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Imaginons le Predator de Shane Black

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DossierLe 15 Mai
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Ce n'est plus un secret pour nos lecteurs également auditeurs du popcast, je suis un grand fan des deux premiers films Predator. A leur manière, même les films Alien vs Predator et Predators ont une partie de ma sympathie, bien qu'ils ne partagent pas les ambitions créatives de leurs aînés. Car il convient de le rappeler, le premier Predator est un chef-d'œuvre absolu du cinéma d'action - signé par un petit bonhomme du nom de John McTiernan - et le second une petite assez méconnue ou mal-aimée du genre, elle qui assurait pourtant la transition entre une jungle tropicale et une jungle urbaine avec toujours autant de sang, de punchlines et de scènes épiques.

Ce sont a priori ces deux films qui incitent Shane Black, qui reviendra sur les écrans cette année avec The Nice Guys, à s'attaquer au troisième "véritable" Predator, qui, si on en croit le réalisateur, ne sera pas un reboot mais bien une suite. Et puisque celle-ci est attendue pour mars 2018, nous avons tout loisir de l'imaginer dans ce nouvel opus de Please Hollywood.

1. | Avant-Propos

Chapitre I | Avant-Propos

Shane Black a toujours décrit ce nouveau film Predator avec les mots suivants : "une suite inventive". Une déclaration qui était déjà forte, symboliquement, il y a quelques mois - lorsqu'elle fut prononcée - mais qui l'est encore plus aujourd'hui, à l'heure où fleurissent les Legacyquels et autres Soft-Reboots, qui semblent plonger tout Hollywood dans une certaine nostalgie empêchant, le plus clair du temps, l'apparition de concepts nouveaux, ou un minimum frais. On peut donc se demander ce qui fait d'une suite une suite inventive, ou du moins, ce que sera une suite inventive en 2018, à la lumière des grandes tendances cinématographiques du moment.

Or à mon sens, les suites les plus inventives sont celles qui osent - parfois radicalement - bousculer l'image ou le rôle de leur personnage principal. Un bon exemple est celui du second Terminator, qui voit le vilain du premier opus, justement incarné par Arnold Schwarzenegger, devenir l'ange gardien de John Connor, tandis que sa jadis innocente mère endosse le rôle de guerrière à temps plein. On pourrait aussi citer l'évolution du personnage de Conan, toujours avec Schwarzy, ou celle de Ripley dans la saga Alien, pour comprendre ce phénomène d'inversion ou de mutation des rôles.

 

Quitte à ce que cela affecte la cohérence globale de la franchise - c'est particulièrement vrai dans le cas des aventures de Ripley - ces suites proposent toujours un contexte, un statu quo ou une atmosphère suffisamment nouveaux pour qu'elles mettent à l'épreuve ce que nous connaissons des films précédents et de leurs personnages. Et je crois que c'est ce leitmotiv qui inspirera Shane Black dans la construction de ce nouveau Predator. C'est en tous cas ce qui m'a incité à prendre mon clavier pour imaginer ce film avant que le sien ne devienne public.

2. | Scénario

Chapitre II | Scénario

Le premier Predator mettait en scène un militaire. Le second, un flic. Pour s'éloigner un minimum des sentiers battus, j'ai donc choisi un personnage un peu moins guerrier, mais sans doute tout aussi débrouillard : une journaliste reporter ayant déjà posé le pied aux quatre coins du globe. Une sorte de Lois Lane, si vous préférez, qui depuis quelques mois enquête sur les agissements d'une société de sécurité privée, ou private contractors, ou mercenaires (appelez-les comme vous voulez) impliquée dans plusieurs zones chaudes du globe - et leurs inhérentes exactions.

Le film s'ouvre ainsi sur la première partie de l'enquête de notre reporter, qui n'hésitera pas à se mettre en danger pour en apprendre plus sur cette société militaire privée (qui pourrait avoir des liens avec la future Wayland Yutani, qui sait) quitte à faire face à leurs adversaires, ou leurs plus solides mercenaires, qui deviennent progressivement les personnages secondaires de cette histoire. Progressivement, car en partant enquêter sur des rumeurs d'exactions, notre journaliste se retrouve entre les feux de dangereux aliens et de gros bras armées jusqu'au dents.

Elle continue malgré tout d'écrire son papier, prête à (presque) tout pour rapporter les faits au monde entier. Ce qui ne veut pas forcément dire excuser nos amis mercenaires, mais cela implique en tous cas l'idée de révéler au grand public l'un des plus grands mystères de notre monde : l'existence d'une vie extraterrestre, hostile, de surcroît. Dans cette aventure, notre journaliste croisera donc un paquet de mercenaires badass, le fondateur de leur étrange entreprise, et quelques aliens qui n'ont pas franchement "la gueule d'un goûter d'anniversaire".

Et puisque ce film n'existe pas, autant vous spoiler son twist directement. Quelques années après sa première rencontre avec le Predator, Alan 'Dutch' Schaefer, pris pour un fou par ses collègues de l'armée, a fini par véritablement perdre la boule. Obsédé par l'idée de retrouver une bestiole semblable, et ayant compris qu'elle était attirée par les conflits humains, il a décidé de monter sa propre entreprise de sécurité privée. Un business lucratif qui ne lui a pas rendu sa lucidité, ni offert une chance de rencontrer à nouveau un Predator, du moins, jusqu'au jour où commence notre métrage, dans lequel Schaefer trouvera la rédemption sur le champ de bataille. 

3. | Direction Artistique

Chapitre III | Direction Artistique

Pour le coup, je n'aurais pas tellement d'indications à donner à Shane Black pour ce Predator. Il l'a prouvé à moult reprises - le plus récemment dans Iron Man 3 - il comprend la mise en scène des classiques du film d'action, et sait parfaitement temporiser les séquences musclées avec des apartés comiques ou plus touchants.

The Predator n'aura pas à déroger à la règle, et le réalisateur a pour lui de savoir moderniser l'esthétique des bons actionners. Il laisse également l'occasion à ses acteurs de briller dans des scènes faisant la part belle aux dialogues "mitraillette" appuyés par une mise en scène savamment découpée. Tout ce qui est requis pour assurer un minimum d'identité visuelle à ce Predator, en somme.

Mais j'ai dans l'idée que The Predator pourrait également étendre la mythologie du chasseur Alien, comme l'avait fait ses prédécesseurs, avec plus ou moins de mauvais goût. En l'occurrence, on pourrait envisager ici d'avoir plusieurs tueurs à mandibules à disposition, qui affronteraient nos personnages certes, mais s'affronteraient également entre eux, dans une sorte de reflet glauque des arènes de gladiateurs.

On pourrait alors imaginer différents "clans" ou des "tribus" de Predators différents, avec leur propre esthétique et leurs propres traditions martiales. Une idée qu'on apercevait brièvement dans Predators mais qui profiterait ici d'une attention et d'un budget plus conséquents, avec un peu de chance.

4. | Casting

Chapitre IV | Casting

• Journaliste : Sandra Bullock

Dans la peau de notre journaliste d'héroïne, j'ai choisi la géniale Sarah Bullock. Au fil des années, elle a montré toute l'étendue de son talent. Et si j'ai retenu l'actrice pour ce rôle, c'est à la fois pour sa palette de jeu - elle peut assurer l'action, l'humour et les drame - et pour son image d'ancien enfant des films "à la cool" des années 80 et 90, comme Demolition Man ou Speed. Une interprète en or donc, doublée d'une aura légèrement méta, qui nous permettra de donner à ce The Predator un personnage dans la lignée des métrage de l'âge d'or du film d'action. Le tout permettant à une actrice hyper-douée de prendre le rôle titre, plutôt qu'un énième musclor badass - même si on vous rassure tout de suite, il y en aura dans ce nouveau chapitre de la saga.

• Rédacteur en chef : Shane Black

Dans un clin d'œil ultime au premier Predator, dans lequel Shane Black faisait une apparition devant la caméra (selon la légende, il aurait également retouché le scénario du film), j'envisageais de faire apparaître le réalisateur dans son film, pour un rôle à peine plus étendu qu'un caméo : celui du rédacteur en chef de notre héroïne, qui passerait toujours les mauvais coup de fils au mauvais moment. Une sorte de comic relief méta, qui devrait satisfaire les fans et le bonhomme, qui compte une bonne douzaine d'apparition devant la caméra depuis ses débuts.

•  Mercenaire : M.I.A.

Quand j'ai appris que Curtis Jackson, alias 50 Cent, allait faire une apparition dans le film, je me suis dit que la porte était grand ouverte pour dégainer des personnalités du monde la musique, souvent aussi charismatiques, si ce n'est plus, que nos acteurs favoris. En l'occurrence, pour incarner l'un de nos mercenaires, et apporter un peu de diversité au casting, j'envisageais la chanteuse M.I.A. : elle connaît bien les caméras grâce à des clips souvent très sophistiqués et une apparition dans le film Bollywoodien Khushiyaan. Une recrue de choc pour une escouade de mercenaires placée sous le signe de la musique. Avec un peu de chance, on pourrait même profiter d'un feat inspiré entre la chanteuse et le rappeur, histoire de faire déborder ce The Predator de cool.

•  Mercenaire : Curtis Jackson

50 Cent en mercenaire à gros bras, ça ne vas pas chercher bien loin. D'où l'intérêt d'inverser les archétypes en évitant de filer au rappeur les meilleures punchlines du film, ou en l'équipant avec autre chose que le plus balèze des fusil-mitrailleurs. L'idée est donc d'offrir à Curtis Jackson le rôle d'un mercenaire un poil plus awkward, dans la veine du soldat qu'incarnait justement Shane Black dans le premier Predator. Mais bon, on ne crachera pas non plus sur quelques vannes ou pistes audios bien senties.

•  Mercenaire : Channing Tatum

Pour incarner notre mercenaire de premier plan, j'ai tout de suite pensé à Channing Tatum, l'un des rares acteurs qui, à mon sens, est un bon reflet des interprètes typiques des films d'action sortis de l'âge d'or du genre. Avec son charisme limite maladroit et sa bonhommie, Tatum serait une bonne recrue pour donner un peu de fun et de muscles à notre escouade de mercenaires. Et puisqu'il dispose d'une très solide fan-base, c'est aussi l'occasion pour le studio d'assurer la venue de milliers de fans dans les salles.

•  Chef des Mercenaires : Arnold Schwarzenegger

Si The Predator doit être une suite inventive, peut-on imaginer un meilleur moyen de dépoussiérer la franchise que celui de sortir son acteur principal de sa zone de confort ? Shane Black saurait relever le défi, assurément. Mais qu'en est-il d'Arnold ? Ma foi, il y a un film de sa "renaissance" qui a su retenir mon intention, le Sabotage de David Ayer, dans lequel l'acteur a osé salir son image et proposer un jeu un poil différent. C'est dans cette veine que j'imagine son retour dans la franchise. Il incarnerait cette fois le fondateur désabusé et limite psychotique d'une compagnie de sécurité privée, qui cherche à retomber sur le Predator depuis son premier affrontement avec lui dans la jungle. Un rôle proche du bad guy donc, mais qu'on ferait revenir en grâce en fin de film, avec, pourquoi pas, un sacrifice ultime face à la bête.

Voilà tout pour ce quatrième Predator, que je vous invite à critiquer ou à aduler dans les commentaires en attendant mars 2018, date de sortie retenue par la Fox pour ce nouveau blockbuster.

Chapitre I | Avant-Propos

Shane Black a toujours décrit ce nouveau film Predator avec les mots suivants : "une suite inventive". Une déclaration qui était déjà forte, symboliquement, il y a quelques mois - lorsqu'elle fut prononcée - mais qui l'est encore plus aujourd'hui, à l'heure où fleurissent les Legacyquels et autres Soft-Reboots, qui semblent plonger tout Hollywood dans une certaine nostalgie empêchant, le plus clair du temps, l'apparition de concepts nouveaux, ou un minimum frais. On peut donc se demander ce qui fait d'une suite une suite inventive, ou du moins, ce que sera une suite inventive en 2018, à la lumière des grandes tendances cinématographiques du moment.

Or à mon sens, les suites les plus inventives sont celles qui osent - parfois radicalement - bousculer l'image ou le rôle de leur personnage principal. Un bon exemple est celui du second Terminator, qui voit le vilain du premier opus, justement incarné par Arnold Schwarzenegger, devenir l'ange gardien de John Connor, tandis que sa jadis innocente mère endosse le rôle de guerrière à temps plein. On pourrait aussi citer l'évolution du personnage de Conan, toujours avec Schwarzy, ou celle de Ripley dans la saga Alien, pour comprendre ce phénomène d'inversion ou de mutation des rôles.

 

Quitte à ce que cela affecte la cohérence globale de la franchise - c'est particulièrement vrai dans le cas des aventures de Ripley - ces suites proposent toujours un contexte, un statu quo ou une atmosphère suffisamment nouveaux pour qu'elles mettent à l'épreuve ce que nous connaissons des films précédents et de leurs personnages. Et je crois que c'est ce leitmotiv qui inspirera Shane Black dans la construction de ce nouveau Predator. C'est en tous cas ce qui m'a incité à prendre mon clavier pour imaginer ce film avant que le sien ne devienne public.



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