécessaires à la mise en place de l’histoire. Notons d’ailleurs que le côté décalé de la série est toujours bien présent et se retrouve grâce à de vieilles têtes, tout comme la nostalgie de savoir que certains des acteurs à l’écran nous ont quittés depuis.


Un constat qui pourrait simplifier la vie des nouveaux spectateurs, mais ce serait sans compter sur le fait que seuls les fans et les analystes les plus assidus de la série auront les clés nécessaires pour comprendre où nous allons, alors que les autres se demanderont dans quel dimension télévisuelle observer quelqu’un regarder une boîte vide pendant dix minutes est intéressant.

Techniquement, la série monte en gamme et offre une image léchée, qui pourra parfois déstabiliser (notamment via les rideaux de la Loge Noire) et une ambiance sonore sobre et maîtrisée, chaque détail étant à prendre en compte. On notera d’ailleurs que seul David Lynch est crédité en tant qu’éditeur au son, et qu’on le retrouve jusqu’ici en tant qu’assistant monteur pour tous les épisodes.

Mais en tant que fan, après deux heures de visionnage, on se retrouve déjà contentés et on se prend à théoriser sur tous les éléments qui nous ont été fournis, contents d’avoir compris la moitié de ce qu’on a vu, tout en appréhendant mieux la dynamique et les problématiques de certains personnages clés.

Loin de se reposer sur leurs acquis, David Lynch et Mark Frost prennent le risque d’étendre et de transformer, parfois radicalement, la mythologie de leur série. On les sent réellement maîtres de ce qu’ils font, et c’est probablement ce qui rend ce retour si aboutit dans un univers où on aura de toute façon du mal à imaginer où nous en serons après dix-huit heures d’épisodes. Chapeau bas.


Ce qu’on retient de ces deux premières heures (léger spoiler) :
- 430 – Richard et Linda ;
- L’évolution du bras ;
- Ne jamais avoir de relations sexuelles à l’écran dans Twin Peaks ;
- What’s in the box?!
- 253, encore et encore.

N'hésitez pas à discuter de l'épisode, de ce que vous en avez pensé, et de vos premières théories en commentaires (sans oublier d'utiliser des avertissements à spoiler).


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