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Détective Dee : la légende des Rois Célestes - Tsui Hark en maestro du grand spectacle

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ReviewLe 26 Jui
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8 /10
On a aimé
• La réalisation de Tsui Hark, incroyable
• Un appel à l'imaginaire chinois très bienvenu
• A la fois grand spectacle, et réflexif
• Un ensemble de personnages hauts en couleurs
• Une 3D maîtrisée et justifiée
On a moins aimé
• Un humour qui a du mal à prendre
• Si seulement la censure chinoise n'était pas là...
• Quelques longueurs

Les anglais ont Sherlock Holmes, la France a Vidocq, et la Chine a le Juge Ti. C'est ce personnage de littérature, inspiré par Di Renjie,  homme politique ayant vécu sous les dynasties Tang et Zhou, qui s'est retrouvé porté sur grand écran par Tsui Hark. Appelé dès lors Détective Dee, c'est un troisième opus qui nous arrive cette année, cinq ans après le second opus.

Dans le second Detective Dee, malgré toutes les bonnes intentions et la virtuosité de la caméra de Tsui Hark, virtuose dans ses scènes d'actions, le film pêchait surtout par des effets spéciaux vraiment limite, même en prenant en compte les limites d'un blockbuster venu d'un pays dont on ne voit que peu l'ensemble de la production. Au vu de l'affiche de ce troisième film, intitulé par chez nous Détective Dee : la légende des Rois Célestes, on pouvait craindre que les représentations de cet imaginaire asiatique pâtissent à nouveau d'un manque de moyens. Il n'en est heureusement rien.


Mais n'allons pas dans le désordre. Ce troisième Détective Dee se situe chronologiquement juste avant le premier film, sorti en 2011, mais pas de panique : il n'est pas nécessaire d'avoir vu les précédents opus pour apprécier ce dernier - bien que certains clins d'oeils et éléments d'histoire profiteront forcément aux spectateurs fidèles. L'impératrice Wu Zetian (Carina Lau, impeccable) convoite Dragon Docile, le sabre que l'Empereur a légué à Dee, et dépêche une troupe de sorciers pour s'en emparer. Mais l'entreprise tourne court, à mesure que le détective surdoué se rend compte d'une terrible machination qui vise l'impératrice, menée par une confrérie de personnages en masques inquiétants, et que la magie et les illusions vont amener de drôles d'aventures à tout ce beau monde. 

L'histoire de ce Détective Dee (toujours incarné par Mark Chao, très sympathique) ne déroge pas aux précédents opus. On y retrouve une enquête, quelques sous-intrigues autour de personnages secondaires (qui profitent tous d'un admirable traitement), et une grande partie de séquence d'action. Au fur et à mesure du déroulement, le parti pris de Hark ici est de verser encore plus dans l'imaginaire et le folklore chinois ; plus qu'il ne l'avait fait auparavant, et l'action devient fantastique, au sens littéral du terme. Mais à cette volonté d'un grand spectacle, le réalisateur n'en oublie pas un discours sur le pouvoir des illusions, et la volonté de chacun à croire à ces dernières même en ayant conscience d'être en face d'images irréelles. De cette façon, il interroge le spectateur sur ses propres croyances et apporte une réflexion bienvenue dans un film qui embrasse pleinement la portée populaire du cinéma.


Qu'on se comprenne : Tsui Hark aime le cinéma, veut faire voyager ses publics, et livre un véritable parcours de fête foraine, un ensemble dynamique qui ne lâche jamais son spectateur, malgré, on vous l'avouera, quelques longueurs dans les sous-intrigues mentionnées auparavant. Ces quelques petits heurts, on les doit plutôt à une volonté de mettre un peu plus d'humour que dans les précédents films - et disons que tout dépendra de votre sensibilité à un humour parfois particulier. En dehors de ça, les images sont folles de bout en bout, car le réalisateur et ses équipes se donnent à fond pour que le tout reste inoubliable. Oubliez les effets spéciaux limites de 2013, Hark livre une prestation qui n'a aucunement à rougir face aux grosses productions ricaines, les créatures bénéficiant d'un design inspiré, qui donne furieusement envie au profane d'aller se rue à la découverte du folklore chinois. La production bénéficie d'un énorme travail, notamment au niveau des costumes, des masques, des coiffures, qui transpirent d'inventivité, pour l'apparence, mais aussi pour jouer avec ce qu'il est possible de faire devant la caméra.

Ce que l'on retiendra surtout, c'est l'incroyable réalisation dont bénéficie ce Détective Dee, et qui atteste de la maîtrise et du savoir faire de Tsui Hark. Comprenez bien que votre rédacteur n'est pas expertisé dans l'oeuvre du réalisateur, mais il est impossible de passer à côté de cette virtuosité dans les scènes d'action (et les autres), cette façon d'accompagner le spectateur sur tous les plans ; des plans bien souvent ingénieux par ailleurs. Les acteurs (ou leurs cascadeurs attitrés) sont eux aussi excellents, les affrontements allant à toute vitesse, en souplesse et pirouettes qui démontrent de la toute puissance de ces images. Alors quand on y rajoute créatures de cauchemar et merveilles, le spectacle est saisissant.


C'est aussi dans ce film qu'on se rend compte du soin que le réalisateur apporte à ses images par l'utilisation de la 3D. Pour une fois, il ne s'agit pas d'un simple rajout cosmétique, et Hark  a pensé à tout ce qu'il était possible de faire avec. Armes de jets ou jets d'armes, effets pyrotechniques, explosions de particules (quand une poutre se brise, par exemple) ou projections liquides, la troisième dimension est ici utilisée intelligemment et sert le spectacle, puisque Hark ne renie jamais cette dimension du film, celle d'être une attraction - tout en étant une bien belle oeuvre d'art. On ne pourra alors que remercier les distributeurs du film, The Jokers, tant ce genre de cinéma manque dans nos salles obscures.

Détective Dee : la légende des Rois Célestes est un régal visuel, qui démontre s'il en était encore besoin l'incroyable maîtrise de l'image d'un Tsui Hark déchaîné. Ce dernier profite de la technique et des technologies pour livrer un film à la fois grand spectacle, dans la dimension divertissement la plus primaire du cinéma, tout en invitant à réfléchir sur le pouvoir des images et les croyances de chacun. Avec un amour, également, du folklore chinois très joliment illustré, le film est un véritable plaisir visuel. Et pour une fois, on vous invitera véritablement à aller le voir en 3D.


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