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The Last Girl – Celle qui a tous les dons, la critique

6
ReviewLe 28 Jui
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8 /10
On a aimé
• Réussit à proposer du neuf dans un genre surexploité
• La révélation Sennia Nanua
• Une réalisation maîtrisée
• La Bande-Son, originale et envoûtante
On a moins aimé
• La photographie un poil trop fade
• Quelques facilités impossibles à éviter

Note de Republ33k : notre future recrue est de retour aujourd'hui avec une nouvelle critique en attendant une annonce en bonne et due forme !

Des infectés, des zombies, des contaminés, etc… Le cinéma de Genre en voit de toutes les sortes depuis plusieurs décennies et si quelques perles rares ont réussi à donner un souffle nouveau au genre, les produits vu et revus sont également légion. Arrive cet été The Last Girl, adaptation du roman The Girl With All The Gifts de Mike Carey (que vous connaissez, si vous lisez des comics, pour The Unwritten, Lucifer ou Hellblazer), par le réalisateur Colm McCarthy, connu plus récemment pour son travail à la télévision (Sherlock, Peaky Blinders – et bientôt Krypton, tiens). Couronné d’un prix du public au dernier festival de Gérardmer, The Last Girl fait partie des rares films qui profitent de leur réputation pour se tailler une sortie dans les salles obscures françaises. Et à raison.

Dans un futur proche, l’humanité est touchée par une épidémie qui transforme les infectés en bêtes affamées. Une génération d’enfants, infectés depuis leur gestation dans le ventre maternel, a été retrouvée et est étudiée pour trouver un remède. Des enfants en apparence, mais qu’on ne s’y trompe pas : l’odeur humaine réveille très vite leur appétit. Parmi ces jeunes enfants, une jeune fille, Melanie (interprétée par Sennia Nanua dont c’est le premier film et qui est une véritable révélation), semble se faire à la situation et tente de comprendre le monde, bien qu’il soit difficile de trop s’ouvrir quand on passe ses journées dans un bunker attaché à une chaise roulante.


Mais ce point de départ sera bien vite perturbé, après une présentation des personnages qui accompagneront Melanie – à savoir, le Dr. Caldwell, une scientifique obstinée (Glenn Close, très juste), une enseignante,Helen Justineau (Gemma Arterton, très bien également, mais un peu trop effacée) qui se lie d’empathie pour Melanie, ainsi que deux militaires dont la caractérisation est plus travaillée qu’à l’habitude. Une fois la période d’exposition passée, une attaque de "zombies" fait basculer The Last Girldans le pur film de survie et montre ce que beaucoup auront déjà repéré comme une grosse influence moderne : The Last of Us. De l’infection par des champignons de type cordyceps aux environnements urbains repris de droit par la nature, en passant par cette thématique d’une jeune fille pouvant représenter le dernier espoir de l'humanité, l’ensemble des éléments est là, mais repris à une autre sauce. Visuellement, certains plans semblent même presque repris du chef d’œuvre de Naughty Dog, mais il ne faut pas y voir qu’une simple copie.

A l’opposé justement du jeu qui voyait un couple de héros, Mélanie reste le moteur principal du film. "Celle qui a tous les dons" peut-être, et surtout celle qui cristallise toutes les attentions, et toutes les émotions. De la crainte, de la peur, ou de l’empathie voire de l’amour. Les questionnements sont nombreux autour de cette jeune personne, bien plus adulte que quiconque et qui représente l’espoir pour toute une civilisation. Hybride par son statut, elle apporte une touche d’optimisme à de nombreuses reprises dans un univers fort sombre, mais surprendra également le spectateur à plusieurs reprises. C’est là que l’histoire, si elle passe forcément par des passages attendus, arrive à se faufiler dans quelques détours et surtout à proposer une conclusion qui offre un nouveau visage au film d’infectés – ou du moins un autre point de vue.


Alors que souvent le film de zombies s’intéresse plus aux personnes humaines qui vivent dans ce monde, et proposent une critique sociétale, voire politique (en tête, Dernier Train pour Busan), c’est ici une approche écologique qui est abordée et qui pousse à réfléchir sur la place de l’être humain sur terre, face à des situations exceptionnelles. Parce qu’on a trop souvent vu les infectés comme une menace sans pour autant les considérer comme autre chose, la relation entre Melanie et le Dr. Caldwell à base de questions-réponses et de Chat de Schrödinger permet de remettre l’Homme à sa place et rappelle qu’il n’est pas forcément éternel. Ce ne sera pas l’apport le plus révolutionnaire pour ce type de cinéma, mais l’argument écologique, voire éco-systémique est neuf et permet d’avoir une forme de "happy ending" qui laisse particulièrement songeur.

Mais puisque la destination est déjà abordée, parlons également du voyage, qui profite d’un savoir-faire technique indéniable de la part de Colm McCarthy. Si la photographie, ou du moins le rendu des couleurs, reste un peu fade, le réalisateur sait manier une caméra et le montre à de multiples reprises. Les passages en huis clos, au plus proche des personnages, alternent avec des plans d’ensemble parfois vertigineux – et on remerciera tous les figurants lors des scènes remplies d’infectés. Certaines séquences devraient également rester imprimées quelques temps dans les rétines, comme l’attaque des infectés en première partie, qui est filmée en plan-séquence de façon hyper carrée. D'autres moments plus brefs mais tout aussi touchants ("la main sur la tête", "le brasier final", comprendront ceux qui l’auront vu) démontrent du savoir faire du réal' et son équipe pour faire de belles images. Les acteurs ne sont pas en reste et malgré les archétypes présentés, arrivent par leur écriture à éviter bon nombre de clichés et à rester dans une certaine justesse. En soi il faudra juste passer par quelques facilités d’écriture pour faire avancer la trame, mais rien de bien gênant.


Et comment ne pas mentionner la bande-son de The Last Girl ? Là aussi on se retrouve loin des productions habituelles dans le film de Genre. Composée par Cristobal Tapia de Veer (Humans, Utopia), la musique propose des mélodies à moitié chantées, fredonnées, qui donnent une ambiance hypnotique dans laquelle il fait bon se perdre. Ce n’est certainement pas pour rien d’ailleurs que l’OST a eu un prix, là aussi au dernier festival de Gérardmer. Enfin, parlons aussi sur les effets spéciaux qui arrivent à être convaincants malgré le petit (tout est relatif) budget du film. Les maquillages sur les infectés renvoient au champignon responsable de l’infection, bien que les déformations physiologiques auraient pu être plus importantes, et ceux qui chercheront un peu d’hémoglobine ne seront pas en reste avec des effets "à l’ancienne" qui font toujours plaisir à voir.

En définitive il n’y a pas grand chose à reprocher à The Last Girl, si ce n’est quelques écueils qu’il devient presque impossible de ne pas toucher tant le film de zombies a vécu et revécu. Mais avec une histoire riche et qui propose un nouveau point de vue sur la question de l’infecté, une réalisation maîtrisée, une bande-son envoûtante et surtout la révélation qu’est Sennia Nanua, vous auriez tort de vous priver de ce qui est certainement une belle bouffée d’air frais dans le cinéma de genre zombiesque. Une honnête réussite, dont on a hâte de voir d’autres s’inspirer pour revitaliser l’horreur sur grand écran.



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Glenn Close Gemma Arterton Colm McCarthy Celle qui a tous les Dons The Girl With All The Gifts The Last Girl Mike Carey
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