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The X-Files saison 11, ou savoir laisser du temps au temps

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ChroniquesLe 01 Mar
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Alors qu’elle avait commencé à nous lasser, la onzième saison de X-Files a joliment repris du poil de la bête dans sa première moitié, mêlant hommage et extension de sa mythologie.

Si on ne peut pas lui reprocher ses idées, Chris Carter n’a jamais été le meilleur pour les mettre en forme, d’autant plus quand le temps lui était compté, comme avec la dixième saison de la série. Un constat qui nous faisait clairement nous poser la question de l’utilité d’un revival. Heureusement pour lui, la onzième saison de la série lui laisse plus le temps de se poser, et de travailler avec ses anciens compètes qui viennent sublimer son propos.


Si nous vous avions laissé sur un avis mitigé des trois premiers épisodes de cette saison, la suite vaut alors le détour, et remet en lumière ce que l’on a pu voir précédemment. Respectivement écrits et réalisés par Darin Morgan, James Wong et Gabe Rotter, trois vétérans de la série habitués à Chris Carter, les trois épisodes suivants, concluant la première moitié de la série, nous emmènent parfois vers de nouveaux sommets.

Des sommets d’humour et d’amour avec, The Lost Art of Forehead Sweat, un épisode qui vient directement se placer dans le haut du classement de la série, et qui magnifie la thématique de Chris Carter sur cette saison : qu’est-ce que la réalité ? Si son concept est supposé être un point d’ancrage de la vérité – un thème cher à la série – notre époque nous prouve régulièrement qu’il n’en est rien. La réalité de chacun se construit en opposition à l’objectivité, via la perception qu’on a du monde extérieur, d’une information, de la fiabilité qu’on donne à une information et à sa source. Pire, elle se construit sur nos propres souvenirs, et que faire quand nos souvenirs ne sont pas fiables, et viennent s’opposer à une réalité qui serait objective ?

Jouant de ressorts comiques puissants, c’est cette question que Darin Morgan jette à la face des téléspectateurs, remettant en question le souvenir et la perception que l’on a de la série, et de cette vérité que l’on cherche depuis tant d’année. Et par ce moyen, il remet en cause plutôt ironiquement l’utilité même d’un retour de la série. Si la réalité qu’on s’est construite n’est pas fiable, et que l’amour que l’on porte à X-Files repose sur des tendres souvenirs, alors ne vaut-il pas mieux éviter de se risquer à y toucher ?

Sous une forme ou une autre, ce concept de réalité se retrouve dans tous les épisodes de cette saison, et certains easter-eggs nous laissent penser que la vérité sur cette saison est encore légèrement hors de portée, et que quelque chose de plus gros pourrait se cacher à l’écran.


James Wong continue sur le concept à travers Ghouli, un épisode qui pourrait se présenter comme un simple « monstre de la semaine », mais se transforme vite en la plus grande avancée mythologique depuis longtemps, et ce notamment grâce au transmédia via un site accompagnant l’intrigue de l’épisode. On revient enfin à une intrigue qui nous titille depuis dix-sept ans : William. Mulder et Scully viennent en effet à travailler sur une enquête impliquant leur fils, laissé à l’adoption après sa naissance, et qui a développé des pouvoirs lui permettant  de manipuler la perception des gens – et donc leur réalité – et s’intègre dans un fil rouge bien plus large, relançant une nouvelle couche de complots gouvernementaux. La série atteint alors un nouveau sommet dans sa gestion de sa mythologie, et de ses propres retcons.

Pour citer notre ami Guigui, là où William était un boulet scénaristique depuis son arrivée, il devient ici un moteur d’intrigue incroyable, et un moteur émotionnel pour Scully. Si on sait déjà que cette saison sera la dernière pour Gillian Anderson, elle a ici l’occasion de boucler les intrigues laissées en suspens. Et tout ceci ressemble de plus en plus à une accélération vers la conclusion de l’histoire, après nous avoir fait comprendre que la vérité n’était pas l’objectif principal, et que celle-ci n’est jamais définitive.

Enfin dans Kitten, comme pour répondre à nos frustrations silencieuses, Gabe Rotter rebondit sur la dernière chose qui nous perturbait depuis ce revival : la relation de Mulder et Scully à Skinner. Offrant à ce dernier un épisode « origines », Rotter parvient à reconstruire et mettre un peu plus en lumière la relation du trio, et à revigorer d’une belle façon la confiance qui s’étiolait de plus en plus. Et vous vous en doutez désormais, via cette histoire qui pourrait sembler isolée, on touche une nouvelle fois à des projets secrets visant à influer sur la réalité et la perception des gens.


Si nous étions jusqu’ici sceptiques quant à ce nouveau retour de la série, la production a réussi à montrer qu’il suffisait de laisser le temps aux éléments pour se mettre en place et prendre sens, dans un tout qui parvient à se consolider tout seul. Et tout ça avec une belle tranche de rigolade et quelques moments émotion au passage. On en demandait pas autant.


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