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Amityville : the Awakening, la critique

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ReviewLe 19 Oct
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4 /10
On a aimé
• La réal' carrée
• Quelques petits frissons
On a moins aimé
• C'est mou
• Les acteurs n'y croient pas
• Rien de neuf pour la franchise

Entre Chucky, Saw ou Leatherface, la franchise Amityville s'offre aussi une relance en cet automne 2017 bien chargé. La maison hantée la plus célèbres des Etats-Unis inspire un nombre incroyable de films (beaucoup en DTV) mais celui-ci nous intéresse pour deux raisons : parce qu'il s'agit de la première "grosse" production (Blumhouse) depuis le remake de 2005 ; et parce qu'il est réalisé par Franck Khalfoun, qui avait opéré un remake réussi du Maniac de William Lustig. Autrement dit, les attentes avaient un peu de légitimité.

Si Amityville : the Awakening est le 19ème (!) film à porter le nom de la franchise, la dernière itération cinématographique datait de 2005 avec le remake du film de 1979 (les autres films sortis entre temps étant tous en DTV). Dimension se ré-attaque à la franchise avec cette suite, qui reprend encore et toujours le même principe : une nouvelle famille s'installe dans la fameuse maison, sans se douter de son influence démoniaque, et doit en subir les conséquences par après. Ici, la famille est composée de Joan, mère esseulée, de ses deux filles et de son fils James qui est plongé dans un coma profond. Quelques temps après leur arrivée, James rouvre les yeux, mais le lent rétablissement qui s'opère n'est sûrement pas bon signe. S'ensuivent des manifestations surnaturelles dont la fille aînée, Belle, est témoin - alors que son entourage reste aveugle à ce qu'il s'y passe, et la découverte d'une horrible vérité donc je vous tairais les aboutissants (histoire de vous garder la surprise, tout de même !).


En allant glaner quelques informations sur la production du film, on peut facilement faire le lien avec ses problèmes. En effet, Amityville : the Awakening devait à la base sortir en 2015, et a accumulé un nombre conséquent de retards, et ce notamment dû à des tournages de scènes supplémentaires. Ce qui amène à l'un des premiers problèmes du film : son rythme. L'installation est bien trop lente, Frank Khalfoun prenant son temps pour amener les touches de surnaturel petit à petit, et passé une bonne heure, tout s'accélère de façon abrupte, pour un résultat clairement décevant. Déjà que l'histoire tient du vu et revu, Khalfoun ne réussit pas à transcender son matériel, même si on peut voir quelques jolies idées dans sa réalisation et qu'il réussit à rendre véritablement inquiétante la fameuse maison.

Il est d'ailleurs assez curieux de voir le film opérer un méta-commentaire sur Amityville puisque le film se passe dans notre réalité, celle où les films sont sortis, ce qui pose alors un problème de cohérence tant il est difficile que Belle n'ait jamais été au courant de l'histoire de cette maison ; mais qui fait tomber à plat une réplique qui singe le remake de 2005 (pourtant lui aussi produit par Dimension), alors que cet opus n'arrive pas à faire mieux. 

La faute, également, à des actrices qui sont à la ramasse - et dans leur jeu, et dans l'écriture de leurs personnages. La jeune Bella Thorne (Scream - la série TV - et qu'on retrouve aussi dans The Babysitter de McG) n'est pas mauvaise mais le cliché de l'adolescente gothique ne lui rend pas justice (ça et le fait que Khalfoun avait visiblement beaucoup envie de la montrer en culotte) ; Jennifer Jason Leigh, qu'on a pourtant pu connaître excellente, patine complètement avec une mère amorphe - et profondément débile, accumulant des réactions et répliques incohérentes pendant tout le film. Quant à la gamine, McKenna Grace, on voit aussi de grosses tares d'écriture, la fillette s'effrayant pour certaines choses et restant stoïque pour les évènements les plus flippants. 


De fait, seul Cameron Monaghan qui joue le létargique James arrive à être assez flippant malgré son mutisme dans les 3/4 du film. Son regard assez expressif permet de jouer avec le spectateur sur qui il est, sur ses capacités à voir ce que personne d'autre ne peut voir (avec cette crainte d'avoir une apparition propice pour un bon jump scare). Une performance plutôt convaincante, Khalfoun ayant réussi à mettre quelques passages angoissants avec lui dans son film. Et si James illustre aussi le fameux "awakening" du film, il en faudra par contre bien plus pour réveiller le spectateur, sûrement bien assoupi. 

Ce n'est donc pas avec ce nouveau film que la franchise Amityville regagnera ses lettres de noblesse. En vérité, les films portant ce nom n'ont jamais vraiment brillé. L'occasion était donc là pour Khalfoun de s'affirmer dans le cinéma de genre. Mais avec une écriture foireuse, des acteurs qui sont là sans trop savoir pourquoi, et un rythme très mal découpé, il ne suffit pas de savoir tenir une caméra pour contrebalancer l'accumulation de problèmes qui font que vous pouvez passer à côté d'Amityville : the Awakening sans regrets.


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