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Cult of Chucky, la critique

5
ReviewLe 28 Sep
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6 /10
On a aimé
• Les effets spéciaux à l'ancienne
• Don Mancini s'améliore à la caméra
• Généreusement sanglant
• Le côté méta/fan-service
On a moins aimé
• Un jeu d'acteurs inégal
• Le démarrage un peu poussif
• Des limitations techniques inévitables

Loin de la renommée d'un Freddy, Jason Voorhees ou d'un Leatherface, la poupée tueuse Chucky a malgré tout marqué le cinéma de genre des années 1990 elle aussi, et brave les années avec ce septième film de la franchise. Si cette nouvelle mouture est loin d'être parfaite, elle se mâtine d'une aura de sincérité tellement généreuse qu'on aura du mal à ne pas y succomber.

En guise d'introduction, faisons un bref rappel historique. Le personnage de Chucky a été créé par Don Mancini en 1988 pour le film Child's Play, premier de cette saga. Depuis, il a toujours été présent comme scénariste sur chacune des suites, et a pris les commandes de la caméra en 2004 avec le cinquième film, Le fils de Chucky. Ce dernier, avec La fiancée de Chucky, a marqué la fin d'un certain cycle avec lequel Mancini a poussé le bouchon de la comédie trop loin, et ce n'est certainement pas pour rien qu'il s'est passé près de dix ans avec que l'auteur ne relance la saga avec une orientation plus horrifique. Sorti en 2013, Curse of Chucky revenait à certaines racines, développait le lore de la franchise tout en s'offrant un énorme final, fort d'une nouvelle proposition et d'un gros morceau de fan service. Quatre ans plus tard, nous revoilà avec Cult of Chucky qui va poursuivre dans ces perspectives.


On reprend donc les évènements du précédent long-métrage. Nica est toujours internée après le massacre de sa famille, pour laquelle on la fait passer coupable. Suite à une thérapie menée avec son psychiatre, la voilà transférée dans un asile à sécurité moyenne. Et peut donc avoir des visites. Et des visiteurs. Et devinez donc qui n'en a toujours pas fini avec elle... Comme avec le précédent opus, on reste dans un cadre fermé pour économiser sur les décors. Le départ permet d'avoir un certain nombre de personnages secondaires, assez nombreux au final pour faire un bodycount généreux, mais la première moitié du film montre vite ses limites. Le casting est en premier très inégal. Si on enlève Fiona Dourif (Nica), l'ensemble se montre assez moyen dans son jeu, certaines des patientes allant jusqu'à un certain degré de ridicule. Les décors de l'hopital psychiatrique, s'ils permettent d'installer l'ambiance, n'aident pas à enlever le tampon "DTV" qui suinte à beaucoup de moments, et l'intrigue en elle-même a un côté assez répétitif, bien qu'il soit assez habile de la part de Mancini d'essayer de nous faire douter de l'état mental de Nica et de l'existence réelle ou non de Chucky

Mais si vous enlevez ces débuts un peu difficiles, alors récompense il y aura, car le film devient un véritable plaisir coupable, pour ceux qui aiment le slasher, mais encore plus pour les fans de Chucky. Mancini se montre en effet, à la hauteur de ses moyens, très généreux dans les mises à mort, qui sont extrêmement graphiques (et jouissives puisqu'il s'agit en quasi totalité d'effets pratiques et non d'images de synthèse - du gore à l'ancienne et bien fichu, c'est ça que l'on aime) ; on le voit à plusieurs moments s'essayer à des mises en scène différentes, ou à proposer des plans joliment travaillés esthétiquement. On constate que Chucky profite non pas de CGI intégrale (qui doit être juste pour le visage), mais d'animatronique, ce qui donne plus d'authentisme et appuie forcément sur la vibe nostalgique. L'intrigue profite d'une belle accélération et montée en puissance pour un final là aussi bien énervé, qui ouvre aussi un champ nouveau de possibilités. Et le tout se montre extrêmement blindé d'un fan service qui se veut sincère et authentique.


On pourrait se demander ce que Mancini fait encore avec Chucky avec un septième (!) film, et généralement dans les sagas d'horreur, on atteint très rarement un niveau acceptable à cette longévité là (demandez à Jason ce qu'il en pense). Il est donc assez surprenant de ressortir du film avec cette impression de satisfaction. Puis en y regardant de plus près on comprend tout l'aspect familial qui se cache derrière ces films. Mancini est présent dès le début ; Brad Dourif, qui fait la voix de Chucky, est lui aussi toujours là. Et oui, Fiona Dourif (Nica) est bien sa fille. On retrouve de plus Alex Vincent qui jouait le petit Andy Barclay il y a bientôt trente ans - et qui reprend son rôle. Avec aussi Jennifer Tilly, la fameuse fiancée de Chucky. Dans ce septième film, c'est donc toute la saga qui se retrouve en une réunion inter-générationelle, se permettant au passage quelques bonnes blagues méta - avec une cerise sur le gateau dans une scène post-générique (oui, vous m'avez bien lu) qui laisse présager du meilleur pour le huitième opus. Il est clair que ces éléments s'apprécient surtout pour les connaisseurs de la franchise. Malgré tout, avec le travail apporté sur les effets spéciaux, la montée de la tension et de l'action et les efforts de mise en scène, même les nouveaux venus pourront passer un agréable moment pour un film d'horreur à se mater entre potes.

Cult of Chucky pourra donc occuper facilement une soirée sans prise de tête, et même s'apprécier en solo si tant est que vous teniez le démarrage un peu poussif et les défauts inhérents au format DTV. Mais la seconde partie démontre de la passion que Mancini a à vouloir continuer sa saga, en se montrant inventif, et dans la technique, mais aussi dans les développements de son histoire, tout en embrassant pleinement la continuité de ses films avec un fan-service méta aussi généreux que sincère. Chucky ne va rien révolutionner et restera sûrement campé aux petits écrans (et aux festivals), mais la poupée a bien plus de choses à raconter que certaines autres franchises sans âme qui sont essouflées dès leur second opus. Un petit plaisir coupable, mais pas si coupable que ça.


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