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Os de lune, la critique

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ReviewLe 26 Jui
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4 /10
On a aimé
• Des personnages sympathiques
On a moins aimé
• Des coquilles
• Des personnages clichés
• Des intrigues éludées
• Un univers secondaire peu incarné
• Des passages confus
• Un final convenu

Cullen, jeune new-yorkaise dynamique, file le parfait amour avec un basketteur professionnel. Pendant sa grossesse, des rêves envahissent peu à peu son quotidien. Elle se retrouve dans un univers onirique, Rondua, où elle a pour but d’aider son fils à récupérer les cinq os de lune. Ces songes récurrents finiront par empiéter sur sa vie de tous les jours et feront ressurgir les blessures de son passé.

L’éditeur Aux Forges de Vulcain republie Os de Lune de Jonathan Caroll, initialement paru au début des années quatre-vingt-dix en français chez Albin Michel. Pour rehausser l’intérêt que pourrait provoquer cette œuvre, le roman s’ouvre par une préface dithyrambique de Neil Gaiman qui parle du talent de l’auteur, qui fut honoré tout au long de sa carrière de distinctions littéraires prestigieuses, notamment le World Fantasy Award en 1988, le Bram Stoker Award en 1992 ou encore le Grand Prix de l’Imaginaire en 2000.

Avant de revenir sur l’intrigue dOs de Lune, il est inévitable d’aborder le travail de réédition mené par les Forges de Vulcain, car sous sa couverture sobre et plutôt attrayante se cache un champ de coquilles qui ne passe pas inaperçu. Tout laisse à croire que le texte n’a pas joui du soin nécessaire pour éliminer toutes les scories qui se trouvent dans ce livre. Le lecteur pourrait pardonner ces errements éditoriaux si l’histoire se révélait excellente, mais ce n’est pas le cas.

Pourtant le pedigree de l’auteur et la promesse faite par la quatrième de couverture annonçaient un roman alléchant. Malheureusement, il se heurte à un défaut majeur, ces personnages semblent sortir tout droit d’un mauvais téléfilm tant ils apparaissent stéréotypés. On y trouve pêle-mêle : un voisin tueur en série ; un mari, basketteur, qui se blesse et qui doit se réinventer ; un fils dans le monde fantastique qui suit une quête impossible ; un bellâtre ténébreux, réalisateur de cinéma, qui tombe follement amoureux de l’héroïne. Afin de montrer ce qui est symptomatique de ce roman, il suffit d’évoquer la première rencontre entre Cullen et celui qui deviendra son grand ami et confident. Ce protagoniste est homosexuel. Dans le roman, ces aventures avec des hommes ne se résument qu’à de vagues allusions. L’héroïne devine du premier coup d’œil l’orientation sexuelle de celui-ci, parce qu’il est maniéré dans ses gestes. Difficile de faire plus cliché !

Les protagonistes qui évoluent dans le monde des rêves ne sont pas mieux traités. En plus d’être dénués d’originalité, ils se révèlent totalement anecdotiques. Ils se résument principalement à une fonction narrative : faire avancer l’histoire. Il s’avère donc très difficile de s’attacher à eux et d’éprouver de l’empathie lorsque l’un d’eux meurt.

Le seul personnage qui bénéficie de l’intérêt de l’écrivain est l’héroïne principale, Cullen. Le récit s’articule autour de son point de vue, et l’auteur mettra près de cinquante pages à l’étayer et à creuser ses failles avant d’intégrer l’élément fantastique.

La base de ce roman repose pourtant sur une idée accrocheuse : faire cohabiter trois genres que l’on a peu l’habitude de voir associés, la romance, la fantasy et le thriller. Chacun d’entre eux apparaît l’un après l’autre afin d’enrichir l’intrigue et donner une identité forte à cette œuvre. L’univers onirique qui est le cœur du livre se révèle aussi dénué d’originalité que les personnages. Les os de lune se réduisent à de simples macguffins. Ils servent à justifier la présence, rêve après rêve, de Cullen auprès de Pepsi pour l’aider dans sa quête.

D’ailleurs, l’alternance entre le monde réel et le monde merveilleux ne se fait pas sans difficulté. La toute première fois où l’héroïne se retrouve à Rondua, les scènes s’enchaînent sans raison logique. Il faut s’y reprendre à plusieurs fois avant de comprendre ce qui se passe vraiment. Heureusement, la lecture se révélera moins confuse par la suite.

Toute la trame du roman repose sur un rythme elliptique et heurté. L’auteur élude certains passages. Il annonce un événement qui semble crucial pour les personnages et au chapitre suivant il saute à la conclusion sans que l’on ait lu le déroulement des faits. Ainsi la mort d’un des compagnons se produit hors du récit et se résume à une simple allusion.

Cette manière expéditive de traiter l’intrigue permet à l’écrivain d’éviter le piège du sujet épineux de l’avortement qui est au cœur du roman. Il désamorce toute sur-interprétation possible que l’on pourrait faire de son livre en deux phrases. En visant l’efficacité de l’histoire, il échappe à une lecture trop idéologique que l’on pourrait en faire.

La réédition d’Os de lune par Les Forges de Vulcain souffre d’un défaut de relecture flagrant, trop de coquilles viennent entacher les pages. Si l’intrigue peut attraper son lecteur grâce à des personnages attachants, ceux-ci n’en restent pas moins stéréotypés. Quant au monde secondaire inventé par l’auteur, il ne possède pas le souffle merveilleux du Pays Imaginaire de Peter Pan ou l’univers du magicien d’Oz. Seule l’héroïne principale arrive à créer un semblant d’empathie, tous les autres protagonistes ne sont que de la chair à canon tandis que les événements se révèlent comme des expédients dans le seul but de faire avancer l’histoire. Jonathan Caroll offre, au final, une belle aventure à ses personnages pour un divertissement sans saveur.

Galerie Photo Os de lune, la critique

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