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L'espace d'un an, la critique

3
ReviewLe 28 Sep
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8 /10
On a aimé
• Les interactions entre les personnages
• Du vrai space opera
• Les espèces extraterrestres
On a moins aimé
• Une structure narrative assez classique

« Les gens dont on se souvient, ce sont ceux qui ont décidé des frontières sur nos cartes. Personne ne se souvient de ceux qui ont construit les routes »

Le Voyageur est une navette spatiale qui a pour fonction de creuser des tunnels dans l’espace. Les membres de ce vaisseau sont engagés pour établir la toute première voie avec une planète dans une partie reculée de la galaxie. Ce long voyage sera l’occasion pour Rosemary, qui vient tout juste de rejoindre l’astronef d’apprendre à connaître l’équipage hétéroclite composé d’humain et d’aliens avec qui elle vivra une année entière.

Depuis le retour de Star Wars puis de Star Trek sur les écrans le space opera retrouve ses ambassadeurs auprès du grand public. La littérature n’a de son côté jamais cessé de proposer d’excellents récits d’aventure spatiale. Avec L’espace d’un an, les éditions l’Atalante démontrent une fois de plus que ce genre possède encore de belles heures devant lui. Becky Chambers, son autrice, convoque dans son roman tous les éléments qui en font toute sa saveur. Ainsi, dans ce livre, il est difficile pour le lecteur de ne pas remarquer les accointances avec les grandes œuvres qui ont jalonné ce pan de la science-fiction. L’écrivaine marche dans le pas de ces glorieux aînés pour construire une histoire passionnante de la première à la dernière page.

Rosemary apprendra au cours de son périple à connaître l’équipage composé d’humains et d’extraterrestres avec qui elle partagera des moments intenses.

Dans les faits, les humains qui peuplent le vaisseau apparaissent de prime abord comme archétypaux. Ils répondent à des schémas de caractère plutôt convenus, comme Ashby, le capitaine, un individu d’une probité proche de celle du Capitaine Jean-Luc Picard dans Star Trek The Next Generation. Rosemary aura, quant à elle, le rôle de la jeune ingénue qui fuit un lourd passé. On trouvera aussi Corbin l’asociale à l’humeur détestable qui servira de vecteur de conflit au sein du groupe. Même si les humains reposent sur des bases classiques, l’autrice prend le temps de les travailler pour leur donner du corps.

L’une des véritables réussites de ce roman, ce sont les races aliens. Becky Chambers construit ses extraterrestres avec brio. Ils ne sont pas que des figurants qui ne sont bons qu’à donner la coloration science-fiction à ce récit. L’écrivaine explore toute leur singularité. Elle leur offre une âme. On retrouve parmi eux des protagonistes poignants comme le Docteur Miam, le dernier représentant de son espèce qui officie à la fois comme cuisinier et médecin de bord ou encore le mystérieux Ohan, l’être double qui est capable de calculer à la volée un chemin entre l’espace et le temps.

Comme dans Firefly de Joss Whedon, la relation entre les personnages est l’élément moteur de l’intrigue. Becky Chambers nous fait croire aux interactions qui se jouent entre eux. Elle consacrera parfois un chapitre à un protagoniste en particulier pour mieux cerner ses problématiques puis passera à un autre au chapitre suivant. Ce découpage assez artificiel permettra au lecteur de comprendre leurs motivations, de savoir quels sont leurs modes de vie et d’appréhender l’individualité de chacun.

L’espace d’un an n’est pas un space opera d’action comme peuvent l’être Star Wars ou Mass Effect. Dans ce roman, pas de gunfight à croupetons derrière des caisses ou de grandes batailles spatiales. Pourtant la guerre et la violence sont bien présentes. En cela, l’autrice montre un monde cohérent plausible qui ne balaie pas sous le tapis les problèmes que pourraient rencontrer les personnages.

Dans une trame, où les relations entre les individus sont le moteur principal de l’intrigue ce qui induit une narration plutôt posée, l’écrivaine arrive à emballer son histoire et à créer des moments de tension très réussis. Au fil des pages, Becky Chambers conduit son récit vers un final qui même s’il paraissait prédictible n’en est pas moins époustouflant.

L’espace d’un an est un excellent roman de science-fiction, sensible, intelligent, haletant. Becky Chambers construit un univers riche porté par des personnages attachants. Si l’autrice ne révolutionne pas le genre, elle en comprend ces codes et les applique avec une grande maitrise. Elle utilise le space opera pour mieux nous parler de liens qui se tissent entre des individus différents. L’espace d’un an est la quintessence même du récit d’aventure spatiale. Il possède enplus cet humanisme qui transpire d’œuvre comme Star Trek, à côté duquel il n’aurait pas à rougir.

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