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Stephen King : trois romans à découvrir ou à redécouvrir

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DossierLe 24 Sep
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Le nom de Stephen King hante les médias depuis le milieu des années soixante-dix. En tant qu’écrivain, il peut se targuer d’avoir marqué l’imaginaire collectif de ces œuvres, à tel point qu’aujourd’hui on peut les connaitre sans jamais avoir ouvert un de ses livres. Il doit son omniprésence dans le paysage culturel aux multiples adaptations de ses écrits. Les succès récents de Stranger Things dont il est l’inspiration flagrante et du film Ça réalisé par Andy Muschietti démontre l'impact qu’il possède sur les écrans. L’auteur est à l’origine de près de quatre-vingts longs métrages et ce nombre va encore grossir. Il ne se passe pas une semaine sans que soit annoncée une nouvelle adaptation d’un de ses livres ou d’une de ses nouvelles.

Pourtant, réduire cet auteur à ces adaptations c’est se couper de la qualité de ses romans qui empruntent autant à Richard Matheson ou H.P. Lovecraft qu’à de grands auteurs naturalistes. Stephen King est poussé par les mêmes pulsions que tous ses contemporains : écrire le grand roman américain. Contrairement à Philip Roth ou Jack Kerouac ou plus récemment Jonathan Frantzen, il utilise bien souvent les artifices de la culture populaire comme le fantastique ou l'horreur pour raconter les États-Unis. De plus, lesdites adaptations n'ont pas toutes rendu grâce au matériel de base, loin de là.

Nul besoin d’être un producteur désireux de surfer sur la vague des films d'épouvante rétro à bonne odeur d’année 80 pour s’intéresser à ses œuvres. La puissance de sa prose devrait suffire à susciter l’attention. Pourtant, comment ne pas être pris de vertige lorsqu’on constate qu’il est à l’origine de plus d’une soixantaine de livres ?

Pour vous aider à vous initier au maître de l’horreur, j’ai retenu trois romans issus de sa bibliographie pléthorique. Si ce sont mes trois romans préférés, ce n’est pas anodin, j’ose l’avouer. Ce sont trois œuvres qui m’ont marqué profondément par l’humanité qui s’en dégage. Trois livres que j’ai relus à plusieurs reprises, en retrouvant toujours le même plaisir.

 

1. | Carrie

Chapitre I | Carrie

Carrie est le tout premier roman publié en 1974 de Stephen King, mais le destin de cette œuvre aurait pu être tout autre. L’auteur raconte dans un essai à caractère autobiographique, Écriture : Mémoire d’un métier, que sa femme retrouva les trois premières pages du manuscrit dans une poubelle. Ce n’est que sur son insistance qu’il décida de reprendre l’écriture du livre qui lancera sa carrière.

Dès les premières pages, on sait que l’histoire se terminera mal. On en connait la cause : Carrie. Une jeune fille de dix-sept ans, souffre-douleur depuis sa plus tendre enfance. Un jour alors qu’elle se lave dans les douches collectives du lycée, elle découvre qu’elle a ses premières règles. Ce passage obligé dans la vie d’une adolescente prend des allures de cauchemar. Elle est convaincue de faire une hémorragie. Les autres filles de la classe la prennent à partie, elles ne comprennent pas sa réaction de bête affolée. Dans un déchaînement digne d’une meute de loups, elles l’injurient et la bombardent de serviettes hygiéniques. Au cours de cet incident, le pouvoir de télékinésie de Carrie s’éveillera. Sous l’emprise de la colère, elle peut déplacer des objets par la pensée. 


L’adolescente est élevée par une mère extrémiste religieuse que toutes les affaires du corps répugnent. Dès que son enfant déroge aux préceptes bibliques qu’elle édicte, elle se retrouve sévèrement punie. Le contexte est posé. La tragédie n’a plus qu’à s’écrire. L’histoire est construite comme une enquête où chaque chapitre ajoute un élément pour expliquer le drame qui surviendra au terme du roman.

Carrie connaîtra, tout de même, au cours du récit, un moment d'accalmie, mais l’histoire l’a annoncée, cette parenthèse ne durera pas. Premier roman. Premier chef d’œuvre. Stephen King dresse avec justesse le parcours de cette fille écrasée par les interdits religieux. Il maîtrise son intrigue à merveille. Il met le lecteur face à l’inexorable et il déroule la trame de son récit. Le regard qu’il porte sur la société est sans concession. Il aborde des thèmes comme l’ostracisme, le fanatisme religieux ou la cruauté de l’adolescence. Ce roman agit comme un rollercoaster émotionnel, dès l’ouverture on se retrouve happé par l’histoire.

2. | Dolores Claiborne

Chapitre II | Dolores Claiborne

Dans ce roman, Stephen King embrasse pleinement la veine naturaliste sans se parer des effets fantastiques et horrifiques qui ont fait son succès. Il parle, avec empathie, des sans-grade qui tentent de se démener dans une vie qui ne leur a jamais fait de cadeaux. Dolores Claiborne est une vieille femme accusée du meurtre de Vera Donovan pour qui elle travaillait comme domestique. 

Tout le roman se concentre sur sa parole, sa gouaille, devrais-je dire, lors de sa déposition. Femme ayant tout vécu, elle ne se laisse pas impressionner par la situation. Elle n’hésite pas à un seul moment à jurer comme une charretière ou à invectiver les policiers qui la questionnent sur la mort de son ancienne employeuse qu’elle se défend d’avoir tuée. Par contre, elle profite de sa présence au poste pour avouer une chose qui lui pèse sur la conscience, le meurtre de son mari, pendant la journée de l’éclipse totale du 20 juillet 1963. 

Ce roman s’inscrit dans une trilogie informelle complétée par Jessie et Rose Madder centrée sur les femmes. Dolores Claiborne apparaît comme le plus abouti des trois. Avec son art consommé du thriller, Stephen King met tout son talent dans une intrigue serrée autour de la question de savoir si Dolores a commis ou non les crimes dont on l’accuse. Ce roman est porté par la voix, d’une femme merveilleuse qui nous envoûte de sa musique sincère et directe, dès les premières pages. 

Dolores Claiborne fait, tout simplement, partie des meilleurs personnages issus de la bibliographie conséquente de Stephen King

3. | La Ligne Verte

Chapitre III | La Ligne Verte

La Ligne Verte est tout d’abord née d’un pari fait à Stephen King par son agent, Ralph Vicinenza, celui d’écrire un roman-feuilleton comme ceux de Charles Dickens. L’auteur se prêta au jeu et s’imposa de publier son livre avant d’en avoir écrit la fin. Il délivra ainsi son roman en six parties parues successivement, avant d’être regroupées dans le format de poche que l’on trouve aujourd’hui en librairie.

Paul Edgecombe, ancien gardien-chef, responsable du bloc E du pénitencier de Cold Mountain, écrit ses mémoires. Il revient sur les événements qui se sont produits, en 1932, à la suite de l’arrivée du prisonnier John Caffey, un géant noir, accusé du meurtre de deux fillettes. Le héros est convaincu de l’innocence de cet homme doué d’un étrange pouvoir de guérison. Il fera, alors, tout pour lui éviter la chaise électrique. 

Stephen King parle du système carcéral sans fard, grâce à des personnages puissants, que ce soit l’intrigant John Caffey ou le sadique gardien Percy Witmore. Il montre dans ce lieu dédié à la mort l’humanité dans sa plus grande crudité. Malgré la pesanteur de la situation, l’auteur arrive à instiller des moments plus légers, avec les pitreries de Mister Jingles, la souris, ou les moments de franche camaraderie entre les gardiens. Il jauge avec talent ses effets faisant passer le lecteur du rire aux larmes, pour laisser respirer l’intrigue.

Ce roman est un plaidoyer de l’auteur contre le racisme et la peine de mort. Il le fait tout en gardant en tête la volonté de proposer une intrigue imparable qui emporte le lecteur dans un récit bouleversant qui ne laissera pas indemne. 

4. | Et la Tour Sombre alors ?

Chapitre IV | Et la Tour Sombre alors ?

Mention spéciale pour La Tour Sombre. S’il n’y figure pas dans cette sélection, c’est parce que le premier opus du cycle, Le Pistolero, est un roman très faible. Même si l’univers proposé est intrigant, cette ouverture ne possède pas encore le souffle des volumes suivants.

J’ai dû me faire violence pour ne sélectionner que trois romans. Ça, Dead Zone, Misery, Shining auraient très bien pu se trouver dans cette liste. À vous de me dire en commentaire quels sont les livres qui vous ont marqués et que vous conseillerez à celles et ceux qui souhaiteraient découvrir la littérature de Stephen King.

Chapitre I | Carrie

Carrie est le tout premier roman publié en 1974 de Stephen King, mais le destin de cette œuvre aurait pu être tout autre. L’auteur raconte dans un essai à caractère autobiographique, Écriture : Mémoire d’un métier, que sa femme retrouva les trois premières pages du manuscrit dans une poubelle. Ce n’est que sur son insistance qu’il décida de reprendre l’écriture du livre qui lancera sa carrière.

Dès les premières pages, on sait que l’histoire se terminera mal. On en connait la cause : Carrie. Une jeune fille de dix-sept ans, souffre-douleur depuis sa plus tendre enfance. Un jour alors qu’elle se lave dans les douches collectives du lycée, elle découvre qu’elle a ses premières règles. Ce passage obligé dans la vie d’une adolescente prend des allures de cauchemar. Elle est convaincue de faire une hémorragie. Les autres filles de la classe la prennent à partie, elles ne comprennent pas sa réaction de bête affolée. Dans un déchaînement digne d’une meute de loups, elles l’injurient et la bombardent de serviettes hygiéniques. Au cours de cet incident, le pouvoir de télékinésie de Carrie s’éveillera. Sous l’emprise de la colère, elle peut déplacer des objets par la pensée. 


L’adolescente est élevée par une mère extrémiste religieuse que toutes les affaires du corps répugnent. Dès que son enfant déroge aux préceptes bibliques qu’elle édicte, elle se retrouve sévèrement punie. Le contexte est posé. La tragédie n’a plus qu’à s’écrire. L’histoire est construite comme une enquête où chaque chapitre ajoute un élément pour expliquer le drame qui surviendra au terme du roman.

Carrie connaîtra, tout de même, au cours du récit, un moment d'accalmie, mais l’histoire l’a annoncée, cette parenthèse ne durera pas. Premier roman. Premier chef d’œuvre. Stephen King dresse avec justesse le parcours de cette fille écrasée par les interdits religieux. Il maîtrise son intrigue à merveille. Il met le lecteur face à l’inexorable et il déroule la trame de son récit. Le regard qu’il porte sur la société est sans concession. Il aborde des thèmes comme l’ostracisme, le fanatisme religieux ou la cruauté de l’adolescence. Ce roman agit comme un rollercoaster émotionnel, dès l’ouverture on se retrouve happé par l’histoire.


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