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American Horror Story : Cult, la critique du premier épisode

4
ReviewLe 06 Sep
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8 /10
On a aimé
• Le parti pris plus terre-à-terre
• Un vrai miroir sociétal et politique
• Le casting toujours aussi bon
• Continue de brasser les influences horrifiques
On a moins aimé
• Quelques répétitions
• Le manque de "fantaisie" pourra rebuter certains

On pourrait craindre qu'au bout de sept saisons la série anthologique American Horror Story tourne en rond. Mais après leur satire du docu-tv réalité réussie, cette nouvelle mouture, sous-titrée "Cult", délaisse un poil son surnaturel pour s'ancrer dans l'horreur bien humaine d'une actualité qu'on ne peut plus ignorer.

Il fallait oser le faire, et Ryan Murphy n'abandonne pas ses idées. Déjà aperçue dans les quelques trailers diffusés, la dimension politique de AHS : Cult frappe fort en prenant comme point de départ la date du 6 novembre 2016, soirée électorale qui a vu Donald Trump accéder à la position la plus puissante des Etats-Unis. Un événement vécu pour beaucoup comme un traumatisme, pour d'autres comme un échappatoire, et sans (trop) prendre de parti, la première séquence permet déjà d'axer cette nouvelle saison dans une dimension très terre-à-terre, qui va aller chercher les problèmes de la société américaine pour dévoiler une véritable terreur, de celle dont on ne peut détourner les yeux puisqu'elle s'affiche au quotidien. Il n'y a pas plus grande horreur que celle du réel et le début de cette présidence est rapportée telle qu'elle nous est apparue de l'autre côté de l'océan. Médias, discours, tweets, certes, mais c'est surtout dans ce que cette élection révèle de l'Amérique - et des sociétés occidentales en général - que doucement la terreur va pouvoir s'installer. 

La défiance des personnes envers ceux qui ne partagent pas les mêmes idées, la peur de l'autre, pour son orientation sexuelle (et on notera à cet égard le choix de faire des héroïnes principales un couple de lesbiennes mariées), pour ses origines, vont être au centre de tensions, qui commencent doucement à partir d'incivilités presque anodines (mais qui marquent justement par cette violence qui se cacherait presque) jusqu'à de véritables effusions de sang, là aussi rappelées à une certaine réalité avec des images de journaux télévisés qui pointent avec combien de difficultés le vivre ensemble peine à rester en place. Bien entendu, il y a un parti pris de la part de l'équipe, mais qui arrive à se placer au-delà des figures politiques pour se placer à l'échelle  de la paranoïa citoyenne. Mais la peur, et sa place dans la société, sont clairement de mise et promettent, avec le bon traitement, certainement la saison la plus intéressante et profonde à suivre dans l'histoire d'AHS.


Outre ce côté politique qui d'ailleurs pourrait rebuter ceux qui recherchaient encore l'ambiance melting pot horrifique des premières saisons, l'élection du Trump sert aussi de déclencheur pour réveiller les peurs d'Ally (Sarah Paulson) ce qui permet de renouer avec un folklore horrifique américain - et de faire revenir une figure culte de American Horror Story : Freakshow. Mais là où les phobies vont permettre d'avoir nombre d'images fantasmées et sur-réalistes, le fait de jouer sur la possible folie d'Ally est aussi une façon de rester très terre à terre tel que le propos semble voulu. On pourra malgré tout déjà relever quelques références à d'autres oeuvres contemporaines de l'horreur, de Ca (forcément, quand il y a des clowns...) aux récents The Purge qui jouaient déjà sur les dissensions sociales et politiques en Amérique. Une façon de rester en terrain connu, surtout que les équipes continuent de se montrer assez généreuses en matière d'hémoglobine quand il le faut. Il faudra attendre les prochains épisodes pour le confirmer, mais les scènes graphiques pourraient là aussi pâtir d'un manque de recul, par rapport à la distance qu'il est possible de prendre lorsqu'on se situe dans le fantastique.

Quant aux personnages et aux acteurs chargés de les interpréter, ils restent une très grande force du show de Ryan Murphy, malgré une écriture par moments un peu grossière (notamment dans les réactions politisées de certains d'entre eux). Et comme la série elle-même, qui a pu connaître quelques aléas tout en restant globalement de bonne qualité, c'est la capacité du cast à se renouveler qui impressionne. Les performances d'Evan Peters (suprémaciste blanc on ne peut plus inquiétant) et Sarah Paulson (névrosée en perte totale de contrôle) alimentent une intrigue pesante mais qui ne se laisse pas encore trop dévoiler. L'ajout d'Alison Pill (qui a des airs d'Ellen Page ici) et de Billie Lourd (Scream Queens) fait mouche avec d'un côté une douceur mêlée de rationnalisme, et de l'autre un personnage hyper creepy dont les intentions sont plus que louches. Et il me paraît aussi important de souligner par ailleurs la part importante accordée aux personnages féminins dans une belle diversité de rôles.


Ce premier épisode est-il parfait ? On serait presque tenté de répondre par l'affirmative mais il y a quelques petites fautes à dénoter malgré tout. En particulier, une séquence du super-marché un peu longuette, ou la crainte d'avoir un côté trop répétitif avec les hallucinations du personnage d'Ally. Aussi, le manque de folie dans l'imaginaire par rapport à des précédentes saisons qui se sont montrées très imaginatives pourra-t-il rebuter, mais AHS a su montrer par le passé sa capacité à se diversifier ; et comme vous l'aurez compris dans cette critique, ce côté vient d'un parti pris important et qui, à l'humble avis de votre rédacteur, est à souligner.

Avec une telle ouverture American Horror Story : Cult signe là un très beau démarrage pour ce qui pourrait être l'une de ses meilleures saisons. Le parti pris de s'axer dans une actualité politique et sociétale permet à la série de transcender son côté train fantôme généreux et de pointer le doigt sur ce qui fait réellement mal. Accompagné d'un casting au poil, on peut dire que ce premier épisode est plus que prometteur, et les attentes n'ont jamais été aussi hautes pour une série de ce genre là.


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