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Pourquoi la 'polémique' Ready Player One nous fatigue déjà

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ChroniquesLe 08 Mar
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Dans le monde de Ready Player One, on préfère au quotidien gris d'un monde dystopique les infinies possibilités de l'OASIS, un monde virtuel géant chargé de références à la culture populaire.

Il n'est donc pas étonnant de voir Warner Bros banquer sur ces mêmes références et d'autres plus récentes - on pense à la présence de Tracer d'Overwatch dans le trailer - pour vendre le prochain film de Steven Spielberg. Mais malgré la présence de l'illustre réalisateur derrière la caméra et la logique de cette campagne marketing, Ready Player One crée la polémique, et j'avais envie de me demander pourquoi.

Guerre de tranchées virtuelle

Avant cela, il me faut présenter les deux avis dominants. D'un côté, on retrouve les partisans qui détournent la théorie du "doudou" si chère à ce bon Rafik Djoumi et initiée par L'Ouvreuse. En gros, ce camp estime que Ready Player One n'est qu'une opération cynique visant à mélanger un maximum de licences pour surfer sur le puissant sentiment de nostalgie qui anime les spectateurs de 2018 et ainsi récupérer un maximum de billets au box-office. 
 
 
On comprend très bien pourquoi une grande partie du public se range derrière cet avis, d'ailleurs, puisque Hollywood et la culture pop' de manière plus générale ne cessent de nous offrir des œuvres nostalgiques, nombrilistes ou fondées sur l'adage si populaire du "c'était mieux avant". Pas besoin de citer des exemples, vous les connaissez tous. 
 
De l'autre côté, on trouve celles et ceux qui se rangent derrière l'aura de Steven Spielberg et / ou la lecture du roman d'Ernest Cline, sur lequel le film est basé. Ces gens là pensent que le réalisateur n'a plus rien à prouver et rappellent qu'il n'a pas grandi avec les références distillées dans son film. Ils nous assurent, par ailleurs, que le bouquin n'enchaînent pas vulgairement les clins d'œil. Et là aussi, on peut comprendre pourquoi certains choisissent ce camp. Spielberg a quelques tours de force à son actif, et le roman utilise effectivement ses références comme un échappatoire à une réalité dystopique ou comme une arme politique. Et si vous nous lisez, il y a de grandes chances pour que vous utilisez la culture pop' comme un moyen de vous éduquer ou de vous évader. 

Laissez-nous jouer

Ce rappel étant fait, ne nous voilons pas la face : nous sommes tous les enfants de l'idée derrière Ready Player One. Celle qui croit en la culture populaire et sa capacité à changer même le plus terrible des quotidiens. Refuser cette idéologie reviendrait à nier l'importance de la culture populaire. Mais on ne peut pas non plus demander à celles et ceux qui n'ont pas lu le roman de faire la distinction entre cette belle idée et une tendance bien réelle à capitaliser sur notre nostalgie pour nous vendre des barils de lessive.
 
 
La meilleure position reste à mon sens de s'informer sur le bouquin et ce qu'il représente, de s'interroger sur l'honnêteté de Spielberg face à son contenu et surtout laisser au film le temps de sortir. Après tout, on sait que les intentions les plus saines d'un réalisateur peuvent être salies par l'interventionnisme d'un gros studio comme Warner Bros. Mais on peut aussi se dire que les références placées dans le roman et le film font de nous ce que nous sommes aujourd'hui, et continuent de nous inspirer alors que notre monde s'obscurcit de jour en jour.
 
Ready Player One pourrait être un film cynique, une merde sans nom comme un chef d'œuvre et peut-être bien tout cela à la fois. Mais aujourd'hui, personne n'en sait rien, puisque le film n'est pas sorti et n'a même pas encore été montré à la presse - à ma connaissance. Et ne me dites pas que le roman peut servir de piste, puisqu'on ne sait même pas comment Spielberg et son scénariste Zack Penn l'ont adapté. Bref, soyons patients.

Torrent de négativité

Et si vous tenez à casser du sucre sur le dos de Ready Player One, ou au contraire, à lui jeter des fleurs avant la sortie du film, je vous recommande de vous pencher sur le cas de son marketing. Il est disponible un peu partout sur le web et il est donc prêt à être décortiqué. Pour ma part, je le trouve plutôt réussi. 
 
 
Le fan de culture populaire que je suis ne peut pas s'empêcher d'avoir un grand sourire devant la charge groupée du Géant de Fer et d'un Gundam. Je ne sais pas quand nous avons décidé de tout détester par principe, mais j'ai du louper cette réunion. Ce qui ne veut pas dire, encore une fois, que Ready Player One ne sera pas une association vulgaire et mercantile de nos licences favorites. Simplement, je trouve dommage de voir le sort du film déjà scellé là où des films comme The LEGO Movie - pour le côté crossover - ou des séries comme Stranger Things - pour le côté référentiel - n'ont pas subi une telle négativité.

Le côté obscur du marketing

Maintenant, le marketeux que je suis recommanderais bien à Warner Bros de ne pas pousser le bouchon trop loin. On peut comprendre pourquoi le studio insiste plus sur l'avalanche de références que sur le message : plus simple à faire passer dans une bande-annonce, ce tsunami de caméos ratisse aussi très large. Mais les trailers suffisaient peut-être. Mais il y a peu, Warner Bros se lançait aussi dans une série de posters détournés à la sauce Ready Player One, et si certaines affiches sont réussies, elles ont surtout incité les fans de culture pop' à parodier la coolitude installée au forceps par le studio dans des faux posters parfois très aggressives comme cette reprise de Salo ou les 120 journées de Sodome. Rien que ça.
 
 
Seulement, encore une fois, on choisit de voir le négatif derrière cette opération. Et si des jeunes spectateurs découvraient des centaines de films grâce à ces trailers ou ces posters ? S'il décidaient ne serait-ce que d'en regarder un ou deux, ils pourraient découvrir des œuvres formidables à travers le prisme d'un réalisateur qui a depuis longtemps fait montre de son talent. Et ils feraient sans doute d'une manière plus sincère que les personnages du roman d'ailleurs, qui n'apprécient pas forcément les références de l'OASIS mais s'en accomodent comme on s'habitue à n'importe quel stystème, qu'il soit ludique ou social.
 
J'espère que vous le comprenez mieux après ces quelques lignes, Ready Player One est un cas complexe et très actuel qui dit beaucoup de choses sur notre monde, notre façon de reçevoir ou de consommer la culture, sans même parler du regard qu'il jette sur l'élitisme. Une matrice d'idées qui mérite mieux que votre tweet assassin ou votre passion aveugle. Donc, de grâce, jouons le jeu jusqu'au bout et profitons de cet événement pour réfléchir à ce que la culture populaire a encore à apporter à un monde aussi trouble que le nôtre.

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Ready Player One Ernest Cline Steven Spielberg Polémique Warner Bros
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